L'aurore de l'opéra classique

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JOKERChe Puro Ciel
Bejun MEHTA, contre-ténor, Akademie für Alte Musik Berlin, dir.: René JACOBS
Œuvres de GLUCK, MOZART, TRAETTA, HASSE, Jean-Chrétien BACH
2013-69'50-Textes de présentation en français, anglais, allemand-textes en français, allemand, anglais, italien-chanté en italien-Harmonia Mundi HMC 902172
D'entrée, il faut souligner l'engagement, le sérieux et, pour tout dire l'intérêt et le charme de cet enregistrement. Car il nous fait assister à cette grande révolution stylistique que connut le XVIIIe siècle en ces années soixante avec l'émergence d'un « nouvel univers théâtral » comme le conte fort bien Denis Morrier dans sa très bonne présentation. Notamment en remettant à leur place certains préjugés historiques encore tenaces aujourd'hui. Ainsi de cette focalisation excessive de la nouvelle esthétique sur Gluck (1714-1787) et Calzabigi (1714-1795) et leur Orfeo ed Euridice de 1762 alors que Tommaso Traetta (1727-1779) donnait à Vienne Iphigénie (écrite en 1758) puis Armide (1761) et Sofonisba (1762). Trois œuvres dans un mouchoir de poche, à replacer au cours de la longue histoire musicale du monde certes, mais dont s'inspirèrent sans vergogne Calzabigi et Gluck pour leur propre travail commun. Car l'idée flottait dans l'air qui voulait revenir à une certaine épure esthétique. Second motif de satisfaction : en s'en tenant à des œuvres et à des exemples peu connus, mais parfaitement illustratifs de son propos, Bejun Mehta met parfaitement en lumière son propos (et la vérité historique) et comment l'opéra est passé à un nouveau style – qui va de Hasse (1699-1783) et Jean-Chrétien Bach (1735-1782) à Gluck et Mozart. Superbe « leçon » de musicologie, bien actualisée par les recherches les plus récentes.
Enfin, l'intérêt réside -last but not least- dans l'interprétation de ce jeune et talentueux contre-ténor à qui l'on doit déjà chez le même éditeur, deux enregistrements remarqués (« Ombra Cara » consacré à Haendel et un récital de mélodies (Finzi, Vaughan William, Howells, Quilter). Richesse d'un timbre admirablement distribué sur toute la tessiture, en totale osmose avec les instrumentistes de l'Akademie fûr Alte Musik et son chef René Jacobs. Douceur et véhémence expressives, subtil dosage de nuances, phrasé aérien, conduit avec grâce et un goût toujours juste, ravissement au service d'une musicalité de chaque instant. Ornements, trilles, vocalises dans le plus pur style belcantiste. Inutile de multiplier les superlatifs. Ce disque est tout simplement magnifique!
Bénédicte Palaux Simonnet

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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