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John Barbirolli rayonnant au Carnegie Hall de New York

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Elgar from America - Volume 3. Sir Edward Elgar (1857-1934) :  Introduction and Allegro pour quatuor à cordes et orchestre à cordes, op. 47 ; Scènes de la Saga de King Olaf, cantate op. 30 : deux chœurs ; The Dream of Gerontius, oratorio op. 38. Richard Lewis, ténor ; Maureen Forrester, contralto ; Morley Meredith, baryton-basse. John Corigliano, Leopold Rybb, violon ; William Lincer, alto ; Laszlo Varga, violoncelle ; Alexander Schreiner, orgue. Mormon Tabernacle Choir, direction : J. Spencer Cornwall. The Westminster Choir (chef de chœur : Warren Martin). New York Philharmonic-Symphony Orchestra, direction : Sir John Barbirolli. Enregistré en 1953 et 1956 au Mormon Tabernacle, Salt Lake City, Utah ; en live les 3 et 25 janvier 1959 au Carnegie Hall, New York. Édition 2022. Livret en anglais et transferts de Lani Spahr. 1 double CD SOMM série « Ariadne » ARIADNE 5015-2.

John Barbirolli dans sa prime jeunesse

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LES ENREGISTREMENTS EDISON BELL - 1927. Richard Wagner (1813-1883) : Der Fliegende Holländer, Ouverture ; Die Meistersinger von Nürnberg, Prélude à l’Acte III. Engelbert Humperdinck (1854-1921) : Hänsel und Gretel, Ouverture. Giacomo Puccini (1858-1924) : Madama Butterfly, Duo d’amour (finale). Pietro Mascagni (1863-1945) : Cavalleria Rusticana, Air de Santuzza. LES ENREGISTREMENTS HMV ESPAGNOLS - 1928. Pablo Casals (1876-1973) : Sardana. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte, Possenti numi (arr. : Barbirolli). LES ENREGISTREMENTS NGS - 1927. Edward Elgar (1857-1934) : Introduction and Allegro pour cordes. Peter Warlock (1894-1930) : Sérénade pour cordes, pour le 60e anniversaire de Delius. Frederick Delius (1862-1934) : Summer Night on the River. Claude Debussy (1862-1918) : Danse Sacrée et Danse Profane. Benedetto Marcello (1686-1739) : Final Allegretto de la Sonate en ut majeur, op. 2 n° 5 (arr. : Barbirolli). Lilian Stiles-Allen, soprano ; Dan Jones, ténor. André Mangeot, Boris Pecker, violon ; Frank Howard, alto ; Herbert Withers, violoncelle. Ethel Bartlett, piano, Orchestre Symphonique, École de Violoncelles de Londres, Orchestre de chambre de la NGS (National Gramophonic Society), direction : John Barbirolli. Enregistré entre janvier 1927 et mars 1928 aux Edison Bell Studios, Kingsway Hall, Vocalion Studios, Londres. Livret en anglais. 78’57’’. 1 CD-R Barbirolli Society SJB1096.

Toscanini : la légende et le paradoxe (VI)

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Crescendo-Magazine reprend en quatre parties un dossier Toscanini rédigé par Bernard Postiau et publié dans ses numéros papiers. 

