Carlo Arrigoni (6 décembre 1697 - 19 août 1744) était un compositeur et musicien italien actif dans plusieurs pays au cours de la première moitié du XVIIIe siècle.
Arrigoni est né à Florence. On sait peu de choses de ses premières années et de sa formation musicale. Son premier oratorio est joué dans sa ville natale en 1719 et il est suivi par Il Pentimento d'Accabo (Le repentir d'Accabo, 1722), une mise en musique pour cinq voix d'un poème de son parent, le père Crisostomo Arrigoni. Son opéra La Vedova (La veuve) est également joué la même année à Foligno.
La mention suivante d'Arrigoni se trouve à Bruxelles, qui faisait alors partie des Pays-Bas autrichiens, où Il Pentimento d'Accabo a été représenté en 1728.
Au début des années 1730, il travaille à l'Académie de musique de Dublin, puis il est transféré à Londres en 1732. Il y publie des cantates de chambre dédiées à la Reine d'Angleterre, Caroline d'Ansbach, et participe à la vie musicale de la capitale jusqu'en 1736.
En avril 1733, Arrigoni interprète son propre Concerto pour luth et s'associe ensuite à l'Opera of the Nobility, créé en opposition à George Frideric Handel. Les représentations de son opéra Fernando lui valent de figurer dans le pamphlet satirique de John Arbuthnot, "Harmony in an Uproar" (daté de 1733). Ce pamphlet prend la forme d'un pastiche de l'opéra d'Arrigoni sous le nom de "The King of Arragon".
Arrigoni est remarqué non seulement comme interprète au luth et au clavecin, mais aussi comme chanteur, et il est finalement recruté pour prendre part aux productions de Haendel.
En 1736, il est enregistré comme jouant du luth lors de la première de l'œuvre chorale de Haendel Alexander's Feast et dans son concerto pour luth (opus 4.6), ainsi que comme ténor soliste dans la cantate Cecilia, volgi un sguardo.
De Londres, Arrigoni se rendit à Vienne pendant deux ans, où il produisit plusieurs cantates et son oratorio Ester (1738).
De retour à Florence, il fut nommé compositeur de François II, Grand-Duc de Toscane. Ses opéras Sibace et Scipione nelle Spagne furent joués en 1739. Le second était une mise en scène du même livret que l'opéra du même nom de Haendel en 1726.
En 1743, une mise en musique d'un autre poème de Crisostomo Arrigoni a été jouée lors d'un concert sacré. Arrigoni a également écrit de la musique instrumentale. Ses sonates de chambre sont aujourd'hui de plus en plus appréciées.
Hildegard Behrens est une soprano allemande, née le à Varel et morte le à Tokyo.
Elle naît dans une famille de médecins et opte d'abord pour des études de droit, avant d'aborder le chant, pour lequel elle se sent irrésistiblement attirée. Elle prend alors des cours de chant avec Ines Leuwen au Conservatoire de Fribourg-en-Brisgau.
Elle fait des débuts tardifs au théâtre de la même ville dans le rôle de la Comtesse des Noces de Figaro en 1971. La même année, elle devient membre de l'Opéra-Studio du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf, puis plus tard de la troupe.
Au cours de la saison 1975-1976, alors qu'elle y répète Wozzeck, Herbert von Karajan la remarque et lui offre le rôle de Salomé dans l'enregistrement qu'il s'apprête à faire (chez EMI) avec notamment José van Dam et Agnes Baltsa.
C'est le début de sa carrière internationale. En 1976, elle fait ses débuts au Covent Garden puis au Metropolitan Opera avec le rôle de Giorgetta dans Il tabarro de Puccini. À Munich, elle chante Leonore dans Fidelio avec Karl Böhm. Mais c'est son interprétation de Salomé, l'année suivante, dans la célèbre production du Festival de Pâques de Salzbourg sous la direction de Karajan, qui la projette véritablement sous les feux de la rampe. Dès lors, elle est invitée sur les plus grandes scènes internationales. En 1978, elle triomphe au Met dans le rôle de Leonore, encore une fois sous la direction de Karl Böhm.
« Dotée d'une très forte personnalité et d'un sens du théâtre et de la psychologie bouleversant, elle est faite pour l'opéra et pour y incarner les personnages les plus divers : de Mozart à Berg, elle chante tout »2, y compris Katja Kabanova, La Fiancée vendue, Roussalka, La Femme sans ombre, où elle incarne une Impératrice spectaculaire sur la scène de l'Opéra de Paris, également Ariadne auf Naxos à Salzbourg pour les 85 ans de Karl Böhm. Le grand répertoire wagnérien est une révélation, et elle l'aborde en chantant d'abord dans Tannhäuser, Lohengrin, Le Vaisseau fantôme (également à l'Opéra de Paris). Mais c'est surtout son apparition dans Sieglinde à Monte-Carlo, dans une mise en scène de Peter Busse (1979), qui constitue un événement, si bien qu'elle reprend ensuite ce rôle à Munich, Düsseldorf puis au Met, en 1981.
