Bach et Lipatti : le cœur et la raison

par
Bach Lipatti

Jean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Concerto pour deux pianos en do majeur BWV 1061–Jésus, que ma joie demeure–Chaconne de la Partita n° 2 pour violon en ré mineur BWV 1004 (transcription de Ferruccio Busoni)
Dinu LIPATTI
(1917 - 1950)
Nocturne–Symphonie concertante pour deux pianos et orchestre op. 5
Alberto PORTUGHEIS (piano), Stefano GRECO (piano), Camerata de Cuerdas de la Jol, dir. : Georgina SANCHEZ
DDD–2016–64’ 31’’–Texte de présentation en anglais et en espagnol–The Recording Consort/Itinerant Records iC022

Le principal intérêt de ce disque compact est de faire entendre deux œuvres écrites par Dinu Lipatti. On a tendance à l’oublier, mais le célèbre pianiste roumain a composé une bonne quarantaine de partitions, la première alors qu’il avait cinq ans à peine, la dernière, inspirée de L’Offrande musicale de Jean-Sébastien Bach, l’année de sa mort. Deux d’entre elles sont enregistrées ici : Nocturne pour piano, qui date de 1937, et la Symphonie concertante pour deux pianos et orchestre, qui date, elle, de 1938 et dont Dinu Lipatti s’est chargé de donner lui-même la première exécution publique à la salle Pleyel à Paris, l’année suivante, avec Clara Haskil, sous la direction de Charles Munch.
Il n’existe malheureusement pas d’enregistrement de cette exécution historique. D’ailleurs, Dinu Lipatti en tant qu’interprète n’a laissé que deux témoignages sonores de ses propres œuvres : la Sonatine pour la main gauche et le Concertino en style classique. Il n’était pas, comme on serait tenté de le croire, un compositeur du dimanche. Bien au contraire, composer représentait pour lui une nécessité impérieuse. On raconte même qu’il a un jour avoué à son maître Mihail Jora qu’il regrettait d’avoir choisi la carrière de pianiste…
Si son Nocturne n’a rien d’extraordinaire, sa Symphonie concertante, en trois mouvements (molto maestoso, molto adagio et con spirito), offre beaucoup d’attrait, surtout à travers ses ingénieuses variations rythmiques, un peu comme dans le Concerto pour piano et instruments à vent d’Igor Stravinski, dont on ne peut pas nier la filiation. Elle montre en tout cas que Dinu Lipatti avait de réels « dons de créateur », pour reprendre les mots de Grigore Bargauanu et Dragos Tanasecu, les auteurs d’une biographie de leur compatriote traduite en français aux Éditions Payot, en 1991.
Que des œuvres de Jean-Sébastien Bach figurent également sur de disque n’est pas un hasard. Dinu Lipatti les a très souvent jouées au cours de sa courte existence et en a enregistré plusieurs (en studio et en public). On détachera la remarquable transcription pour piano de la chaconne de la Partita n° 2 pour violon réalisée par Ferrucio Busoni vers 1890. Reste un mystère : ni la pochette ni le livret du CD ne mentionnent qui en est au juste l’interprète. Alberto Portugheis ou Stefano Greco ?
Jean-Baptiste Baronian

Son 7 – Livret 4 – Répertoire 9 – Interprétation 7

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