Plus de la moitié des musiciens britanniques ne partent plus en tournée dans l'Union européenne, ont révélé les médias britanniques.Une enquête menée par le syndicat des musiciens a révélé que 59 % de leurs membres et de la communauté musicale au sens large ne considèrent plus les tournées en Europe comme financièrement viables.
Anton Bruckner, né le et mort le , est un compositeur et organiste autrichien. Figure éminente du romantisme allemand, il rencontre Richard Wagner en , ce qui influença la composition de sa 3e symphonie. Sa musique polyphonique et théologique, à l'orchestration par blocs différenciés à partir d'une cellule de base, fut desservie par la critique et un auditoire viennois acquis à la musique de Brahms. Musicien longtemps incompris, mais défendu par Gustav Mahler et Hugo Wolf, le « maître de Saint-Florian » est devenu aujourd'hui un pilier du répertoire symphonique des programmes de concerts.
Perfectionniste, Bruckner composa différentes versions et éditions de ses symphonies. Pédagogue exigeant quoique considéré comme dévot naïf, le compositeur sut exploiter la grandeur de la forme symphonique en poursuivant l'œuvre de Ludwig van Beethoven, forme qui servit sa foi, la majestueuse Symphonie no 9 inachevée étant dédiée à Dieu.
Josef Anton Bruckner était le premier enfant d'Anton, maître d'école (donc, par le fait même, Kapellmeister) et de son épouse Thérèse Helm. Très vite ses parents se rendirent compte des dons musicaux de l'enfant qui, à l'âge de dix ans, était en mesure de remplacer son père à l'orgue paroissial. Ses parents l'envoyèrent compléter sa formation musicale auprès d'un cousin, Johann Baptist Weiß, qui, pendant près de deux ans, l'initia à la théorie musicale, l'harmonie et l'orgue. Bruckner s'essayait déjà à cette époque à l'improvisation sur l'orgue.
En 1837 son père mourut et il fut conduit par sa mère à l'Abbaye de Saint-Florian. Le jeune garçon passa trois ans dans ce havre de paix, et ces trois années le marquèrent par la vie de piété et d'humilité. Il y reçut principalement une solide formation générale et musicale au sein du chœur de garçons Sankt Florianer Sängerknaben. Il prépara ensuite le concours d'entrée à l'École normale de Linz. Il y fut admis et obtint le diplôme d'instituteur adjoint en 1841.
En 1843 il fut nommé à un poste près de l'Abbaye de Saint-Florian, et put ainsi approfondir ses connaissances auprès de Hans Schläger pour les chœurs, et de Leopold von Zenetti pour les claviers. En 1845 il fut nommé instituteur titulaire.
Cette nomination obtenue, il devint assistant à l'école paroissiale de Saint-Florian de 1845 à 1855, où il continua à parfaire ses connaissances musicales auprès de Schläger et de Zenetti.
Durant cette période il composa une trentaine d'œuvres destinées aux célébrations liturgiques, notamment deux requiems, quatre messes, dont la Missa solemnis pour l'installation en 1854 du nouvel abbé Friedrich Mayer, deux psaumes, un Magnificat, quatre cantates pour la fête du nom, un Libera me, une vingtaine d'autres motets, ainsi qu'une vingtaine d’œuvres chorales profanes, et quelques compositions pour le piano et l'orgue. En 1851 il remplaça Anton Kattinger en tant qu'organiste titulaire de Saint-Florian.