Auparavant, elle fait ses débuts dans Isolde à Zurich et à Munich (avec Wolfgang Sawallisch, et l'enregistre sous la direction de Leonard Bernstein (1981, DGG), avec Peter Hofmann, un rôle dans lequel elle reste inoubliable de sensualité et de présence dramatique.
En 1982 elle chante Turandot et incarne ensuite Tosca avec Lorin Maazel. L'année suivante, elle fait des débuts remarquables dans le rôle de Brünnhilde, à la fois déchirante et guerrière, au Festival de Bayreuth, sous la direction de Georg Solti, rôle qu'elle reprend notamment pour deux intégrales enregistrées en live, l'une à Munich sous la baguette de Wolfgang Sawallisch en 1989 (EMI), avec entre autres René Kollo, Julia Varady, et l'autre au Metropolitan de New York en 1990 (DGG), sous celle de James Levine, avec notamment Siegfried Jerusalem, James Morris, dans une mise en scène d'Otto Schenk - représentations retransmises à la télévision devant 55 millions de téléspectateurs à travers le monde.
En plus des grandes héroïnes wagnériennes, elle se fait remarquer dans le répertoire de Richard Strauss et, outre Salomé, apparaît comme une interprète majeure du rôle-titre d'Elektra, sans doute son incarnation la plus aboutie, qu'elle aborde à l'Opéra de Paris en 1987 et reprend ensuite sur les plus grandes scènes internationales (Met, Teatro Colón, Vienne, Covent Garden, Munich et Salzbourg en 1996). Elle incarne également une impressionnante Kostelnička, à la fois terrible et humaine, dans Jenůfa de Leoš Janáček. Tout au long de sa carrière, elle chantera très souvent au Met de New York, notamment sa première Elettra (Idomeneo, re di Creta) en 1982, ainsi que Sieglinde, Isolde, Donna Anna, Brünnhilde, Marie (Wozzeck), Salomé et Tosca.
Par ailleurs, elle a participé à la redécouverte de l'opéra d'Albéric Magnard, Guercœur, sous la direction de Michel Plasson, enregistré en 1986, ainsi qu'à la création mondiale de Cronaca del luogo, opéra composé spécialement pour elle par Luciano Berio, à Salzbourg sous la direction de Sylvain Cambreling en 1999, et du Cercle Kleist de René Koering en 1995.
Voix radieuse, à la beauté frémissante, fragile et féminine tout en étant résistante, son chant se caractérise par une expressivité proche de l’excès, une tension dramatique permanente, qu’elle savait cependant contrôler (Agathe dans Der Freischütz). Elle était très prisée en Elektra, Fidelio, Senta dans Le Vaisseau fantôme, Brünnhilde dans L'Anneau du Nibelung et en Isolde. Elle succéda à Leonie Rysanek comme détentrice de l'anneau de Lotte Lehmann. Son talent et sa carrière ont été récompensés par de nombreux honneurs, dont notamment le titre de Kammersängerin des opéras de Munich et Vienne, et la Bundesverdienstkreuz décernée par la République fédérale d'Allemagne.
En , alors qu'elle se trouve au Japon, invitée par le Festival de Kusatsu (Gunma) pour y donner un récital, elle fait un malaise et meurt d'une rupture d'anévrisme de l'aorte le dans un hôpital de Tokyo, à l'âge de 72 ans.
Gottlob Frick est une basse allemande. Il est né le à Ölbronn et mort le à Mühlacker.
Cadet d'une famille de 13 enfants, sa voix d'une profondeur exceptionnelle est découverte très tôt. La carrière de Gottlob Frick, qui durera jusque vers la fin des années 1970, fut l'une des plus brillantes de toutes les basses du XXe siècle.
Se produisant sur toutes les grandes scènes mondiales, de Berlin à New York, en passant par Bayreuth, Vienne, Salzbourg, Paris, Barcelone, Londres, il fait officiellement ses adieux à la scène en 1970, mais continue à enregistrer et faire quelques apparitions occasionnelles, à Vienne, Munich et Stuttgart jusqu'en 1985.
