Le Journal

Réouverture de la maison Dinu Lipati à Bucarest

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La Maison Dinu Lipatti, qui fait désormais partie du Musée municipal de Bucarest, rouvre ses portes le dimanche 15 septembre 2024 à 19 heures. A cette occasion spéciale, aura lieu un extraordinaire récital hommage marquant les 74 ans du dernier concert donné par Dinu Lipatti, le 16 septembre 1950, à Besançon.

Célébration de la réouverture de la Maison Dinu Lipatti, un lieu chargé d'histoire, qui fait désormais partie du Musée municipal de Bucarest, une institution muséale d'importance nationale. importance et un point de référence pour les communautés culturelles ainsi que pour l'environnement académique et scientifique.

Automne Musical de Spa 2024, concert d'ouverture

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Une des plus grandes interprètes d’Antonio Vivaldi bientôt à Spa pour le concert d’ouverture de l’Automne musical de Spa : la violoniste Amandine Beyer se prépare à faire scintiller la musique du célèbre compositeur vénitien.

Présent sur la scène internationale, depuis le Théâtre des Champs-Elysées de Paris au Oji Hall de Tokyo en passant par le Wigmore Hall de Londres, l’ensemble Gli Incogniti fera une escale à Spa dans le cadre de l’Automne musical de Spa ! Une belle entrée en matière pour ce festival dédié à la musique ancienne, organisé par l’asbl « Musique à Spa ». Programmé le 28 septembre à 20h au Centre culturel de Spa, Gli Incogniti aura le privilège d’inaugurer la 38e édition du festival spadois avec un programme des plus originaux intitulé Le Petit Monde à l’Envers. Ce programme sera exclusivement consacré à deux compositeurs phares de la musique baroque : Antonio Vivaldi et Tomaso Albinoni. C’est un concert extrêmement varié qui sera proposé avec des concertos pour violon, violoncelle, hautbois et orgue. Fougue, folie et curiosité résument le regard novateur de ses fabuleux interprètes apporteront à cette musique devenue si familière pour la plupart des mélomanes. A la direction de l’ensemble composé de 8 musiciens, on retrouvera la célèbre Amandine Beyer qui, en soliste ou avec Gli Incogniti, est saluée à l’unanimité par la critique et récompensée par les plus hautes distinctions. Pour cette merveilleuse interprète, Antonio Vivaldi est un compositeur « de tous les instants... il est là pour nous soutenir, nous faire rêver ». Nul doute qu’Amandine Beyer et Gli Incogniti feront vivre au public une soirée exceptionnelle au rythme de la musique vénitienne passionnée autant qu’exaltée.

Réservations : www.automnemusical.com – Angélique Hordebise (087/77 15 18 du mardi au samedi). Infos : Anne Delooz 0478 25 60 29

Un timbre spécial Arnold Schoenberg

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La Poste autrichienne rend hommage au compositeur Arnold Schönberg en émettant un timbre spécial.
Le timbre, d'une valeur faciale de 1,50 euro, a été tiré à 180.000 exemplaires,. Il représente un portrait de Schönberg réalisé par Richard Gerstl vers 1907 et aujourd'hui exposé au Musée de Vienne.
Les petits-enfants du compositeur, Arnie et Randy Schöneberg, ainsi que la directrice de l'Arnold Schönberg Center à Vienne, Ulrike Anton, ont déjà reçu les premiers exemplaires des timbres des mains de Susanna Hiegesberger, conservatrice des archives philatéliques de la Poste autrichienne.

"Quintette op. 26" d’Arnold Schoenberg, 100 ans

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Le Quintette pour vents op. 26 est une œuvre dodécaphonique. Elle fut écrite entre avril 1923 et juillet 1924.

Elle est écrite pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson. Son écriture est contemporaine du décès de sa première femme, Mathilde, et de son remariage quelques mois plus tard avec Gertrud Kolisch.