En 1855 il obtint le diplôme d'instituteur de l'enseignement primaire. Il se rendit à Vienne et présenta à l'organiste renommé Simon Sechter la Missa solemnis qu'il avait composée l'année précédente. Sechter reconnut les qualités de l'œuvre et accepta de prendre Bruckner comme élève. Bruckner réussit cette même année, grâce à une improvisation, le concours d'admission au poste d'organiste à l'ancienne cathédrale de Linz
De 1861 à 1863 Bruckner poursuivit ses études avec le chef d’orchestre d’opéra Otto Kitzler, qui l'initia à la musique de Richard Wagner. En 1862 il composa la Cantate festive Preiset den Herrn pour la pose de la première pierre du Maria-Empfängnis-Dom de Linz. En 1862 Kitzler lui demanda de composer, en guise d'exercice, le Quatuor à cordes, les quatre petites pièces pour orchestre et l'Ouverture en sol mineur et en 1863 le Psaume 112 pour double chœur et orchestre. Durant cette période Bruckner composa aussi quelques pièces vocales profanes, dont les esquisses du Germanenzug, qu'il termina l'année suivante5. La révélation du désir de composer de Bruckner lui vint en 1863 lorsqu'il assista à une représentation du Tannhäuser de Wagner, qui lui inspira la composition cette même année de sa première Symphonie en fa mineur. Kitzler ne la trouva cependant pas très originale.
Il composa ensuite, coup sur coup, les messes en ré mineur (1864) et en mi mineur (1866), la 1e Symphonie en ut mineur (1866), la Messe en fa mineur (1868) et la Symphonie en ré mineur (1869), qu'il renia ensuite, l'estimant insuffisante. Il nota sur sa page de garde annuliert (annulée) avec le sigle Ø, ce qui la fit ultérieurement appeler Die Nullte, la symphonie numéro zéro.
En octobre 1868 Bruckner sollicita un poste de professeur d'orgue, d'harmonie et de contrepoint au Conservatoire de Vienne où il remplaça son ancien professeur Sechter, décédé. Les jeunes Hans Rott et Gustav Mahler, notamment, furent ses élèves. En 1869, Bruckner fut invité en France pour l'inauguration de l'orgue Merklin & Schütze de la basilique Saint-Epvre à Nancy ; il enchanta les constructeurs de l'orgue, qui l'invitèrent à jouer à Notre-Dame. Il eut parmi son public des compositeurs tels que Franck, Saint-Saëns, Gounod, qu'il impressionna avec ses fugues improvisées. « Auparavant, on n'avait jamais rien entendu de semblable », affirme l'organiste Émile Lamberg. Deux ans plus tard il eut l'occasion de se faire entendre à Londres sur l'orgue géant du Royal Albert Hall. En 1872 il termina sa 2e Symphonie en ut mineur, en fait la quatrième qu'il ait composée.
Bruckner, alors proche de la cinquantaine, était encore méconnu comme compositeur et, à la suite de la dédicace de sa 3e Symphonie à Wagner, il dut faire face à l'opposition farouche d'Eduard Hanslick, célèbre critique musical viennois opposé, avec Brahms, à l'école wagnérienne. En 1879 il composa un quintette à cordes, sa seule œuvre de musique de chambre avec le quatuor à cordes composé en 1862 et le bref Abendklänge pour violon et piano composé en 1866.
Bruckner connut son premier triomphe viennois en 1881 avec la 4e Symphonie « Romantique », sous la direction de Hans Richter. La consécration internationale n'arriva cependant qu'avec la 7e Symphonie, la seule avec la 6e qu'il ait jamais remaniée. Elle a été créée à Leipzig en 1884.
En 1886 Bruckner connut à nouveau le succès avec le Te Deum que même Hanslick admira. En 1890 il fut reçu par l'Empereur en remerciement de sa dédicace de la 8e Symphonie, l'une des plus longues de son répertoire. Malheureusement la santé déclinante du compositeur vint ternir ce début de gloire.
En 1892 Bruckner alla une nouvelle fois à Bayreuth se recueillir sur la tombe de Wagner. Il eut encore l'occasion de se rendre à Berlin en 1894 pour des représentations de ses œuvres, et sa 9e Symphonie demeura inachevée.
Anton Bruckner s'est éteint à Vienne le . Il repose à l'entrée de la basilique de Saint-Florian, sous le grand orgue. C'est au cours des travaux de terrassement entrepris pour construire la crypte que l'on a découvert six cents crânes provenant sans doute d'un champ de bataille de l'époque des Huns. Ainsi, les crânes minutieusement alignés semblent admirer celui que l'on a surnommé le Ménestrel de Dieu.
