Inoubliable soirée !

par

On n’oubliera certainement pas la prestation de JeongHyoun (Christine) Lee ! Tout commençait si bien : dès le départ, on sent une pensée profonde et une recherche sonore aboutie soulignées par son vibrato, constamment modulé en vitesse et en ampleur.

JeongHyoun (Christine) Lee

À peine entrée dans le monde sonore de Sublimation, l’imposé du compositeur nippon Toshio Hosokawa, elle arracha brutalement deux cordes de son violoncelle. Lors du court interlude suite à la malheureuse aventure des cordes cassées (l’histoire deviendra certainement légendaire), le chef d’orchestre français Stéphane Denève résuma en peu de mots ce qui caractérisa la vision de l’imposé de la candidate : « passionnée et passionnante ». En effet, même après cette courte frayeur qui aura peu affecté le jeu de la Coréenne, son interprétation de Sublimation ne manqua pas de couleurs. Toutefois, la cadence, redoutable pour son utilisation du plectre, souffrait d’un léger manque de précision. Deuxième et dernière candidate présentant le Concerto en la mineur de Robert Schumann, JeongHyoun (Christine) Lee, diplômée du Curtis Institute et de la Julliard School, et depuis peu, étudiante à la Chapelle Reine Élisabeth nous livra une interprétation empreinte d’une belle tendresse mais avec une certaine retenue. À partir du 2ème mouvement, Langsam, Lee communie véritablement avec l’orchestre et démontre ses qualités chambristes, clôturant ensuite sa prestation avec un troisième mouvement Sehr Lebhaft, enjoué et bondissant.

Yuya Okamoto

Aux demi-finales, le jeune Japonais de 22 ans, Yuya Okamoto, avait déjà conquis le public lors de son interprétation du 2e Concerto en Ré Majeur de Haydn. C’est avec tout autant de plaisir que je partage à nouveau mes impressions à propos de cet extraordinaire musicien qui, à travers toute sa prestation finale, a pu à nouveau nous éblouir par sa sobriété, son élégance et sa précision chirurgicale. On aurait toutefois préféré une exécution moins scolaire de la cadence centrale de Sublimation – l’inconfort de l’utilisation d’un plectre handicapant peut-être l’intensité de son jeu. Son interprétation créative était évidente dans l’épisode conclusif de l’imposé : les glissandos en harmoniques ne s’éternisaient pas, mais s’évaporaient naturellement. L’approche reste la même pour sa lecture du Concerto en si mineur de Dvorak : aucun romantisme de mauvais goût, que de l’honnêteté face à la musique. On se délecte devant l’articulation claire de son jeu, ses attaques nettes permettant de passer aisément au-dessus du Brussels Philharmonic. Avec un tel naturel, on croirait même que ce Concerto est facile ! Le troisième mouvement alternant à la fois noblesse triomphante et douceur sublime dans un merveilleux dialogue avec le konzertmeister clôt la soirée. Le public récompense Yuya Okamoto avec une standing ovation méritée et par quelques mouchoirs dissimulant discrètement les traces d’émotions présentes sur les visages, à l’image de sa musique, émotionnelle, mais avec pudeur.
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP
Bozar, le 2 juin 2017

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