Elle est l'une des premières partitions à adopter complètement le dodécaphonisme. Elle est particulièrement virtuose, à tel point que certaines exécutions réclament un chef d'orchestre afin d'harmoniser le tout.
La création en a été faite à Vienne par des membres de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Felix Greissle, gendre du compositeur et dédicataire de l'œuvre, le 13 septembre 1924.
Ce dernier en a fait un arrangement pour violon et piano en 1926.

L'œuvre est composée de quatre parties et son exécution demande un peu moins de trois-quarts d'heure.

Maurice Jarre, 100 ans

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Maurice Jarre est un compositeur français de musiques de scènes et de musiques de films, né le 13 septembre 1924 dans le 5e arrondissement de Lyon et mort le 28 mars 2009 à Malibu (Californie) aux États-Unis.

Maurice Jarre est le fils d'André Jarre, directeur technique de Radio Lyon, rachetée par Pierre Laval, en 1928.

En mars 1946, il épouse France Pejot (1914-2010) résistante appartenant au mouvement Franc-tireur. Leur fils Jean-Michel naît le 24 août 1948. Le couple divorce en 1953.

En 1965, il épouse l'actrice Dany Saval et une fille, Stéfanie Jarre, naît en 1966. Ils divorcent peu après. En 1973, Dany Saval épouse Michel Drucker, lequel élève Stéfanie comme sa propre fille.

Fin 1967, il épouse l'actrice Laura Devon (1931-2007), dont il adoptera le fils, Kevin Jarre (1954-2011). Le couple divorce en 1984.

Enfin, en 1984, il épouse Fui Fong Khong (née en 1955), d'origine chinoise, qui l'accompagne jusqu'à sa mort.

Maurice Jarre s'intéresse assez tard à la musique. Timbalier de formation, Jarre débute à la Compagnie Renaud-Barrault en 1946, formant un duo avec Pierre Boulez (au piano et aux ondes Martenot). Il s'intéresse très vite à la composition.

On lui commande en 1948 sa première musique de scène pour « Le Gardien du Tombeau », de Franz Kafka. Nommé par Jean Vilar, il devient directeur musical du Théâtre nNational Populaire (TNP) durant douze années (1951-1963).

Il compose les mythiques trompettes, la fanfare d'accueil de « Lorenzaccio », qui retentit en juillet lors de chaque représentation du festival d'Avignon dans la cour d'honneur du palais des papes.

Pour le TNP il compose notamment, outre celle de « Lorenzaccio », les musiques de « Richard II », « Macbeth », « Le Prince de Hombourg », « Nucléa », « Meurtre dans la cathédrale », « Don Juan », « Le Médecin malgré lui », « Ruy Blas », « La Découverte du Nouveau-Monde ». Il compose aussi une nouvelle musique de scène pour « Lorenzaccio », cette fois lors de la reprise de cette pièce à la Comédie-Française dans la mise en scène de Franco Zeffirelli.

Son activité de compositeur de musiques de film démarre dans les années 1950 pour des courts métrages (des compositions pour les films de Georges Franju, Jacques Demy, Alain Resnais notamment) puis des longs métrages à partir de 1958 (« La Tête contre les murs » de Georges Franju).

C'est également dans les années 1950, en 1955, qu'est créée une célèbre composition de Maurice Jarre : le tout premier indicatif de la station de radio française Europe 1. Diffusé à la fin des émissions, il marque l'identité sonore de la station.

Sa carrière internationale démarre véritablement en 1962 avec « Lawrence d'Arabie », qui lui vaudra son premier oscar. Ce film scelle la collaboration du réalisateur David Lean avec Jarre.

En 1965, il s'installe en Californie.

Jarre a aussi composé des œuvres de concert et écrit cinq ballets dont « Notre-Dame de Paris » pour l'Opéra de Paris.

Lors du festival de Berlin en février 2009, il reçoit un Ours d'or pour l'ensemble de sa carrière. C'est sa dernière apparition en public.

