La version orchestrale du Stabat Mater de Rossini par Antonio Pappano

par https://mqamara.com/

Gioachino ROSSINI
(1792-1868)
Petite Messe Solennelle

Marina REBEKA (soprano), Sara MINGARDO (contralto), Francesco MELI (ténor), Alex ESPOSITO (basse), Choeur et Orchestre de l'Académie Sainte-Cécile de Rome, dir.: Antonio PAPPANO
2012-DDD-56'26 et 26'53-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Emi 4 16742 2 (2 cd)
Il ne fait plus aucun doute aujourd'hui que Antonio Pappano est l'un des deux ou trois chefs les plus intéressants et passionnants de notre époque. Même si ses interprétations n'ont pas toujours été inoubliables, il est indéniable qu'il a acquis aujourd'hui une maturité qui lui permet d'aborder chaque oeuvre avec une connaissance profonde et transmet clairement le sentiment qu' il a « quelque chose à dire », ce qu'on ne peut hélas pas dire de la plupart de ses confrères, plus ou moins jeunes que lui. Quoi qu'il en soit, cette Petite Messe Solennelle est une... petite merveille. Il en propose la révision orchestrée de 1867 de préférence à l'original avec accompagnement de deux pianos et d'harmonium, davantage sollicitée par les interprètes. Cette version, que Rossini réalisa probablement pour éviter que « le premier venu ne le fasse après sa mort » (Claire Delamarche), réussit à conserver le sentiment fragile d'humilité et de simplicité apparente qui traversait l'original. Pappano trouve d'emblée des solutions idéales pour concilier le sujet religieux de l'oeuvre et son caractère lyrique et pour rendre également toute l'audace, la subtilité et la ferveur de l'écriture. Il y arrive par une intériorité tenue à bout de bras d'un bout à l'autre de l'ouvrage qui vibre moins par le brillant de ses airs que par une émotion extrême mais toujours retenue. En tout cas, il parvient à nous convaincre qu'il s'agit d'un authentique chef-d'oeuvre, le véritable testament musical du compositeur du Barbier de Séville. Ici règnent la tendresse, l'apaisement mais aussi une ferveur toujours bien vivante. Tous semblent à l'unisson, comme suspendus à l'inspiration du chef pour un résultat d'une grande homogénéité. On ne voit guère de concurrence à ce disque, surtout dans cette mouture de l'oeuvre. Une réussite.
Bernard Postiau
Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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