Dans l'intimité du couple Schumann et Brahms

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© Jacques Verrees

Ce dimanche 7 juillet, le Choeur de Chambre de Namur sous la direction de Patrick Davin était à l'église Saint Remacle de Marche-en-Famenne.
Il était accompagné au piano par Muhiddin Dürüoglu et Daniel Blumenthal le tout rehaussé par la prestation de trois narrateurs, Noémie Dujardin, Eric De Staercke et Vincent Dujardin, ce dernier assurant la mise en espace. Le programme proposait les belles pages du chant choral de Schumann et Brahms (Spanisches liebeslieder, Zigeuner lieder op 103, Liebesliederwalzer op.52) parfaitement éclairées par des extraits des envolées épistolaires du couple Schumann et de Johannes Brahms. Soit une plongée dans le romantisme du 19ème siècle, dans tout ce qu'il a d'enflammé mais aussi de profondément humain et ancré dans la nature. C'est aussi une plongée dans l'intimité de relations vraies entre trois grands artistes. La relation amoureuse entre le couple Schumann tout d'abord dont nous connaissons les lettres écrites par des musiciens amoureux de la grande littérature. Ensuite il y a la grande estime entre les deux génies compositeurs et aussi l'amitié ou l'amour inavouable, saura-t-on jamais ?, entre Clara et Johannes.
Tout le beau monde présent sur scène ce dimanche a dû déjouer les embûches d'une acoustique aux effets tournoyants. L'église Saint Remacle n'est pas idéale pour la déclamation mais les comédiens s'en sont fort bien sorti en jouant constamment dans le même registre : voix toujours très timbrée et bien projetée, débit lent et « surarticulé ». Cependant le tout est efficace et colle parfaitement à l'esprit du 19ème siècle. Le texte reste compréhensible jusque dans le fond de l'église à charge du spectateur d'être attentif et de rester accroché aux lèvres des comédiens. Ce fut un plaisir tant Noémie Dujardin campait une très belle Clara, Eric De Staercke adoptait facilement le profil de Johannes Brahms et Vincent Dujardin laissait ressentir les errements de l'âme de Robert Schumann.
Et la musique ? Davin et le choeur de chambre ont une nouvelle fois proposé une prestation à la hauteur de leur réputation. Lied après lied, Davin a tiré du choeur un son ample avec un souci du détail permanent, voulant exprimer chaque mot avec précision (malgré l'acoustique et grâce à des tempi bien choisis!) tout en gardant la fluidité du discours. Notons le court mais néanmoins très beau solo du jeune ténor belge Pierre Derhet.
Les édiles de la ville n'ont d'ailleurs pas manqué de se féliciter d'accueillir chaque année le juillet musical de Saint Hubert !
Si vous avez manqué ce concert à Namur et à Marche-en-famenne, il sera programmé une troisième fois lors du festival de Wallonie, à Stavelot le 4 août à 17h.
Michel Lambert

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