Il fait partie des rares artistes français à avoir été honorés par une étoile au Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Atteint d'un cancer, il meurt le 28 mars 2009 dans sa villa de Malibu à l'âge de 84 ans9.

L'héritage de Maurice Jarre suscita la controverse. Ses dernières volontés ont été de léguer l'intégralité de sa fortune et de ses droits d'auteurs, hormis ceux détenus par la SACEM, à sa veuve, déshéritant de fait ses trois enfants. Il s'est appuyé sur la loi californienne, puisqu'il était résident américain depuis des décennies. Contrairement à la France, il est possible d'y monter un trust familial et de répartir librement la part de l'héritage. Ses enfants tenteront en vain de casser ses volontés afin de percevoir la réserve héréditaire. Un feuilleton judiciaire s'ensuivra mais les tribunaux valideront les dispositions testamentaires.

Emmanuel Chabrier, 130 ans

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Le compositeur français Emmanuel Chabrier est né le 18 janvier 1841 à Ambert (Puy-de-Dôme) et mort le 13 septembre 1894 à Paris. Il est l'auteur d'œuvres orchestrales comme España ou sa Joyeuse Marche. Il est aussi compositeur de plusieurs opéras, parmi lesquels l'opéra bouffe L'Étoile ou encore Gwendoline (dont l'ouverture est demeurée au répertoire des orchestres). Mais Chabrier est également auteur de pièces pour piano (dont sa Bourrée fantasque) et de mélodies pour une voix et piano (parmi lesquelles son fameux bestiaire de 1889).

Ses créations étaient admirées de nombreux compositeurs tels que Claude Debussy, Maurice Ravel, Erik Satie, Richard Strauss, ou encore Igor Stravinsky ou Darius Milhaud.

Son père, Jean Chabrier, est avocat ; sa mère, Marie-Anna-Evelina Durozay, originaire de Cusset-Vichy. Sa nourrice Anne Delayre (surnommé « Nanine » par Emmanuel Chabrier) est restée proche de lui toute sa vie. Il commence les leçons de musique à 6 ans. Il apprend le piano avec un réfugié carliste espagnol, M. Saporta. Ses compositions les plus anciennes datent de 1849 et sont pour piano. La famille vit alors à Ambert, mais déménage à Clermont-Ferrand en 1852.
À cette époque, Emmanuel Chabrier prépare une carrière dans le droit et étudie au lycée impérial de Clermont-Ferrand de 1852 à 1856. En parallèle, il continue de prendre des leçons de musique théorique et pratique le violon avec Alexandre Tarnowski, un compositeur polonais et violoniste. Le père d'Emmanuel s'oppose toutefois à une carrière musicale.

La famille quitte Clermont-Ferrand pour Paris. Il rejoint le lycée Saint-Louis en 1856 et prend des leçons de piano avec Édouard Wolff et de composition avec Théophile Semet, puis Aristide Hignard. Une pièce de piano de cette période, que le jeune homme coiffe du titre Le Scalp (1861), sera modifiée et rebaptisée pour devenir la Marche des Cipayes (1863). Le jeune Emmanuel est bachelier le 4 novembre 1858. Il passe sa licence de droit en 1861.

Ami de Verlaine dès ses 20 ans, Emmanuel Chabrier écrit dans son exemplaire de « Jadis et Naguère » (édition 1891) : « Pendant deux ou trois ans, 1860 à 1863, rue Lecluze, aux Batignolles, j'allais dîner chez Mme Verlaine presque tous les samedis ». Verlaine parle de ces soirées dans un sonnet publié dans « Amour ».

À partir de 1862, Chabrier travaille au ministère de l'Intérieur à Paris. Le 29 octobre 1863, il devient expéditionnaire au bureau des ampliations.
Il épouse Alice Dejean (fille d'un architecte) le 27 décembre 1873.
Il fréquente les écrivains Émile Zola et Alphonse Daudet, avec qui il entretient une grande amitié. Il fréquente également les peintres Auguste Renoir, Claude Monet, Édouard Manet dont il est un fidèle admirateur et à qui il achète de nombreuses toiles, dont certaines sont aujourd'hui exposées dans de grands musées.