L’homme et la politique

Intransigeant en musique, l’homme le fut aussi en politique. Dès les années de la première guerre mondiale, il avait soutenu de tout son coeur son pays dans sa lutte contre l’Austro-Hongrois. Dans cette période où les nationalismes furent exacerbés au dernier point, cependant, on comprit parfois mal qu’un patriote si ardent puisse, dans le même temps, défendre la musique du pays ennemi. C’est ainsi qu’au cours d’un concert donné à Rome pendant cette période, il fut pris à partie par le public pour avoir programmé de la musique allemande (en l’occurence Wagner). Devant le chahut, Toscanini quitta la salle et annula les concerts suivants. Quelques jours plus tard, un décret paraissait qui bannissait de Rome la musique allemande jusqu’à la fin de la guerre ; Toscanini bouda la capitale jusqu’en 1920. Son patriotisme n’était pourtant pas en cause comme il le prouva de façon tout à fait spectaculaire en s’exposant au feu – et ses musiciens avec lui – à la bataille de Monte-Santo, en 1917. Après la guerre, devant la misère persistante d’un pays qui, pour avoir été du côté des vainqueurs, n’en avait pas été pour autant exempté de tous les malheurs de la guerre et avait été mis au tapis sur le plan économique, on peut imaginer le succès qu’eut le programme du parti fasciste, né d’un mouvement fondé en 1919. A vrai dire, le programme initial de ce nouveau prétendant politique, très influencé par le socialisme, avait de quoi séduire un pays laissé exsangue : création d’une assemblée constituante et proclamation de la République, droit de vote pour les femmes, abolition des titres de noblesse et du service militaire obligatoire, élection démocratique des juges, restriction du capital privé, participation des syndicats à la direction des industries, des transports et des services publics, etc. Toscanini, comme beaucoup de ses compatriotes, virent dans ces réformes le coup de balai nécessaire pour relever le pays et s’engagea dans le mouvement avec sa fougue habituelle. Pourtant, Mussolini évolua rapidement vers une attitude autoritaire et infléchit de manière irréversible le courant de sa politique. Lorsque, en 1922, il marcha sur Rome après avoir provoqué des troubles un peu partout et qu’il eut obtenu les pleins pouvoirs d’un roi Victor-Emmanuel III particulièrement docile et conciliant, Toscanini réalisa enfin la vraie nature du Duce et se fit dès lors un ennemi personnel du dictateur, aussi rapidement et totalement qu’il s’en était fait le défenseur. « Si j’étais capable de tuer un homme, je tuerais Mussolini » dira-t-il plus tard. Les heurts n’allaient d’ailleurs pas tarder à surgir, notamment à l’occasion de l’exigence de groupements fascistes qui réclamèrent, avant tout concert, l’exécution de Giovinezza (« jeunesse »), l’hymne fasciste. La première fois que pareil incident se produisit, la réaction de Toscanini fut on ne peut plus claire et typique du personnage en proclamant devant sa troupe : « [les artistes] ne chanteront pas cette pantalonnade ; les artistes de la Scala ne sont pas des artistes de vaudeville. Ouste, à vos loges ! », réaction qui fut tout d’abord mal perçue car Mussolini passait encore, au yeux de beaucoup en cette fin de 1922, comme le sauveur providentiel qu’attendait toujours le pays. Les indécrottables optimistes furent rendus à la réalité en 1924 lorsque Mussolini fit assassiner son principal opposant, le secrétaire général du parti socialiste italien, Giacomo Matteotti, geste qui scandalisa l’opinion et, on l’imagine, Toscanini. Dès lors, aucun moyen, aucun coup d’éclat ne furent négligés pour montrer de façon ostentatoire son opposition au régime : refus d’afficher les portraits de Mussolini sur les murs des salles de concert, d’interpréter Giovinezza le jour de la nouvelle fête nationale instaurée par les fascistes, résistance répétée aux provocations de la presse fasciste. Cette lutte verbale eut un dénouement plus dramatique : au cours de la tournée européenne de 1931, le maestro fut pris à partie par des bandes de fascistes fanatiques qui le molestèrent assez que pour le blesser assez sérieusement. A cette date, Toscanini avait déjà quitté l’Italie en acceptant, en 1929, la direction de l’Orchestre philharmonique de New York, décision sans aucun doute dictée avant tout par son impossibilité de vivre dans un pays placé sous la botte d’une autorité ennemie de la liberté d’expression. Lorsque, en 1943 à New York, il apprit, en plein concert, la destitution de Mussolini, « il se rua », nous dit Harvey Sachs, « sur la scène, croisa les mains et leva les yeux en un geste d’action de grâces, tandis que le public – transporté lui aussi – applaudissait, éclatait en hurlements, et manquait mettre le studio (n.d.l.r. : le studio 8H de la NBC) en pièces. » Tout en reconnaissant que l’opposition de Toscanini à tous les totalitarismes (le sien excepté !) fut patente et spectaculaire, il est cependant injuste et, pour tout dire, incongru de vouloir opposer le courage et la juste lutte de Toscanini à l’attitude de Furtwängler qui, lui, décida de rester dans son pays. Bien des pages ont déjà été écrites sur ce sujet et je n’y reviendrai donc pas mais il ne faut jamais perdre de vue que le régime mussolinien, malgré sa violence et son injustice, resta – très relativement – moins inhumain et expéditif que le nazisme. Ces deux destinées si différentes et opposées, sont, en réalité, impossibles à mettre en parallèle car la situation vécue fut très différente et d’ailleurs bien plus précaire et dangereuse pour l’Allemand que pour l’Italien.

Sir John Barbirolli, l’Anglais patient 

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Le 29 juillet prochain, le monde de la musique célèbrera les cinquante ans de la disparition du grand chef d’orchestre Sir John Barbirolli. A cette occasion, Warner réédite un fabuleux coffret qui comporte la totalité de ses enregistrements pour HMV et Pye records. Cette parution est naturellement une occasion de revenir sur le parcours d’un chef inclassable mais si important dans l’art de la direction. 

Né en 1899 à Londres, Giovanni Battista Barbirolli était issu d’une mère d’origine française et d’un père italien. Son géniteur Lorenzo Barbirolli était un violoniste professionnel qui avait joué, avec son propre père, dans l’Orchestre de la Scala de Milan, entre autre à l’occasion de la création d’Otello de Verdi. Émigré à Londres avec son épouse Louise Marie (née Ribeyrol), le musicien se produit dans différents orchestres des théâtres de l’Est londonien. Le jeune John se met au violon, mais il passe au violoncelle à l’instigation de son grand père exaspéré de le voir se promener en jouant : en lui offrant un violoncelle, il écartait le risque de déambulations intempestives... Le garçon est doué et à l’âge de onze ans, il fait ses débuts en concert. Il intègre rapidement la Royal Academy of Music tout en développant un goût pour la musique de son temps ! Cette passion n’est pas de tout repos car l'intraitable directeur Alexander Mackenzie interdit aux étudiants de jouer de la musique de Ravel, qu’il considère comme pernicieuse. Cet oukase ne décourage pas Giovanni et ses compères qui répètent le quatuor, cachés dans les sanitaires…

André Navarra en dix CDs

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André NAVARRA  (1911-1988) : Interprète des œuvres de Ludwig van Beethoven, Luigi Boccherini, Max Bruch, Frédéric Chopin, Antonin Dvorak, Edward Elgar, Manuel de Falla, Enrique Granados, Joseph Haydn, Aram Khatchatourian, Édouard Lalo, Pietro Locatelli, Franz Schubert, Robert Schumann et Richard Strauss.  Artur Balsam (piano), Jean Hubeau (piano) et Erika Kilcher (piano), Divers orchestres sous la direction de Sir John Barbirolli, André Cluytens, Pierre Dervaux, Jean Fournet, Bernhard Paumgartner, Rudolf Schwarz et Tibor Varga. DDD–2018-Texte de présentation en anglais– 10 CD Profil/Hänssler PH18017