Du pur Debussy

par
Debussy

neue leute auf facebook kennenlernenClaude DEBUSSY
(1862 - 1918)
Images pour orchestre–Jeux–La Plus que Lente
Orchestre symphonique de San Francisco, dir. : Michael TILSON THOMAS
DDD–2016–60’ 21’’–Texte de présentation en anglais, français et allemand–SFS Media 821936-0069-2

Écrites par à-coups entre 1905 et 1912, les Images pour orchestre de Claude Debussy ont donné naissance à de multiples enregistrements discographiques, et la plupart des spécialistes s’accordent à dire que les meilleurs d’entre eux ont été dirigés par des chefs français, un peu comme si la splendide et géniale singularité de la musique de l’auteur échappait – ou devait forcément échapper – aux chefs étrangers. Et de citer par exemple Pierre Monteux, Charles Munch ou, bien entendu, Pierre Boulez, souvent considéré comme le debussyste moderne le plus accompli et le plus parfait. C’est là un point de vue fort contestable, et d’autant plus que ses trois illustres maestros ont exécuté Images successivement à la tête des orchestres symphoniques de Boston, de Londres et de Cleveland. Et, en même temps, c’est faire injure à des debussystes aussi talentueux que Leonard Bernstein, Sergiu Celibidache, Bernard Haitink ou Claudio Abbado. Sans oublier l’infatigable Michael Tilson Thomas. En 1971, il avait déjà dirigé Images avec l’Orchestre symphonique de Boston (comme Charles Munch en 1957) pour Deutsche Grammophon, et il récidive cette fois avec l’Orchestre symphonique de San Francisco, dont il est le chef titulaire depuis 1995. Dans son imposante discographie, ce dernier enregistrement mérite d’être placé très haut : il évite les faux vrais (ou les vrais faux) flous artistiques que beaucoup d’interprètes (pianistes y compris) se croient obligés de donner quand ils s’attaquent à Claude Debussy, et se distingue par sa clarté, et même par sa justesse. Des caractéristiques qu’on retrouve aussi dans la direction de Jeux. Michael Tilson Thomas et l’Orchestre symphonique de San Francisco respectent à merveille la grammaire si complexe et si originale de ce magnifique ballet créé en 1913 (par Pierre Monteux !), où toutes les lignes musicales n’arrêtent pas de se briser et de se confondre, d’être comme englouties au milieu de zones impalpables, les unes plus envoûtantes que les autres. Un superbe travail.
Jean-Baptiste Baronian

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