Gottlob Frick possédait une voix rocailleuse, profonde, flexible et « noire » qui en faisait le « méchant » le plus demandé du répertoire germanique : Hagen dans Le Crépuscule des dieux, Hunding dans La Walkyrie, Kaspar dans Der Freischütz, Osmin dans L'Enlèvement au sérail, mais aussi, en raison de sa capacité à exprimer la bonté et la douceur, les rôles de « gentils » ou « sages » les plus célèbres (Sarastro dans La Flûte enchantée, Gurnemanz dans Parsifal...).
Benjamin Louis Paul Godard est un compositeur français né le à Paris et mort le à Cannes.
Né dans une famille mélomane de commerçants, Benjamin Godard étudie le violon dès ses plus jeunes années auprès de Richard Hammer et Henri Vieuxtemps , comme sa sœur Magdeleine, qui sera violoniste, puis il entre au Conservatoire de Paris en 1863 où il travaille la composition avec Henri Reber.
À l'âge de dix-sept ans, il compose sa première sonate pour violon et piano. Il obtient le prix de la ville de Paris en 1878 pour sa symphonie dramatique Le Tasse pour solistes, chœur et orchestre, et l'année suivante le prix Chartie pour ses œuvres de musique de chambre.
En 1887, il devient professeur de la classe d'ensemble instrumental du Conservatoire de Paris7, succédant à René Baillot. Son chef-d'œuvre Jocelyn (créé à Bruxelles le ), d'après un poème de Lamartine, dont on retient la célèbre Berceuse, révèle le meilleur du talent lyrique du compositeur. Un autre opéra, Dante, est représenté à l'Opéra-Comique le
Godard écrit encore deux opéras, édités par Julien Hamelle : La Vivandière, dont l'orchestration fut terminée par Paul Vidal (création à Bruxelles, à La Monnaie, le 21 mars 1893, et à titre posthume à Paris le ), et Les Guelfes, représenté (également à titre posthume) à Rouen le .
Il compose aussi plusieurs symphonies dont trois à programme -la Symphonie gothique op. 23 (1874), la Symphonie orientale op. 84 (1884) et la Symphonie légendaire op. 99 (1886)- deux concertos pour violon (op. 35 et 131), deux concertos pour piano (op. 31 et 148), trois quatuors à cordes (op. 33, 37 et 136), quatre sonates pour violon et piano (op. 1, 2, 9 et 12), une sonate pour violoncelle et piano (op. 104) et deux trios avec piano (op. 32 et 72), une centaine de mélodies. Deux de ses œuvres les plus réussies sont le Concerto romantique pour violon et orchestre op. 35 (1876) et le Concerto pour violon no 2 en sol mineur op. 131 (1891), qui sont à la fois d'une écriture habilement virtuose pour le violon et d'une sensibilité romantique qui se rattache à celle du milieu du XIXe siècle.
Atteint de tuberculose, il se retire sur la Côte d'Azur en 1892, où il meurt au début de l'année 1895, âgé de 45 ans.
Il avait été nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1889.
La mise en musique du cantique biblique Magnificat de Krzysztof Penderecki a été commandée pour le 1 200e anniversaire de la cathédrale de Salzbourg et créée le 17 août 1974 sous la direction du compositeur.
Il s’agit d’une œuvre vaste, écrite pour une basse vocale soliste, des voix de garçons, sept autres voix d’hommes, deux chœurs mixtes de 24 voix et un orchestre.
Gérard Souzay, né Gérard Marcel Eugène Tisserand le à Angers et mort le à Antibes, est un baryton français.
Il est considéré comme un excellent interprète de mélodies reprenant le flambeau de Charles Panzéra et Pierre Bernac.
D'une famille musicienne angevine, Gérard Souzay grandit à Chinon (il prendra plus tard son nom d'artiste d'un village des bords de Loire). Ses parents se sont rencontrés à la première représentation de Pelléas et Mélisande en 1902. Après ses classes au collège Rabelais à Chinon, il entre à la Sorbonne pour étudier la philosophie et y rencontre Pierre Bernac, qui décèle ses dons vocaux et l'encourage à étudier le chant.
Souzay entre au Conservatoire de Paris en 1940, étudiant avec Claire Croiza et Jean-Émile Vanni-Marcoux. Il commence à chanter comme ténor mais en 1943, sur les conseils du chanteur lyrique Henri Etcheverry, il devient baryton. Il s'essaye aussi à la composition et en 1942, trois de ses adaptations de poèmes de Paul Valéry sont données en concert par Pierre Bernac. Après avoir obtenu un prix de chant et un prix de vocalise, il continue à développer sa voix sous la conduite de Bernac, quoique tenant à se différencier par des méthodes et des idées plus récentes sur la prononciation. Attentif à ne pas se cantonner au répertoire français, il étudie le Lied, particulièrement Schubert et Schumann, sous la conduite de Lotte Lehmann.