Tristan und Isolde de Richard Wagner, « qu'il entend en 1879 à Munich, le bouleverse ». En 1880, il choisit de se consacrer entièrement à la musique. « À partir de 1883, il passe chaque année plusieurs mois chez sa belle-mère, à La Membrolle, près de Tours, où il composera la majeure partie de son œuvre pendant les dix années qui lui restent à vivre ».

Dans ses dernières années, à partir de 1890, Chabrier connaît des problèmes financiers de plus en plus importants, causés par la faillite de ses banquiers. Sa santé se dégrade et il entre en phase terminale de la syphilis, le rendant irritable et dépressif. En 1891, le décès de sa nourrice bien aimée « Nanine » l'affecte profondément. Il devient obsédé par la composition de son opéra Briséïs, inspiré par une tragédie de Goethe et par le style musical de Wagner, mais il n'en terminera que le premier acte.

À Paris, son opéra Gwendoline est enfin donné en France pour la première fois, en décembre 1893. Il ne reconnaît pas sa musique et l'applaudit à tout rompre, ne comprenant pas que les applaudissements s'adressent à lui.

Il meurt prématurément le 13 septembre 1894, à Paris, de paralysie générale. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.
En 1942 un timbre est émis par l'administration des Postes de l’État Français à son effigie, gravé par Achille Ouvré.

Le style d'Emmanuel Chabrier est très varié : harmonies wagnériennes (Gwendoline), légèreté mélodique (Duo de l'ouvreuse de l'Opéra-Comique et de l'employé du Bon Marché), inspirations folkloriques (Les Plus Jolies Chansons du pays de France), pastiche (Ballade des gros dindons), etc.

En 1882, Chabrier se rend en Espagne. Ce voyage lui inspire sa plus célèbre œuvre, la rhapsodie pour orchestre España (1883), mélange d'airs populaires et de créations de son imagination. À en croire son ami Henri Duparc, cette composition affirmait un style personnel, riche et très coloré. La femme d'Auguste Renoir écrit : « Un jour, Chabrier vint, et joua España pour moi. Ce fut comme si un ouragan avait été libéré. Il battait et battait encore le clavier. Une foule s'était réunie dans la rue et écoutait, fascinée. Quand Chabrier atteignit les formidables derniers accords, je me jurai à moi-même de ne jamais plus toucher un piano. Il avait d'ailleurs cassé plusieurs cordes, et mis le piano complètement hors d'usage. » Joyeuse Marche, un arrangement de sa pièce pour piano, et Dix pièces pittoresques comptent également parmi ses œuvres les plus connues, de même que la mélodie Les Cigales (1889). Ses compositions influencèrent de nombreux compositeurs français, notamment Maurice Ravel et Francis Poulenc.

Partageant avec les Parnassiens un humour dans sa vision critique de la société, Chabrier disait de lui-même : « Je rythme ma musique avec mes sabots d'Auvergnat ». Au contraire de George Onslow, Chabrier ne fut cependant pas attaché à l'Auvergne et ne s'impliqua d'aucune façon dans la vie culturelle de cette région qu'il quitta très tôt pour s'installer à Paris, même s'il présida l'association « La Soupe aux choux d'Auvergne », qui se réunissait régulièrement à Paris.

Arnold Schönberg, 150 ans

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Arnold Schönberg, ou Arnold Schoenberg est un compositeur, peintre et théoricien autrichien né le 13 septembre 18743 à Vienne, et mort le 13 juillet 1951 à Los Angeles. Deux siècles après Jean-Sébastien Bach et Jean-Philippe Rameau, qui avaient posé les fondements de la musique tonale, il chercha à émanciper la musique de la tonalité et inventa le dodécaphonisme, qui aura une influence marquante sur une part de la musique du XXe siècle.

