Trois facettes de John Harbison

par

John HARBISON (° 1938)
String Trio-Four Songs of Solitude-Songs America Loves to Sing
Membres de la CAMARATA PACIFICA (Adrian SPENCE, Jose FRANCH-BALLESTER, Paul HUANG, Ani AZNAVOORIAN et Warren JONES)
DDD-2014-70’ 15’’-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Harmonia Mundi HMU 907619

Aux États-Unis, John Harbison est un musicien comblé. Depuis l’âge de seize ans, il y a obtenu une quantité de prix prestigieux, dont le Pulitzer pour la musique avec son œuvre vocale sur des textes bibliques, The Flight into Egypt en 1986. Exceptionnellement éclectique, il sait tout faire, ou presque : jouer du piano et du violon chanter, diriger des orchestres, enseigner (il l’a fait au Massachusetts Institute of Technology), écrire des poèmes et, il va sans dire, composer. Composer, qui plus est, dans une multitude de registres, en passant sans cesse d’une technique à l’autre, y compris en manipulant les cordes du piano, comme dans son opéra Full Moon in March d’après William B. Yeats, qui date de 1977. Le présent CD donne justement un bon exemple de l’étendue de son savoir-faire car il réunit trois œuvres fort différentes les unes des autres : un trio à cordes, une pièce pour violon seul (Four Songs of Solitude), interprétée par le violoniste américano-taïwanais Paul Huang, et une suite d’airs pour un petit orchestre de chambre, qui reprend l’effectif du Pierrot lunaire d’Arnold Schoenberg (piano, violon violoncelle, clarinette et flûte). Intitulée Songs America Loves to Sing et écrite en 2004, elle se constitue une sorte de pot-pourri de chants et d’airs populaires forts connus, à l’instar de St. Louis Blues rendu célèbre par Bessie Smith. Ce sont en réalité des arrangements des plus libres, pour ne pas dire des détournements musicaux, qu’on écoute sans déplaisir, mais que le premier arrangeur venu un tantinet doué aurait pu sans doute écrire. On est loin, très loin du Pierrot lunaire.
Jean-Baptiste Baronian

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