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La Roque d’Anthéron : Claire-Marie Le Guay ouvre la porte des « Trois visions du sacré »

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La Roque d’Anthéron aime organiser des nuits : trois concerts sur une thématique unique qui nous amènent au seuil du jour suivant. Avant la musique russe à deux pianos (le  30.7), la musique française (le 9.8) et, en clôture,  la carte blanche multigenre de Thomas Enhco (le 16.8),  la première nuit était consacrée à trois visions du sacré : Bach, Messiaen et Liszt.

Claire-Marie Le Guay ouvrait le débat dans un programme en partie inspiré par son dernier enregistrement « Ecouter la lumière » paru chez Mirare : des pièces courtes, parfois sans la fugue, comme si la pianiste voulait nous ouvrir une porte où l’auditeur pouvait s’engouffrer et situer son propre voyage. On est alors séduit par la sérénité du prélude BWV 846, fasciné par l’imposant portail de la Fantaisie chromatique BWV 903, saisi par la vélocité conquérante du Prélude BWV847 ou la furia de la Fantaisie-Prélude BWV 922. Mais c’est bien vite pour se rendre compte que la pianiste prévoit des moments de quiétude dans une sélection de sarabandes (abandon dans celle de la 6e suite anglaise ou de la 4e partita, méditation dans celle de la Partita n°1 BWV825). Cette dernière est remise, bien que partiellement, dans son contexte entre le prélude allant et le rythmique solide du menuet et la vélocité volontaire de l’irrésistible gigue.

La pianiste française tient aussi à mettre Bach en rapport avec d’autres compositeurs, ses contemporains italiens (Marcello et Vivaldi) mais aussi des interprètes ultérieurs qui réalisent, à son instar, de réelles transcriptions de ses propres œuvres (Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ d’une indicible profondeur dans la transcription de Busoni). Et feu d’artifice ultime, le Concerto italien BWV971 jaillit avec une effervescence éclatante de joie, comme pour donner un soudain panache à un programme au fond très introverti.

Claire-Marie LeGuay : Bach, de la joie à la lumière

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Un livre écrit à quatre mains avec Erik Orsenna, un disque (Mirare), des récitals aux Midis-Minimes à Bruxelles et Louvain, un concert et une rencontre avec Orsenna à La Roque d’Anthéron, Claire-Marie LeGuay et Bach font la une de l’activité musicale en ce mois de juillet.

Comment s’est déroulé cette réflexion conjointe avec Erik Orsenna, comme une série de réactions instinctives ou comme l’application d’une conduite préétablie ?

Plutôt comme un dialogue construit au fil des ans. Tout a démarré avec un concert paroles et musiques qui apportaient un regard sur Bach au travers de ses deux femmes Très intéressé, le public nous a incité à faire quelque chose ensemble, une sorte de dialogue croisé où nous nous adressions directement au lecteur et non pas l’un à l’autre. Certes nous nous répondions et évoluions en parallèle mais en étant surtout sensibles aux expériences que nous voulions partager : l’apprentissage de pianiste amateur d’Erik, mon travail avec Thierry Escaich ou la découverte conjointe des manuscrits lors d’une incroyable visite d’initiation dans un département secret de la Bibliothèque nationale. Notre objectif était de retrouver l’image de Bach et de le sentir proche de nous.

C’était l’expression d’un rendez-vous quotidien avec le maître qui revêtait pour chacun d’entre nous une importance capitale comme l’équivalent de l’air que l’on respire.

Peu de compositeurs suscite cette quotidienneté. On pense à Chopin qui jouait tous les matins un prélude et fugue de Bach. Qu’est-ce qui le rend aussi présent chez ceux qu’il fascine ?

On a chacun ses points de repère, nous avons tous nos œuvres chères. C’est une sorte de dialogue avec soi-même qui traverse notre vie avec ce qu’elle comprend d’efforts, de voyages, de responsabilités multiples qui s’expriment chez lui dans un paroxysme d’énergie et me rapproche de sa personnalité. Ce quotidien devient alors l’œuvre d’une vie, de l’espoir aussi qui permet de lutter contre les tracas d’une existence. Et lui-même n’a cessé de se battre, porté par une espérance sans faille.

Bach traversa en fait une vie très dure.

Elle le fut depuis son enfance où il s’est retrouvé loin de ses parents, amené à apprendre en copiant des œuvres d’origines diverses, entreprenant de longs voyages à pied pour faire des découvertes musicales (Reinken à Hambourg, Buxtehude à Lubeck).