Certains aspects du langage musical formel de Bruckner sont peut-être à mettre en relation avec la décompensation de sa névrose obsessionnelle survenue en et qui nécessita trois mois de cure. Nous dirions aujourd'hui qu'il s'agissait de TOC, consistant en comptomanie : dénombrer les feuilles des arbres, les pavés de la chaussée, les fenêtres des immeubles et les perles des colliers des dames. Jusque dans son grand âge il grimpait au sommet des clochers pour analyser les positions respectives de la croix, du paratonnerre et de la pomme, élément de décoration des églises autrichiennes.
Les procédés de composition de Bruckner poussent à l'extrême la logique mathématique de l'écriture musicale : ainsi, il introduit dans la symphonie le trithématisme (au lieu des deux thèmes habituels de la forme sonate), le silence comme moyen d'isoler les thèmes musicaux, si bien que l'agencement des thèmes musicaux d'une symphonie de Bruckner peut être facilement rendu par des tableaux. Cet agencement illustre les propriétés de la relation « R », qui permet de classer tous les éléments de la chaîne parlée chez l'obsessionnel (selon Charles Melman) : réflexivité qui tient au caractère cyclique du thème initial qui vient immanquablement conclure le mouvement : A–R–A ; antisymétrie : la succession des thèmes se fait A–R–B puis B–R–C, jamais en sens inverse (quelques exceptions ultérieures comme le renversement et le parcours à rebours des thèmes dans le quatrième mouvement de la septième symphonie) ; enfin transitivité : après la succession des thèmes A–R–B et B–R–C survient l'enchaînement A–R–C. Peuvent témoigner également de cette composante obsessionnelle les difficultés de comptage de ses symphonies, le travail de révision incessant permettant d'inventorier dix-sept versions, enfin la difficulté d'achever la 9e Symphonie en laissant en suspens pendant deux ans le dernier mouvement, impossibilité qu'un critique aussi averti qu'Harry Halbreich attribue à la saturation des possibilités du système mathématique d'écriture musicale élaboré par Bruckner.
Juan Bautista José Cabanilles, baptisé le 6 septembre 1644 à Algemesí (province de Valence) et mort le 29 avril 1712 à Valence, est un organiste et compositeur espagnol.
Cabanilles commença sa carrière de musicien probablement comme choriste de l'église de sa ville natale. Par la suite, il reçut l'instruction nécessaire à la prêtrise à la cathédrale de Valence, qui incluait une formation musicale.
Le 15 mai 1665, alors âgé de 20 ans, il fut nommé organiste suppléant de la cathédrale. Un an plus tard, le titulaire étant décédé, il reçut sa charge. Il fut ordonné prêtre le 22 septembre 1668. Il exerça sa fonction d'organiste pendant 45 ans mais, à partir de 1703, fut assisté et souvent remplacé pour des raisons de santé. De 1675 à 1677 il fut aussi responsable de la formation des jeunes choristes de la cathédrale. Avec Pedro de Araújo, il représente l'école ibérique ancienne.
Cabanilles est considéré comme un des grands compositeurs espagnols. De nombreuses œuvres sont des pièces de virtuosité et de conception audacieuse.
La plus grande partie de ses manuscrits est conservée à la Bibliothèque nationale de Catalogne.
Parmi les œuvres parvenues jusqu'à nous :
- de nombreuses pièces pour orgue : tientos, toccatas, passacailles, paseos, etc., dont la fameuse Batalla I Imperial « de cinquè to », aussi attribuée à Johann Kaspar Kerll.
- des pièces vocales, dont certaines à 13 voix, ainsi que Mortales que amáis, un des sommets de l'art doloriste polyphonique.
Le grand chef d’orchestre américain vient de fêter ses 80 ans. A cette occasion, Sony classical a compilé dans une playlist, la totalité de ses enregistrements pour RCA. La somme est vertigineuse : 923 pistes et plus de 80 heures de musique.