Arnold Schönberg est né au sein d’une famille juive ashkénaze de la classe moyenne à Leopoldstadt à Vienne (anciennement un ghetto juif). Son père Samuel, né à Szécsény en Hongrie, qui déménagea à Pozsony (en français Presbourg, faisant alors partie du Royaume de Hongrie, aujourd'hui Bratislava en Slovaquie) puis à Vienne, était propriétaire d'un magasin de chaussures et sa mère, Pauline Schönberg (née Nachod), native de Prague, enseignait le piano.

Il fut avant tout autodidacte. Il reçut uniquement des leçons de contrepoint de celui qui devint son premier beau-frère, le compositeur Alexander von Zemlinsky. Il fonda avec ses élèves Alban Berg et Anton Webern la Seconde école de Vienne, avant de s'installer à Berlin pour y enseigner la musique. Pédagogue et théoricien de réputation mondiale, Schönberg eut pour autres élèves notamment Hanns Eisler, Egon Wellesz, Otto Klemperer, Theodor Adorno, Viktor Ullmann, Winfried Zillig, Nikos Skalkottas, Josef Rufer, Roberto Gerhard et John Cage avec lequel il entretenait une relation très amicale.

Après des œuvres qui procèdent de son admiration pour Richard Wagner et Richard Strauss, dont il a assimilé l'art avec une prodigieuse maîtrise (La Nuit transfigurée, pour sextuor à cordes, 1899 ; les Gurrelieder, cantate profane en deux parties pour chœurs, solistes et grand orchestre, 1900-1911 ; le Quatuor à cordes no 1, 1905), il élimine au terme d'une profonde évolution -dont les étapes principales sont le Quatuor à cordes no 2, 1908, avec sa partie pour soprano dans le dernier mouvement, sur un poème approprié de Stefan George affirmant « je respire l'air d'autres planètes » ; les Cinq Pièces pour orchestre, 1909 ; les Six petites pièces pour piano, 1911- les relations tonales et élabore le mode de déclamation du « Sprechgesang » (« chant parlé ») avec Pierrot lunaire pour soprano et cinq instruments solistes en 1912. Cette composition l'établit définitivement en tête des compositeurs les plus influents de son temps. Igor Stravinsky (Trois poésies de la lyrique japonaise) et Maurice Ravel (Trois poèmes de Mallarmé) l'imitent, Darius Milhaud le fait jouer à Paris et Ernest Ansermet à Zurich, tandis que l'Europe musicale se divise en atonalistes et anti-atonalistes. Ces derniers perturbèrent le concert du 31 mars 1913 (qui fut appelé par la suite « Skandalkonzert ») qui ne put aller à son terme. La première audition du Sacre du Printemps de Stravinsky, à Paris, en mai de la même année, donna lieu à une « bataille » tout aussi célèbre (comme l'avait été celle d'Hernani, drame de Victor Hugo, en 1830). Certains opposants demandèrent également le renvoi de Schönberg de sa chaire de professeur.

Patriote autrichien dans l'âme (et plus tard nostalgique de l'empire des Habsbourg), il se porte, malgré son âge relativement avancé, volontaire durant la Première Guerre mondiale et sert à l'arrière. Cet engagement lui vaudra l'animosité de Claude Debussy, tout aussi patriote que lui, mais du bord opposé.

Recherchant de plus en plus le systématisme de la construction musicale dans l'esprit du classicisme du XVIIIe siècle, tel que synthétisé par Johannes Brahms, mais dans une expression moderne -il s'agit donc d'une double transcendance de l'esprit bacho-mozartien, car c'est finalement dans le « conservateur » Brahms que Schönberg reconnaît le véritable novateur- il inaugure en 1923 une technique de composition fondée sur la notion de série qui le place à l’avant-garde du mouvement musical : Suite pour piano (1923), Quatuor à cordes nº 3 (1927), Variations pour orchestre (1928), Moses und Aron (Moïse et Aaron, opéra inachevé, 1930-1932). Durant un séjour à Barcelone en 1929 où il vit dans le quartier de Vallcarca près du parc Güell, il compose le premier des deux Morceaux pour piano, op. 33a.

