Des pages orchestrales de Verdi par Riccardo Chailly

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Giuseppe VERDI
(1813-1901)
Pages orchestrales de I Vespri Siciliani, Alzira, La Traviata, Il Corsaro, Nabucco, Jérusalem, Giovanna d'Arco, Aida, Macbeth et La forza del destino
Filarmonia della Scala, dir.: Riccardo CHAILLY
2012-DDD-73'55-Textes de présentation en français, anglais, allemand et italien-Decca 478 3559
On se souvient d'un concert à Bruxelles – il y a bien longtemps, ce devait être dans les années 70 – où André Previn, à la fois chef du Royal Philharmonic de Londres et soliste, s'était fait remplacer en dernière minute par deux très jeunes artistes absolument inconnus à l'époque, chez nous du moins: Christian Zacharias et Riccardo Chailly. Le premier nous avait fait entendre un 20e concerto de Mozart qui nous reste encore en mémoire, le second nous avait gratifié en guise de bis d'une ouverture de I vespri siciliani d'une passion rarement entendue. Aujourd'hui, il la grave, ainsi que d'autres pages orchestrales du maître italien, à la tête des musiciens de la Scala de Milan. Force est de constater que la magie n'opère plus guère. Bien sûr, le métier, immense, la compréhension viscérale, absolue, de cette musique sont immédiatement palpables mais que tout est devenu précautionneux et mis en place avec un soin frileux! La phalange elle-même n'apparaît pas sous son meilleur jour, avec des sonorités souvent frustes, pourtant aidée par une prise de son digne des grandes années Decca. La même impression subsiste dans plusieurs autres pages, notamment dans une ouverture de La Forza del Destino particulièrement éteinte. Le rare ballet de Jérusalem est mieux venu, de même que le prélude de La Traviata, d'une grande beauté sonore. Mais, dans l'ensemble, on reste sur sa fin, face à un tel manque passion dans cette musique qui ne peut vivre que par elle. Une déception.
Bernard Postiau

Son 10 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 6

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