Comparaison n’est pas raison

par
Bach Fontanarosa

Bach BegelmanJean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Sonates et partitas pour violon seul
- Patrice FONTANAROSA (violon)
DDD–2017–70’ 13 et 70’ 41’’– Texte de présentation en français et en anglais–POLYMNIE POL 118 130
- Boris BEGELMAN (violon)
DDD–2017–68’ 51’’ et 69’ 08’’–Texte de présentation en anglais, allemand et français–Deutsche Harmonia Mundi 88985466112

Contrairement à ce qu’on entend parfois dire, Jean-Sébastien Bach n’est pas le premier musicien à avoir traité le violon en instrument polyphonique à travers la Sonate et la Partita. Mais il est, sans conteste, le premier à en avoir élargi la palette et lui avoir conféré une force, une puissance, une grandeur, une intensité émotionnelles et dramatiques tout à fait exceptionnelles, et d’une manière d’autant plus radicale, et peut-être d’autant plus savante, qu’il a été lui-même un violoniste remarquable. À partir de 1714, il a d’ailleurs dirigé les orchestres de chambre de Weimar et de Köthen, tout en jouant du violon (et en battant la mesure).
Les trois Sonates et les trois Partitas pour violon seul ont été composées 1720, mais n’ont été éditées qu’en 1802 à Bonn (à cette date, Ludwig van Beethoven avait quitté sa ville natale depuis dix ans). Après avoir été longtemps boudées par les interprètes, elles ne se sont réellement imposées qu’au cours des premières décennies du XXe siècle, grâce en particulier à Adolf Busch et à George Enesco. Depuis, on n’arrête plus de les exécuter et de les enregistrer, tout comme les six Suites pour violoncelle seul.
Les hasards de l’édition discographique font qu’on peut les entendre aujourd’hui dans la version de Patrice Fontanarosa, un violoniste des plus chevronnés, et dans celle de Boris Begelman, qui est de quarante ans son cadet – d’un côté la grande tradition du violon français, de l’autre celle, prestigieuse, du violon russe. Elles sont, au vrai, assez différentes l’une de l’autre, Patrice Fontanarosa se montrant presque tourmenté, et même à fleurs de peau, Boris Begelman, lui, plus appliqué, voire par moments plus scolaire, mais non sans une certaine alacrité due, sans doute, à sa familiarité avec la musique baroque, surtout dans les parties exigeant de la virtuosité (Dieu sait si elles ne manquent pas !). Il va sans dire que comparaison n’est pas raison et qu’il n’y a pas, qu’il ne pourrait y avoir une seule et unique façon de jouer Jean-Sébastien Bach. Existe-t-il du reste un Jean-Sébastien Bach idéal ? Son génie est si vaste que chacun de ses interprètes ne parvient jamais qu’à en refléter un petit aspect.
Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 5 – Répertoire 10 – Interprétation 9
Son 8 – Livret 5 – Répertoire 10 – Interprétation 8

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