Après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne et avec la promulgation de la « Loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933 », Schönberg doit démissionner de ses activités, notamment des classes de composition qu'il donne à l'Académie prussienne des arts. Considéré par le régime nazi comme « dégénéré », il est contraint de quitter l'Allemagne.
En 1938, il fait l'objet d'une section entière (intitulée « Schönberg et les théoriciens de l'atonalité ») au sein de l'exposition Musique dégénérée, organisée à Düsseldorf par les partisans d'Alfred Rosenberg. Dans le catalogue de l'exposition qui paraît la même année, le commissaire de l'exposition Hans Severus Ziegler écrit : « L’atonalité, en tant que résultat de la destruction de la tonalité, représente un exemple de dégénérescence et de bolchevisme artistique. Étant donné, de plus, que l’atonalité trouve ses fondements dans les cours d’harmonie du Juif Arnold Schönberg, je la considère comme le produit de l’esprit juif ».

En 1933, après un court séjour en France, Schönberg est à New York, ainsi qu'à Boston où il enseigne au Malkin Conservatory. Une année plus tard, il déménage et s'établit définitivement à Los Angeles où il développe un dodécaphonisme « classique » : Concerto pour violon (1936), Ode to Napoleon Bonaparte pour baryton, Quatuor à cordes et piano (1942), Concerto pour piano (idem), Trio pour cordes (1946), Un survivant de Varsovie (oratorio dramatique, 1947).

En 1944, il est mis à la retraite par l'Université de Californie où il enseignait depuis 1936, ce qui le pousse à donner des cours particuliers. En parallèle, il écrit des œuvres qui démontrent son intérêt pour un retour à une forme de tonalité : achèvement de la Seconde « Symphonie de chambre » (Kammersinfonie, commencée en 1906, terminée en 1939), composition d'œuvres vocales d'inspiration religieuse juive (Kol Nidre 1938, Psaume 130 et Psaume moderne (moderner Psalm, 1950).

Le 2 août 1946, le compositeur faillit mourir d'un arrêt cardiaque à la suite d'une violente crise d'asthme et s'en sort grâce à une injection médicamenteuse.

Vivant dans un certain dénuement, Schönberg continue d'enseigner jusqu'à sa mort. C'est à des mécènes comme Elizabeth Sprague Coolidge et à des musiciens comme Leopold Stokowski, le pianiste Eduard Steuermann ou encore le violoniste et beau-frère du compositeur Rudolf Kolisch que nous devons les commandes de la plupart de ses œuvres de la période américaine.

Bien qu'installé à seulement à quelques pâtés de maisons de Stravinsky, Schönberg, qui le détestait car il le jugeait futile, refusait obstinément de le voir ou même d'entendre parler de lui. Stravinsky le lui rendait bien, mais ne s'opposa plus à ses théories après sa mort, et sut lui rendre hommage.

Clara Wieck, 205 ans

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Clara Schumann, née Clara Wieck le 13 septembre 1819 à Leipzig et morte le 20 mai 1896 à Francfort-sur-le-Main, est une pianiste et compositrice allemande. Considérée comme l'une des plus grandes pianistes de l’époque romantique, elle compose des concertos pour piano et de la musique de chambre.

Elle est l’épouse du compositeur romantique Robert Schumann et le couple est très proche de Johannes Brahms. Elle est la première à avoir interprété les œuvres de son mari et celles de Brahms, et elle se produit également auprès du violoniste Joseph Joachim.

À l’âge de onze ans, elle commence à partir en tournée. Sa carrière internationale se poursuit pendant 61 ans.

En 1878, elle intègre le Conservatoire Hoch de Francfort comme professeure de piano.