Et plus tard sa vie devient une expérience ahurissante quand il compose à Leipzig en donnant cours aux élèves, éduquant enfants et élèves chez lui au milieu d’une foule de gens et composant dans cet incroyable brouhaha. En musique, il accumule expériences et connaissances avec une gourmandise insatiable et défend ses positions vis-à-vis de sa tutelle avec un courage audacieux.

Et que dire de cet émouvante fin de vie où malade et mal voyant, estimant avoir tout dit, il se recentre sur l’essentiel avec ses grandes compositions aux architectures structurées, fasciné à la fois par les mathématiques et une volonté d’abstraction totale dans ses compositions. Il creuse son être tout en restant fasciné par la densité du propos. Sur son lit de mort, il demandait encore à entendre de la musique. Il n’a jamais cessé de jeter des ponts vers tout le monde. Etonnante fin de vie de créateurs : Bach se concentre à l‘extrême là où Schuman insensiblement s’efface.

Cette vie engouffrée dans la création permanente est en contradiction avec l’image du compositeur dans sa tour d’ivoire que va imaginer le romantisme et qui va imprégner tout le 20e siècle.

Oui mais c’est aussi une question de personnalité. Prenez Thierry Escaich dont je parle dans mon livre parce que, comme Bach, il pratique au plus haut point l’improvisation. Il part sans cesse à la découverte de choses nouvelles et est habité par la curiosité d’aller vers les autres. Ce travail face au texte est aussi à la base des transcriptions (Bach en faisait beaucoup) où Florian Noack est incomparable. L’écriture fournit une perception à l’interprète qui l’utilise dans son interprétation mais celle-ci varie inéluctablement au fil des circonstances. On peut alors prendre une chose et la faire sienne.

Du Jazz Spirituel

par

Tord Gustavsen (1970) : The Other Side, 8 compositions et 4 chorals de J.S. Bach. Tord Gustavsen, piano; Sigurd Hole, contrebasse; Jarle Vespestad, batterie. 2018 DDD 53’15 Livret sans texte CD ECM 2608 675 1618

Comparaison n’est pas raison

par

Bach BegelmanJean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Sonates et partitas pour violon seul
- Patrice FONTANAROSA (violon)
DDD–2017–70’ 13 et 70’ 41’’– Texte de présentation en français et en anglais–POLYMNIE POL 118 130
- Boris BEGELMAN (violon)
DDD–2017–68’ 51’’ et 69’ 08’’–Texte de présentation en anglais, allemand et français–Deutsche Harmonia Mundi 88985466112

Les 3B ne sont pas toujours ceux que l'on pense !

par

Jean-Sébastien BACH
(1685-1750)
Sonate n°3 en do majeur pour violon
Béla BARTOK
(1881-1945)
Sonate pour violon solo Sz. 117 BB 124
Pierre BOULEZ
(1925-2016)
Anthèmes 1 pour violon solo - Anthèmes 2 pour violon et électronique
Michael Barenboim, violon
2017-DDD-78'33"-Textes de présentation en allemand, anglais et français - Accentus Music ACC30405 

Trois sonates pour violon et piano

par

Jean Sébastien BACH
(1685 – 1750)
Sonate N°3 BWV 1016
Ferruccio BUSONI
(1866 – 1924)
Sonate N°2 op.36a
Ludwig Van BEETHOVEN
(1770 – 1827)
Sonate n°10 op.96
Yuuko Shiokawa, violon, Andras Schiff, piano
2017-DDD-76’15-Livret en allemand et anglais-CD ECM New Series 2510 481 5767

Au coeur de l'Allemagne protestante

par

Jean Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Cantates BWV 56 et 82-Cantate BWV 21: sinfonia-Concerto pour hautbois d'amour BWV 1055
Matthias GOERNE (baryton), Katharina ARFKEN (hautbois), Freiburger Barockorchester, dir.: Gottfried VON DER GOLTZ
2017-DDD-56'41-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Harmonia Mundi HMM 902323

Un coffret divin

par

Jean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
L’intégrale des cantates de l’année liturgique
La Petite Bande, dir. : Sigiswald Kuijken
DDD–2017–19 Cds–Textes de présentation en anglais, français et allemand–Accent ACC 25319

Walter Gieseking et Bach chez Deutsche Grammophon

par

Johann Sebastian BACH
(1685 - 1750)
Les six Partitas - Ouverture dans le style français en si mineur BWV 831 - Toccata en ut mineur BWV 911 - Le Clavier bien tempéré Vol. I et II - Concerto Italien BWV 971 - Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur BWV 903 - Fantaisie et Fugue en ut mineur BWV 906 - Capriccio en si bémol majeur BWV 992 "Sur  e départ de mon frère bien-aimé"
Petits Préludes - Inventions à 2 voix - Inventions à 3 voix - En bonus : le concerto pour piano de Schumann avec le Berliner Philharmoniker sous la direction de Wilhelm Furtwängler
Walter GIESEKING (piano)
1950/2017 - 7 CD - ADD Mono - Textes de présentation en anglais et en allemand - DG 479 7362

