Boesmans et Ravel avec l'OPRL sous la baguette de Gergely Madaras

par which isotope is most commonly used in radioactive dating

Événement pour l’Orchestre philharmonique royal de Liège qui se produisait à Liège et Bruxelles sous la baguette de son directeur musical désigné : Gergely Madaras et dans un programme qui illustrait bien son ADN : une création mondiale et une grand pièce de Maurice Ravel, compositeur qu’il sert toujours si bien. Ce concert était également une belle rampe de lancement pour Gergely Madaras qui succédera, dès septembre 2019, à Christian Arming au poste de Directeur musical de la phalange liégeoise.

Philippe Boesmans est particulièrement lié à l’OPRL qui l’accompagne depuis ses premières oeuvres symphoniques. C’est tout naturellement que l‘OPRL lui a commandé une nouvelle oeuvre intitulée “Fin de nuit” pour piano et orchestre. Fuyant les formes codifiées, le compositeur invente une musique en deux parties dont la première est intégralement dédiée à l’orchestre. On s’y plait à apprécier la beauté plastique des timbres ondoyants et poétiques, tel un “Dernier rêve” tout en douceur. La seconde partie “Envois” introduit le piano, comme un personnage d’opéra qui se fond dans une multitude de saynètes instrumentales d’où émergent des clins d’oeil à de grandes figures : Poulenc, Franck, Ravel, Prokofiev, Strauss. Bien qu’assez imposant par la taille, l’effectif orchestral est utilisé avec une infinie finesse et une délicatesse passionnée. Le pianiste David Kadouch est tout à son aise dans cette pièce où son sens de la narration et sa gestion des couleurs font merveilles. La pièce remporte un beau succès public et David Kadouch revient sur scène pour un extrait des Tunes du même Philippe Boesmans. Notons que l’OPRL va enregistrer cette partition et d’autres oeuvres concertantes du compositeur, liées son histoire, pour le label Cyprès : un album à paraître à la rentrée 2019.

En seconde partie, la scène du Bozar accueillait l’orchestre en grande formation et le Choeur de Radio-France pour donner la version complète de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel. On sera gré à Gergely Madaras de chercher une voie personnelle dans cette oeuvre démonstrative et jubilatoire. Le jeune chef hongrois (34 ans) cherche à mettre en valeur l’inventivité de l’orchestration en travaillant la matière dans une optique plutôt retenue au niveau du tempo et assez analytique dans le traitement des différents épisodes dont certains sont scannés avec un rendu brillant mais quelquefois un peu sec. La musique y gagne en respiration mais au parfois au détriment de la narration pure. La direction du chef galvanise l’orchestre qui fait preuve d’une puissance et d’une grande homogénéité, particulièrement dans les épisodes “guerriers” et conclusifs. Les différents pupitres et leurs solistes sont à leur affaire dans cette partition qui les met si bien en valeur : Valérie Debaele à la flûte, Jean-Luc Votano à la clarinette, Sébastien Guedj au hautbois, Pierre Kerremans au basson et Benjamin Chartre au cor. Le Choeur de Radio-France connaît son Daphnis et Chloé comme sa poche : sa projection et la justesse de son intonation participent à la réussite de cette lecture. Cette interprétation rencontre un très grand succès public Les musiciens et même les choristes saluent avec joie le chef hongrois, ce qui prévaut d’une prise de fonction réussie pour Gergely Madaras.

Bruxelles, Bozar, 1er mars 2019

Pierre-Jean Tribot

Crédits photographiques : Balazs Borocz

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.