Après le départ de sa mère en 1824, son père, Friedrich Wieck, célèbre professeur de piano, travaille à faire d'elle une concertiste prodige. Il lui enseigne un répertoire tape-à-l’œil, correspondant à un style contemporain, des pièces appartenant à Kalkbrenner, Henselt, Thalberg, Herz, mais dans ses créations elle s’inspire de compositeurs baroques tels que Scarlatti ou Bach.

Sa demi-sœur, Marie Wieck, est également pianiste et compositrice.

À six ans, elle donne son premier concert auprès d'Émilie Reichhold, une pianiste très réputée, et rencontre son premier succès.

En 1827, l'année de ses huit ans, elle rencontre Robert Schumann qui étudie auprès de son père et est âgé de dix-sept ans. À l'âge de seize ans, elle s'éprend de lui. Celui-ci demande sa main à son père lorsque la jeune fille atteint sa 18e année, mais Friedrich Wieck s'oppose vigoureusement à leur mariage. Les amoureux sont séparés de force, mais communiquent par le biais d'amis et de messages musicaux dans les concerts de Clara Schumann. Le mariage est finalement célébré en 1840 à Schönefeld en exécution d'une décision judiciaire. Huit enfants vont naître de leur union, ce qui ralentit fortement le parcours musical de Clara Schumann.

Première interprète des œuvres de son mari, elle fait connaître et apprécier sa musique dont, selon ce dernier, elle est alors la seule à bien comprendre les délicatesses. Clara Schumann est elle-même la compositrice d'une quarantaine d'œuvres, mais elle néglige en partie la composition au profit du piano et de son rôle de maîtresse de maison. En tant que pianiste, elle est considérée comme l'une des plus grandes pianistes du XIXe siècle.

En 1854, Robert Schumann est interné à l'asile pour aliénés du Dr Richarz, près de Bonn. Veuve en 1856, Clara Schumann devient l'amie, la conseillère et l'inspiratrice de Johannes Brahms, mais elle affirme désormais que ses seuls moments de bonheur sont ceux où elle joue ou écoute la musique de son mari disparu.

De son vivant, Clara Schumann est reconnue à travers le monde. Elle se lance dans des tournées en Angleterre, en France, en Russie jusqu'en 1891, date de son dernier concert. Entre 1831 et 1889, elle réalise plus de 1 300 performances dans toute l’Europe. Elle passe une grande partie de sa vie à interpréter les œuvres de son mari, de Brahms, Chopin et Mendelssohn.

En 1831, elle se produit au Gewandhaus de Leipzig, où elle est remarquée par les grandes personnalités et compositeurs de l'époque comme Goethe ou Chopin.

Sa plus grande période de production a lieu après la mort de son mari, entre 1856 et 1873. En 1865 elle est applaudie pour son interprétation du Concerto de piano en sol de Beethoven, en Grande-Bretagne.

À la fin de sa vie, elle accompagne des vocalises et récitals au piano.

Son travail de composition est moins important que son travail d’interprétation et de transcription en tant que pianiste, alors qu'elle semble posséder facilité et sensibilité vis-à-vis de la création. De 11 à 29 ans, elle compose une à huit pièces par an. Sa rencontre avec Brahms en 1853 a stimulé sa créativité. En effet, cette année-là, elle compose 16 morceaux, qui seront publiés un an plus tard.

Les 43 années suivantes seront dédiées à la transcription au piano des travaux de son défunt mari et de Brahms.

Elle enseigne par ailleurs le piano au Conservatoire Hoch de Francfort de 1878 à 1892. Elle est reçue dans le salon de la Landgravine de Hesse-Cassel, nièce de l'Empereur, mélomane et musicienne au talent reconnu.

La dernière année de sa vie, elle réalise plusieurs ébauches de préludes au piano pour ses étudiants mais la plupart demeurent incomplètes.

Elle meurt le 20 mai 1896, ayant enduré vers la fin de sa vie des problèmes de surdité. Elle est enterrée aux côtés de son mari au Vieux-Cimetière de Bonn.

