Le Diotima joue la carte de la radicalité révélatrice dans les derniers quatuors de Beethoven

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Beethoven : The Late String Quartets. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n° 12 en mi bémol majeur op. 127 ; Quatuor à cordes n° 14 en ut dièse mineur op. 131 ; Quatuor à cordes n° 15 en la mineur op. 132 ; Quatuor à cordes n° 16 en fa majeur op. 135 ; Quatuor à cordes n° 13 en si bémol majeur op. 130 (avec ses deux finales : Grande Fugue op. 133 et Allegro de substitution). Quatuor Diotima. 2024. Notice en français et en anglais. 73' 22'', 65' 15'', 58' 19''. Pentatone PTC 5187604

On se doutait bien que le Quatuor Diotima allait aborder les quatuors de Beethoven et on était quasiment certain qu’il le ferait à rebrousse-poil. Comment imaginer en effet que ce défenseur absolu de la modernité contemporaine dans ce qu’elle a de plus radical resterait insensible au grand saut en avant représenté par ces cinq œuvres d’une audace inouïe.

Le Diotima s’attache donc à restituer à ces immenses constructions leur lisibilité la plus épanouie, architecturant les grandes combinaisons contrapuntiques, rendant aux accents et aux rythmes leur force péremptoire sans jamais être envahissant et le tout avec un sens du chant discret mais éloquent qui habite subtilement les grands mouvements lents. Ces lectures conservent donc le paradoxe de distiller le discours dans la plus grande clarté tout en le creusant à souhait au gré des multiples sollicitations d’un Beethoven littéralement prométhéen.  

Dans le paysage varié (ô combien) des interprétations de ces chefs d’œuvre absolus le Diotima occupe au fond une place à part sur le même versant qu’autrefois, le Quatuor LaSalle (DG). On ne retrouve donc pas ici les plongées dramatiques abyssales des grands anciens (Vegh, Budapest), ni l’engagement fervent du Belcea (Alpha) ou de l’Amadeus (DG). Ces interprétations ne s’inscrivent pas plus au cœur d’un romantisme chaleureux comme l’Alban Berg (Warner) ou d’un classicisme maîtrisé comme le Julliard (Sony). A ce titre, la récente et remarquable intégrale de l’Artemis (Warner) constitue sans doute la synthèse la plus cohérente.

Mais face à cet Everest musical que constituent les cinq derniers quatuors, le Diotima qui bénéficie de l’apport de la dernière édition critique de Jonathan del Mar chez Barenreiter, aborde le versant de la modernité révélatrice qui ouvre pour ses descendants, comme il le dit lui-même en exergue à cette édition, la voie d’une nouvelle façon de penser la musique. Il nous en donne fort justement les clés.

Son 9 - Livret 10 - Répertoire 9 - Interprétation 9

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