Rafal Blechacz, éternel espoir ?

par

Johann Sebastian BACH
(1685-1750)
Concerto italien BWV 971 - Partitas n° 1 BWV 825 et 3 BWV 827 - 4 Duetti BWV 802-805 - Fantaisie et fugue BWV 944 - Jésus que ma joie demeure BWV 147 (arrangement Myra Hess)
2017 - DDD - 65'52'' - Textes de présentation en anglais, allemand, français et polonais DG 479 5534

Bon anniversaire Frieder Bernius

par

Frieder Bernius: Complete Sony Classical Recordings.
Claudio Monteverdi (1567-1643)  : Vespro della beata vergine ; Heinrich Schütz (1585-1672) : Psalmen Davids, Historien der Geburt und Wiederauferstehung Jesu Christi, Symphoniae Sacrae III ; Jan Dismas Zelenka (1679-1745 : Missa Omnium Sanctorum, Missa dei filii ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Kantaten, Motetten ; Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orfeo ed Euridice ; Anton Bruckner (1824-1896) : Messe Nr.2, Motetten ; Johannes Brahms (1833-1897) : Lieder, Romanzen und Gesänge. Kammerchor Stuttgart, Choralschola Niederltaich, Barockorchester Stuttgart, Tafelmusik, Musica Fiata, Concerto Köln, Deutsche Bläserphilharmonie, Frieder Bernius.
1988-1995-DDD-Pas de notice de présentation. 15 CD Sony Classical : 88985439412

La Messe tout court

par

Jean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Messe en si mineur BWV 232
Julia DOYLE (soprano), Alex POTTER (alto), Daniel JOHANNSEN (ténor), Klaus MERTENS (baryton basse), Chœur et orchestre de la Fondation J.-S. Bach, dir. : Rudolf LUTZ
DDD–2017–50’ 49’’ et 49’ 18’’–Texte de présentation en allemand et en anglais–Studio Recording LC 27081

Inépuisables Goldberg...

par

Johann Sebastian BACH
(1685 - 1750)
Variations Goldberg
- Angela Hewitt (piano)
2015-DDD-82'14''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-Hypérion CDA68146
- Zhu Xiao-Mei (piano)
2016-DDD-76'24''-Textes de présentation (interview de la pianiste) en anglais, français, allemand-Accentus ACC30372
- Pascal Dubreuil (clavecin)
2016-DDD-81'48''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-Ramée RAM 1404
- Mahan Esfahani (clavecin)
2016-DDD-78'38''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-DG 479 5929

Le temps des Passions

par

Le temps est venu, en cette "semaine sainte" d'écouter et réécouter les Passions de J.S. Bach dont nous sont proposées trois déclinaisons : deux Saint Jean et une Saint Matthieu. Pour maîtres d'oeuvre, Marc Minkowski, Stephen Cleobury et John Eliot Gardiner. Trois pensées, trois visions.  

Bach en berne

par

Jean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Sonates pour violon et clavecin BWV 1014 à BWV 1019-Cantabile BWV 1019a
Chiara ZANISI (violon), Giulia NUTI (clavecin)
2017-DDD-41'16 et 54'03-Textes de présentation en anglais, français et italien-Arcana A 426 (2 cd)

Vers la lumière

par

Jean-Sébastien BACH
(1685 - 1750)
Messe en si mineur BWV 232
Christina LANDSHAMER (soprano), Anke VONDUNG (mezzo), Kenneth TARVER (ténor), Andreas WOLF (basse), Choeur de la Radio Bavaroise, Concerto Köln, dir.: Peter DIJKSTRA
2016-DDD-49'34 et 51'37-Textes de présentation en anglais et allemand-BR Klassik 900910 (3 cd)

Bienfaisante beauté

par

LUTHERS LIEDER
Ecrits de LUTHER mis en musique par J.S.BACH, PRAETORIUS, BUXTEHUDE, MENDELSSOHN, ECCARD, SCHEIDT, SCHEIN, DRESHER, SCHWEMMER...
Kammerchor Stuttgart, dir.: Frieder BERNIUS, Athesinus Consort Berlin, dir.: Klaus-Martin BRESGOTT, Detlef BRATSCHKE, orgue
2016-DDD I GEMMA- 2 CD- CD1 76 04'- CD2 72 18'- présentation en allemand et anglais- textes et commentaire en allemand (104 pages en édition de luxe) – chanté en allemand- CARUS 83.469