La majeure partie des compositions de Clara Schumann n’a jamais été jouée de son vivant, puis l’artiste a été effacée des mémoires jusqu’en 1970. Depuis, ses œuvres sont activement retravaillées et enregistrées.

Concours Georges Enescu 2024

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Le Japonais Yo Kitamura est le lauréat de la 19ème édition du Concours International George Enescu, section violoncelle, à l'issue d'une finale au cours de laquelle il a interprété le Concerto en si mineur pour violoncelle et orchestre op. 104 de Dvořák, accompagné del'Orchestre national de la radio , dirigé par Jonathan Bloxham. 

Le Jury de la section violoncelle de la 19e édition du Concours était composé des violoncellistes Arto Noras (Président), Leonid Gorokhov, Meehae Ryo, Valentin Răduţiu, Marin Cazacu, Enrico Dindo et Dan Prelipcean , ainsi que Charlotte. Lee, l'un des 14 principaux dirigeants d'artistes et Raimund Trenkler, violoncelliste et président du conseil d'administration de la Fondation Kronberg Academy.

Musikfest Berlin fait revivre la figure de la compositrice américaine Ruth Crawford Seeger

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Pendant trois jours, Musikfest Berlin a prévu trois concerts pour faire revivre la figure de la compositrice américaine Ruth Crawford Seeger.

Née en 1901 dans l'Ohio, elle a développé son activité de composition dans une perspective d'entnomusicologie. Ruth Crawford Seeger grandit en Floride mais se forme au Conservatoire de Chicago, où elle apprend la composition et la théorie musicale auprès d'Adolf Weidig qui sera le mécène de ses premières compositions, comme ses Préludes pour piano de 1924 et sa Sonate pour violon et piano de 1926.

Grâce à une bourse de la Fondation Guggeheim, il a pu passer quelque temps en Europe, où elle est entrée en contact avec des compositeurs de renom tels que Bela Bartók, Alban Berg et Arnold Schönberg. Son activité de compositrice est généralement divisée en deux grandes périodes : l'une, de 1924 à 1929, marquée par l'influence de Scriabine, au cours de laquelle elle expérimente l'atonalité ; et l'autre, de 1930 à 1933, au cours de laquelle elle participe à la musique sérielle. C'est précisément de cette seconde période que date l'une de ses œuvres les plus répandues, le Quatuor à cordes de 1931, « anticipant la musique d'avant-garde de l'après-guerre », selon les termes d'Alex Ross, dans son célèbre livre "The Eternal Noise".

Après 1932, date de sa rencontre avec le musicologue Charles Seeger, qui allait devenir son mari, l'activité de composition de Ruth Crawford décline au profit de son activité ethnomusicologique. En fait, après 1933, une seule composition est documentée dans son catalogue, Rissolty Rossolty, qu'elle qualifie elle-même de « fantaisie américaine pour orchestre » et qui a été écrite pour un programme éducatif de CBS.

En effet, Ruth Crawford Seeger s'est fait un nom en tant qu'experte de la musique populaire et folklorique sous les latitudes nord-américaines, collaborant avec le spécialiste Alan Lomax à deux importantes anthologies parues dans les années 1940 ("Our Singing Country", 1941, et "Folk Song : USA", 1947).

Ruth Crawford Seege a également participé à la fondation de la Société internationale pour la musique contemporaine.

En 1952, un an avant sa mort des suites d'un cancer, Ruth Crawford Seeger reprend son activité de compositrice avec la Suite pour quintette à vent. Alex Ross, déjà cité, n'hésite pas à qualifier Ruth Crawford de « l'un des rares grands compositeurs de la première moitié du XXe siècle ».

Les concerts des œuvres de Ruth Crawford Seeger au Musikfest Berlin auront lieu les 13, 14 et 15 septembre et seront dirigés par l'Ensemble Modern, sous la baguette de David Niemann, accompagné de divers solistes.