On retrouve le chef au pupitre des orchestres de St-Louis et de Washington dont il assura la direction musicale, mais aussi avec des phalanges dont il est proche le London Philharmonic Orchestra, le Philharmonia Orchestra ou encore l’Orchestre national de France.
Au niveau du répertoire : de la musique américaine (Barber, Copland, Corigliano, Schuman) mais aussi beaucoup de musique russe ou anglaise : des intégrales Tchaïkovski ou Vaughan-WIlliams et même deux opéras : Roméo et Juliette de Gounod et la Fanciulla del west de Puccini. Mais aussi du Dukas, du Ginastera, du Stravinsky et tant de merveilles !
En résumé, que du bonheur musical à retrouver sur les plateformes digitales !
Six villes belges candidates au titre de Capitale européenne de la Culture 2030
Après Anvers (1993), Bruxelles (2000), Bruges (2002) et Mons (2015), six villes ont posé leur candidature pour espérer porter, à leur tour, le prestigieux titre. Se sont présentées Namur, Molenbeek, Gand, Louvain, Courtrai et encore une fois, Bruges.
Les 21, 22 et 23 octobre, les candidates présenteront leur dossier devant des experts internationaux à la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) à Bruxelles.
Les finalistes seront annoncées par le président du jury le 24 octobre prochain. L’objectif de ce concours est d’accroître la visibilité internationale des villes européennes, en mettant en lumière leur richesse culturelle et leur diversité.
L’Opéra Royal de Wallonie-Liège nominé aux International Opera Awards 2024
Ce lundi 2 septembre, le magazine Opera a publié la shortlist des nominations pour l’édition 2024 des International Opera Awards.
Pour la première fois de son histoire, l’Opéra Royal de Wallonie-Liège est l’une des six Maisons d’opéra nominées dans la catégorie Opera Company.
Cette nomination par un jury de professionnels du monde de l’opéra constitue une reconnaissance du haut niveau de qualité des productions
Le contre-ténor Maximiliano Danta remporte le 15e concours Cesti d'Innsbruck
Le contre-ténor uruguayen Maximiliano Danta a remporté le 15e concours de chant d'Innsbruck pour l'opéra baroque « Pietro Antonio Cesti ». La deuxième place a été remportée par la soprano chinoise Jiayu Jin. La troisième place est revenue à la mezzo-soprano française Brenda Poupard. Le contre-ténor Pelka Vojtech a remporté le prix du public. Le prix des jeunes talents a été décerné à la mezzo-soprano allemande Ekaterina Chayka-Rubinstein.
Cette année, le concours a enregistré un record d'inscriptions avec 212 candidats provenant de 45 pays. 83 d'entre eux se sont présentés à Innsbruck, dont 11 finalistes se sont qualifiés pour la finale. Pour la finale, les chanteurs devaient notamment interpréter une aria de l'opéra Il Giustino d'Antonio Vivaldi. Cet opéra sera présenté l'année prochaine dans le cadre des Innbrucker Festwochen, la distribution étant traditionnellement composée de participants au concours Cesti.
Maximiliano Danta est né en 1993. Il a commencé ses études de chant avec Beatriz Pazos et a ensuite étudié le chant Renaissance et baroque en Italie au Conservatoire Cantelli de Novara. Actuellement, il se spécialise dans la musique de chambre pour instruments anciens et voix au Conservatoire Verdi de Turin.
Ekaterina Chayka-Rubinstein est née à Kiev en 1998. Elle a étudié à la Hochschule für Musik, Theater und Medien de Hanovre. En 2023, elle a fait ses débuts en tant que Polina dans La Dame de Pique de Tchaïkovski au Semperoper de Dresde ainsi qu'au théâtre de Brême. En outre, elle a chanté son premier rôle de Hänsel dans Hänsel und Gretel et s'est produite dans diverses productions telles que Rusalka et Idomeneo. Chayka-Rubinstein a remporté le prix de musique Maritim 2018.
