Bostridge et Pappano toujours au sommet ! 

par
Bostridge Pappano

Textes de Shakespeare mis en musique : Gerald Finzi (1901-1956) – William Byrd (c.1540 – 1623) – Thomas Morley (c.1558-1602) – John Wilson (1595-1674) – Robert Johnson (c.1583-1633) – Franz Schubert (1797-1828) – Joseph Haydn (1732-1809) – Roger Quilter (1877-1953) – Ivor Gurney (1890-1937) – Peter Warlock (1894-1930) – Erich Korngold (1897-1957) – Francis Poulenc (1899-1963) – Benjamin Britten (1913-1976) – Michael Tippett (1905-1998) – Igor Stravinsky (1882-1971)
Ian Bostridge, ténor – Antonio Pappano, piano – Elizabeth Kenny, luth – Adam Walker, flûte – Michael Collins, clarinette – Lawrence Power, alto
2016-DDD-66’54-Textes de présentation en anglais, français et allemande-Warner Classics-0825646106639

Pour terminer 2016 en beauté, le ténor Ian Bostridge revient au disque en compagnie de l’un des accompagnateurs les plus estimés : Antonio Pappano. A travers le prisme de textes de Shakespeare – dont on sait que plus que pour aucun autre auteur, la musique goûte dans ses écrits d’une place privilégiée, tantôt de manière indépendante, tantôt pour rehausser l’effet dramatique et théâtral – mis en musique par des compositeurs tels que Morley, Haydn, Korngold ou encore Poulenc, les deux artistes élaborent ensemble un travail de titan sur le contact, le dialogue et la recherche sonore. Une même optique, en soi un même dessein, crée l’atmosphère générale de cette parution : son rond, variété importante de couleurs et de dynamiques, spontanéité et respect permanent du matériau musical. Avec la volonté de considérer chaque pièce comme un petit bijou, rien n’est laissé au hasard dans la recherche sonore tant pour la musique que pour le texte. La voix de Bostridge, qui s’impose par un timbre doux, chaleureux et vif quand le texte le demande, se marie avec délicatesse au piano de Pappano, attentif et toujours sujet à propositions musicales, tel que le ferait un chef pour qui la voix n’a plus de secret et pour qui chaque formule est un personnage. De fait et derrière ce piano opératique, on décèle ici le rôle à donner à l’accentuation de certains mots, à ce qui semble être – mais qui ne l’est pas ! – de la simplicité chez Haydn et Schubert, sur le poids de l’harmonie tantôt ancienne, tantôt moderne, tout en analysant les différentes lectures que font divers compositeurs d’un même texte, notamment Britten et Poulenc sur Fancie. Ce soin porté à la structure et au phrasé est également perceptible dans les pièces accompagnées par la délicatesse et le charme du luth (Elizabeth Kenny) ou encore le trio flûte/clarinette/alto chez Stravinsky. Bostridge et Pappano insufflent ensemble une direction d’une haute sensibilité et un discours d’une exceptionnelle finesse qu’il convient de souligner et de saluer chaleureusement.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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