Le festival de Namur fête son cinquantième anniversaire !

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Bedrich Smetana (1824-1884): « La Moldau »
Johannes Brahms (1833-1897): « Danses hongroises n°1, 5 et 6 »
Franz Liszt (1811-1886): « Rhapsodie hongroise n°3 »
Bela Vavrinecz (1925-2004): « Concerto pour cymbalum »
Georges Enesco (1881-1955): « Rhapsodie roumaine n°1 »
Zoltan Kodaly (1882-1967): « Hary Janos »
Cyril Dupuy (cymbalum), Orchestre Symphonique du Conservatoire Royal de Liège, dir.: Patrick Baton

Ce mercredi 2 juillet, dans son théâtre, Namur a lancé son cinquantième festival musical. Et pour fêter cela, cap sur la vallée du Danube et les Balkans. On l'a donc compris, la musique d'inspiration populaire est au programme. Et ce d'autant plus que l'invité d'honneur du festival de Wallonie n'est autre que Fabrizio Cassol dont la recherche rythmique et de fusion culturelle de son groupe Aka Moon explore la richesse des rythmes asymétriques et autres Aksaks de l'Europe Centrale. Mais la direction du festival a rappelé dans son discours d'ouverture l'importance de tracer un lien entre le monde professionnel et la jeunesse fréquentant les Conservatoires ou les Ecoles Supérieures des Arts. Dans cette optique, c'est l'Orchestre Symphonique du Conservatoire Royal de Liège qui a eu l'honneur d'ouvrir le bal. Il était placé sous la généreuse direction de Patrick Baton. Ils ont proposé un programme équilibré entre des « tubes » et des découvertes. Le début de ce festival propose aussi un focus sur un instrument particulier, emblématique des ensembles tziganes : le cymbalum joué par Cyril Dupuy. Ce dernier nous vient de France. Formé au conservatoire de Strasbourg, il remporte un prix au concours Aladar Racz de Budapest. Artiste reconnu dès l'âge de seize ans, il s'est produit notamment avec Lorin Maazel et le Philharmonique de Vienne. En 2000, il est nommé lauréat Juventus des jeunes solistes européens le propulsant sur les grandes scènes internationales. Sur celle du théâtre de Namur, il nous livre son interprétation du concerto de Bela Vavrinecz (1925-2004). Ce dernier, mort il y a dix ans fut un élève de Zoltan Kodaly. Il excelle dans les musiques de scène et de cinéma, mélodies, musique de chambre et concertos pour divers instruments. Ce concerto transpire la musique tzigane où une introduction lente au thèmes intenses préface des parties de danses endiablées. Cyril Dupuis est une personnalité intéressante, virtuose et sensible, on le sent en recherche de contact avec les jeunes musiciens de l'orchestre qui l'accompagnent. Son jeu est coloré et il montre la gamme infinie de nuances et couleurs possibles sur cet instrument. Le concert se poursuit avec la suite pour orchestre Hary Janos tirée de l'opéra du même nom de Zoltan Kodaly. L'opéra raconte les tribulations d'un hussard de l'Autriche-Hongrie qui régale de ses histoires les clients d'une auberge en contant ses aventures lors des guerres napoléoniennes. Faits d'arme ou conquêtes amoureuses, tout est prétexte à roman pour ce héros. La musique de Kodaly rend à merveille ce propos. Tantôt intense, tantôt burlesque elle nous propose un personnage haut en couleurs. Enfin, la première Rhapsodie roumaine de George Enesco (1881-1955) permet à l'orchestre de conclure ce concert avec verve et de belles envolées ! Patrick Baton revient alors pour deux bis. Tout d'abord le cultissime Bohamian Rhapsody du groupe Queen et son leader Freddy Mercury et une reprise de la non moins cultissime cinquième Danse hongroise de Brahms.
Michel Lambert
T
héâtre Royal de Namur, le 2 juillet 2014

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