Le concours international de chant pour l'opéra baroque Pietro Antonio Cesti est dédié au compositeur italien Pietro Antonio Cesti qui, au milieu du 17e siècle, a fait d'Innsbruck un centre de l'opéra italien au nord des Alpes. Il s'adresse aux jeunes chanteurs du monde entier qui font preuve d'un talent et d'une formation particuliers dans le domaine de l'opéra baroque. Le jury, présidé par Sebastian Schwarz (directeur artistique du Festival della Valle d'Itria), était composé cette année d'Ottavio Dantone, Anna Bonitatibus, Andrea Cigni, Vicica Genaux, Henning Ruhe, Michael Schade et Eitan Sorek.
A Ascoli Piceno, six nouveaux petits opéras comiques pour la quarante-cinquième édition du festival sous la direction d'Ada Gentile
Dans le centre historique d'Ascoli Piceno se déroulera du 4 au 25 octobre 2024 le festival 'Nuovi Spazi Musicali', qui en est à sa 45e édition et qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les habitants d'Ascoli Piceno et au-delà. Il s'agit d'un festival de musique contemporaine, mais en aucun cas d'une musique hermétique, comme beaucoup l'imaginent. En fait, il se spécialise dans les « opéras de poche », de courts opéras comiques nécessitant un minimum de scènes et un nombre limité d'interprètes. Le modèle pourrait être La serva padrona de Pergolèse, l'archétype de toutes ces oeuvres qui ont vu le jour comme un simple et modeste intermezzo entre les actes d'un opéra sérieux et qui ont survécu jusqu'à aujourd'hui, alors que la plupart des opéras palatiaux qui constituaient le plat de résistance de la soirée sont tombés dans l'oubli.
Joseph Marx est un compositeur, pédagogue et critique musical autrichien, né à Graz le et mort dans la même ville le .
Joseph Marx a été initié à la musique par sa mère. Il a ensuite appris le piano avec Johann Buwas. Pour satisfaire son père, il a suivi des cours de droit à l'Université de Graz, tout en apprenant la philosophie ainsi que la musicologie avec Degner. Son intérêt pour la musique n'avait pas disparu. Ceci a finalement conduit à une rupture avec sa famille, et il a commencé à l'âge de 26 ans son travail de compositeur. Il a écrit en quatre ans, de 1908 à 1912, environ 120 de ses quelque 150 lieder. Marx, qui était considéré comme un excellent pianiste, accompagnait souvent ses lieder. Il subit l'influence de Robert Schumann, Johannes Brahms, Max Reger.
En 1909, il obtient un doctorat sur la théorie de la musique. En 1914 il va à Vienne, où il enseigne à l'Académie nationale, qu'il dirige entre 1922 et 1924. Il devient recteur de la Hochschule für Musik de Vienne (1924-27). Pendant trois ans, il est conseiller du gouvernement turc pour l'enseignement de la musique et pour créer un Conservatoire à Ankara. Il est critique musical au Neues Wiener Journal (1931-38). Après la Seconde Guerre mondiale, il écrit dans le Wiener Zeitung. Il enseigne à Vienne et à l'Université de Graz (1947-57).
Le vaste fonds de sa correspondance déposé à la Bibliothèque nationale autrichienne - Marx avait reçu quelque 15 000 lettres provenant d'environ 3 400 personnes du monde de la musique- nous renseigne sur la lutte qu'a menée Joseph Marx pour la défense de la musique tonale.
Il est, selon Brendan Carroll, un « maître absolu de l'harmonie », dont ses lieder attestent, le rapprochant sur ce point d'Alexandre Scriabine.
Il a régulièrement fréquenté d'autres personnalités de la vie musicale autrichienne, tels Franz Schmidt, Franz Schreker, Leopold Godowsky, Wilhelm Kienzl, Karl Böhm, Rudolf Hans Bartsch, Clemens Krauss, Anton Wildgans ou Angelo Kessisoglu.
Lucien Denis Gabriel Albéric Magnard est un compositeur français, né à Paris le 9 juin 1865 et mort à Baron, dans l'Oise, le 3 septembre 1914, à 49 ans. Il est parfois surnommé le « Bruckner français ».
