Charles Dutoit et Martha Argerich à Monte-Carlo

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L'année commence fort à Monte-Carlo avec la venue de Martha Argerich et Charles Dutoit.  Du fait de la situation pandémique, la jauge étant de moitié, une grande partie des mélomanes monégasques et français n'avaient pas pu assister l'année passée à leur concert avec l’OPMC.  Cette venue sur le Rocher est  l'occasion de fêter à Monaco les 85 ans de Charles Dutoit, et les quatre fois vingt ans de la sublime Martha Argerich. 

Charles Dutoit connait les moindres recoins des oeuvres de Maurice Ravel. Il débute le concert avec le Tombeau de Couperin et sous sa direction l'OPMC donne une splendide performance de ce chef-d'œuvre en dentelle et en finesse :  superbes couleurs, un tempo fluide et bien phrasé avec une dynamique soigneusement contrôlée.

Le Concerto pour piano (dit en sol) de Ravel est un des concertos fétiches d'Argerich. Il est à son répertoire depuis des décennies, mais elle l'interprète toujours avec autant de fraîcheur et d'inventivité. Elle pose ses mains sur le clavier et la magie opère. C'est fulgurant. Tout y est. Le feu, l'élégance, le style, l'âme et le cœur. Au pupitre de l’OPMC, Charles Dutoit dirigeait la première monégasque de l’édition révisée Ravel Edition de ce concerto dont la phalange était co-commanditaire aux côtés de l’Orchestre des Champs-Elysées, de l’Orchestre National d’Auvergne et de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse.  

Après un tonnerre d'applaudissements Martha Argerich donne en bis un extrait des Scènes d'enfants de Schumann et de la Sonate K.141 de Scarlatti. Le public est témoin d'un moment de musique inoubliable.

En raison du grand nombre de musiciens cas-contacts à la Covid-19 au sein de l'orchestre, le programme a dû être modifié. A la place du Sacre du Printemps de Stravinsky, Dutoit a proposé de jouer la Symphonie n°4 de Tchaïkovski. C'est dommage car il a été un des derniers chefs à travailler avec Stravinsky et ses interprétations sont d'habitude magistrales. Tchaïkovski lui va moins bien. Il nous offre une version presque chirurgicale. Elle manque de rondeur et de romantisme. 

Monte Carlo, Auditorium Rainier III, le 9 janvier 2022

Carlo Schreiber

Crédits photographiques : JL Neveu

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