Sibelius merveilleusement servi !

par

Jean SIBELIUS
(1865 - 1957)
Symphonie n°2 en ré majeur, op. 43
Edvard GRIEG
(1843 - 1907)
Danse symphonique, op. 64 n°2 - Mélodie élégiaque, op. 34 n°2
Gürzenich-Orchester Köln, Dmitrij Kitajenko, direction
2018- DDD-63'27"-Textes de présentation en allemand et anglais - OEHMS classics OC 457

La réputation de Sibelius n'était guère importante dans nos contrées au milieu du siècle dernier. Sibelius est apprécié avant tout en Finlande, en Angleterre et en Amérique. Dans nos régions, il est connu avant tout comme le compositeur de la valse triste et du poème Finlandia (Sommets de la musique - 1958). La réputation internationale de Sibelius ne semble pas reposer sur des fondements très solides. Ce succès provient sans doute moins de la tenue générale de son oeuvre, assez faible, il faut l'avouer, que du pittoresque un peu facile dont se pare son esthétique (André Hodeir, la musique étrangère contemporaine, que sais-je n°631 - 1954). Le diable rirait encore de ces jugements à l'emporte-pièce. Les temps ont heureusement changé comme l'a montré l'immense ouvrage biographique et analytique de Marc Vignal (Fayard, 2004) consacré au grand compositeur finlandais. Le corpus de ses sept symphonies est un des tournants-clés de l'évolution de cette forme musicale au XXème siècle. Il a été enregistré par des chefs aussi prestigieux que Karajan, Bernstein, Rozhdestvensky, Colin Davis, Simon Rattle, Neeme Järvi parmi d'autres. La deuxième symphonie pourrait être appelée l'italienne de Sibelius. C'est la plus populaire des sept. Esquissée en Italie en 1901, elle est terminée en Finlande début 1902 et créée sous la direction du compositeur en mars. Elle est déjà caractéristique de sa méthode de composition et démontre une étonnante maîtrise formelle ; quelques courts motifs se combinent aux différents groupes instrumentaux et évoluent dans un contrepoint symphonique des plus exigeant. Malgré son imposant effectif instrumental, cette partition doit être traitée comme de la musique de chambre. Kitajenko réussit une parfaite homogénéité des cordes, des bois équilibrés et des cuivres éclatants sans être exagérés. Il a aussi choisi des tempi assez élargis qui permettent une respiration bien balancée entre les différentes lignes mélodiques. La symphonie prend une cinquantaine de minutes - à titre de comparaison, 45' chez Bernstein (avec le New York Philharmonic) et Colin Davis, 48' chez Karajan. L'éditeur (ou le chef ?) a choisi de compléter l'enregistrement par deux transcriptions de Grieg par lui-même, une des deux mélodies élégiaques d'après les Lieders op. 33 et une des trois Danses Symphoniques originalement écrites pour piano à quatre mains. Dommage ! Même si les pièces de Grieg sont superbes, pour la cohérence du programme, on aurait pu choisir un des nombreux poèmes symphoniques de Sibelius. A part cette légère réserve et l'absence de présentation en français (une des langues officielles de l'UE), on a donc une nouvelle version de référence d'un des chefs d'oeuvre de Sibelius.
Jean-Marie André

Son 9 – Livret 8 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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