Fils de Francis Magnard (1837-1894), rédacteur en chef du Figaro, et d'Émilie Bauduer (1837-1869), Albéric Magnard perd sa mère à l'âge de 4 ans. Son père se remarie avec Olympe Broye.
Albéric fait des études de droit avant d'entrer au Conservatoire de Paris en 1886 ou 1887, après avoir vu une représentation de Tristan et Isolde à Bayreuth. Il y devient l'élève de Théodore Dubois et Massenet. Il étudie par la suite pendant quatre années avec Vincent d'Indy, dont l'amitié ne se dément pas, en dépit d'opinions politiques et religieuses divergentes.
Le 15 février 1896, Albéric épouse à Paris Julia Maria Créton -mère d'un fils de 5 ans, René-, avec laquelle il a deux filles, Ève (1901-1980) et Ondine (1904-1968), élevées avec René. Il dédie à sa femme son Hymne à Vénus. La même année, il compose sa Troisième (et plus célèbre) symphonie, et commence à enseigner le contrepoint à la Schola Cantorum, fondée à Paris en 1894 par Bordes, Guilmant et d'Indy.
Son œuvre comprend 21 numéros d'opus (l'opus 22, Douze poèmes en musique, ayant été détruit lors de l'incendie de son manoir le 3 septembre 1914) et deux œuvres sans numéro d'opus, En Dieu mon espérance et mon épée pour ma défense et À Henriette. Il compose quatre symphonies -à l'orchestration riche, digne de César Franck, dont la Symphonie n° 3 op. 11 (1895/6) et la majestueuse Symphonie n° 4 (1911-1913)-,un Chant funèbre op. 9 pour orchestre (1895), très émouvant, dédié à la mémoire de son père, une sonate pour violon et piano qui fut souvent interprétée par Eugène Ysaÿe et Raoul Pugno, une sonate pour violoncelle, un trio avec piano, un quatuor à cordes, un quintette pour vents et piano ainsi que des œuvres lyriques (Yolande, opéra en un acte terminé en 1892, Guercœur, et Bérénice, tragédies en musique terminées respectivement en 1901 et 1909, Bérénice étant représentée en 1911). Maurice Boucher, ancien élève de l'École normale supérieure, consacre un livre à cet opéra au lendemain de la Première Guerre mondiale. Albéric Magnard écrit par ailleurs quelques chroniques musicales pour Le Figaro.
Le 3 septembre 1914, il est tué après avoir tenté de repousser des Allemands qui détruisent son manoir de Baron, dans l'Oise.
Une importante partie de son œuvre ainsi que le manuscrit de deux des trois actes de Guercœur et tous les exemplaires de Yolande sont détruits. Guy Ropartz, son ami depuis le Conservatoire, reconstitue par la suite la partition de Guercœur à partir de la réduction pour piano déjà publiée et de ses souvenirs de la représentation du troisième acte qu'il a dirigée en 1908. Guercœur est représenté pour la première fois en 1931 à l'Opéra de Paris.
Mort pour la France, il est enterré au cimetière de Passy. L’Académie française lui décerne le Prix Charles-Blanc en 1915. En 1927, une rue du 16e arrondissement de Paris, la rue Richard-Wagner, a reçu le nom de rue Albéric-Magnard. Le journaliste Octave Lebesgue, dit Georges Montorgueil, écrit lors de cette substitution de nom : « Magnard aurait sans doute préféré n'être pas le nom qui efface un autre nom, dont l'illustration, quoique germanique, n'en sera pas pour cette exécution, aboli de la mémoire des hommes » (cité par Simon-Pierre Perret dans Albéric Magnard éd. Fayard 2001).
Le Sénat propose que son corps entre au Panthéon. Sa famille s'y oppose en refusant les « hochets tardifs ».
La vie de Magnard est marquée par un certain nombre d'engagements : il dédie sa 4e Symphonie à une organisation féministe et démissionne de l'armée en tant que dreyfusard après avoir écrit son Hymne à la justice en soutien au capitaine Dreyfus.