Une vie en quatre symphonies

par

Arvo PÄRT
(°1935)
Les quatre symphonies
NFM Wroclaw Philarmonic, dir. Tonu Kaljuste
2018 DDD 79’28 Livret en allemand, anglais CD ECM New Series 2600 481 6802

Les quatre symphonies d’Arvo Pärt sont largement disponibles, y compris la quatrième chez ECM. Mais, à ma connaissance, c’est la première fois qu’elles sont regroupées en un même enregistrement. 45 années séparent la première de la quatrième. La première symphonie (1964) utilise la technique dodécaphonique, et le régime soviétique qualifia cette oeuvre de formaliste et décadente. Cela n’empêche pas une grande musicalité, même si on est bien sûr très loin de l’euphonie de l’Arvo Pärt que l’on connaît. La deuxième symphonie (1966) utilise encore le dodécaphonisme, mais aussi le collage que l’on retrouve dans plusieurs oeuvres voisines. Sa troisième symphonie (1971) fut composée au milieu de son grand silence (1968 – 1976), qui vit sa conversion à la foi orthodoxe. C’est donc une oeuvre de transition qui conduira le compositeur estonien à une révolution stylistique, celle des oeuvres utilisant la technique “tintinnabuli” propre à Arvo Pärt. La simplicité monodique du chant grégorien innerve la symphonie, ainsi que l’harmonie résultant des quintes creuses, assorties de cadences plagales. Les consonances y sont employées sans complexe, préfigurant la berceuse “Für Alina” (1976), point de départ de son nouveau style “Tabula Rasa”. C’est à cette période qu’appartient la quatrième symphonie (2008), sous-titrée “Los Angeles”, puisque commandée par l’orchestre de cette ville, alors dirigé par Esa-Pekka Salonen qui la dirigea dans un précédent enregistrement ECM. Cette firme munichoise, dirigée par un ancien contrebassiste du Berliner Philarmoniker, Manfred Eicher, a fait connaître Arvo Pärt en Occident, grâce au disque “Tabula Rasa” et à 15 autres disques qui ont suivi. Ceci est donc le 17e album Pärt chez ECM. Mais le sous-titre “Los Angeles” fait en même temps explicitement référence aux anges, et chacun des trois mouvements est accompagné d’une prière aux saint anges gardiens, extraite de la prière traditionnelle orthodoxe. Cette symphonie, la plus belle de son auteur, est donc une longue prière musicale. L’interprétation des ces quatre symphonies est absolument exceptionnelle et fait de ce disque un must absolu, pour tout dire, un joker !
Dominique Lawalrée

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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