Fazil Say éblouissant dans Debussy et Satie

par http://silentdiscofun.com/

Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, Premier livre – Erik Satie (1866-1925) : Gnossiennes, Gymnopédies. Fazil Say, piano. 2018-DDD-65’48-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Warner-0190295705671

« L'intégrale des sonates pour piano de Mozart par l’enfant terrible du piano que fut l’artiste turc à ses fracassants débuts il y a plus de quinze ans. A-t-il vraiment changé ? Non parce qu’à tout moment il nous réserve des surprises. Oui, parce que chacune de ces surprises nous fait retourner à la partition pour s'avérer d’une pertinence rare, étudiée mais tout autant spontanée et naturelle ». Hommage à Bernadette Beyne qui écrivit ces mots lors des Prix Caecilia 2016 en faveur de l’intégrale des Sonates pour piano de Mozart par le pianiste turc Fazil Say. Cette fois, il s’attaque à des musiques beaucoup plus tardives et indiscutablement différentes sur papier : celles de Debussy et Satie. Le Premier livre des Préludes pour l’un, les Gnossiennes et Gymnopédies pour l’autre. Force est de constater que la surprise est toujours au rendez-vous. En écoutant chacun de ces préludes, l’oreille est saisie par une énergie sans faille qui ne cesse de développer un discours tantôt nerveux et volontiers barbare (« Ce qu’a vu le vent d’ouest ») où les cloches répondent à des formules dans les aigus tonitruantes. C’est époustouflant tant le jeu ressemble à de la matière orchestrale (écoutez aussi les respirations du pianiste, audibles ici, qui accompagnent et démontrent son tempérament fougueux). En même temps, l’écriture géniale de Debussy lorsqu’elle est comprise par son interprète recèle d’innombrables couleurs et dynamiques qu’il n’est pas toujours aisé de produire. Une vraie force rythmique donc chez Fazil Say qui peut vite se transformer en splendide dentelle (« La Fille aux cheveux de lin ») ou en petite drôlerie particulièrement articulée (« Minstrels »). Chez Satie priment le côté suave improvisé de la ligne mélodique et les couleurs de l’harmonie et de ses enchainements surprenants. Entre détente et tension qui ne s’essouffle jamais, on est conquis et convaincu du timbre et des couleurs de Fazil Say, le tout enveloppé d’un jeu de pédales dosé et subtil. Un grand moment à découvrir. Pour conclure, très belle analyse, fouillée et pertinente de Robert Orledge.

Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.