Il donne ses premières représentations publiques en 1945 : des récitals et des concerts dont le Requiem de Fauré à l'occasion du centenaire du compositeur au Royal Albert Hall à Londres. Il acquiert rapidement une renommée internationale pour le récital, d'abord accompagné par Jacqueline Bonneau, sa condisciple au Conservatoire de Paris, mais comme elle est réticente à voyager, il s'associe étroitement dès 1954 avec le pianiste américain Dalton Baldwin, association qui perdure jusqu'à la fin de sa carrière2.
Amateur de mélodies et de chansons populaires, Gérard Souzay est vite amené à chanter dans 13 langues différentes dont l'hébreu, le portugais et le russe. Cependant, il ne maîtrisait pas lui-même toutes ces langues (il avouait ne parler que français, anglais et allemand en sus de quelques rudiments d'italien ou d'espagnol), d'où certaines imprécisions de prononciation3. Dans la musique contemporaine, il se produit dans La Danse des morts d'Arthur Honegger et à la première du Canticum Sacrum d’Igor Stravinsky. Le compositeur Jacques Leguerney (1906-1997) écrit de nombreuses mélodies pour Souzay et sa sœur, la soprano Geneviève Touraine, qui avait créé en 1942 les Fiançailles pour rire de Francis Poulenc (leurs deux frères ont également été chanteurs).
Sa carrière lyrique commence en 1947 avec l'opéra-bouffe Il matrimonio segreto de Domenico Cimarosa au festival d'Aix-en-Provence mais ne prendra jamais le pas sur les récitals. Dans les années 1950, il chante notamment les rôles-titres de L'Orfeo de Claudio Monteverdi et de Don Giovanni de Mozart ainsi qu'Almaviva dans Les Noces de Figaro, Lescaut dans Manon de Jules Massenet, Méphistophélès dans La Damnation de Faust d'Hector Berlioz et surtout Golaud dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy.
Il fait ses adieux à la scène à la fin des années 1980 et consacre les dernières années de sa vie à enseigner aux États-Unis, en Europe et au Japon. Il travaille principalement le phrasé et l'interprétation du chant plutôt que la diction française.
Il est également passionné de peinture abstraite et publie en 1983 un livre, "Sur mon chemin", dans lequel une sélection de ses peintures est accompagnée par de commentaires sur l'art et la vie. Il meurt dans sa maison d'Antibes le
Conscient de l'importance des mots qu'il prononce, Gérard Souzay insiste grandement sur les sonorités des consonnes, tout en gardant une bonne souplesse de diction. La précision de son phrasé s'accorde avec un tempo assez lent pour l'enregistrement qu'il propose de la mélodie française. Un exemple frappant de ce phénomène est son interprétation de la mélodie Après un rêve de Fauré. Contrairement à d'autres chanteurs lyriques, qui préfèrent insister sur la fougue et l'émoi du rêveur, Souzay fait surtout ressentir l'utopie, l'illusion du rêve qui s'enfuit.
S'il est baryton Martin, Souzay n'en possède cependant pas la voix caractéristique. Son timbre chaud et sombre le rattacherait plutôt à une voix de baryton plus grave, comme la voix de baryton dramatique. Ainsi, il interprète brillamment le rôle de Golaud dans le Pélléas et Mélisande de Debussy, rôle normalement attribué à une voix de baryton-basse. Néanmoins, son étendue vocale et ses aigus claironnants le rattachent sans contredit à la voix de baryton Martin.
Les premiers enregistrements de Gérard Souzay datent de 1944 avec les sopranos Germaine Lubin et Geneviève Touraine (ce furent presque les seuls duos qu'il enregistra, à part les derniers avec Elly Ameling). Il enregistre pour le label La Boîte à musique avant de signer avec Decca. Il enregistre par la suite pour Philips et EMI. Une discographie complète a été publiée en 1991, listant plus de 750 titres.
Souzay a remporté à trois reprises le Grand Prix du disque, dont un prix pour son enregistrement des mélodies de Maurice Ravel. Il a également participé aux intégrales des mélodies de Fauré et de Poulenc.
Un grand nombre de ses premiers enregistrements (early recordings) ont été réédités, bien que Souzay les ait désavoués et ait cherché à interdire leur retransmission à la radio, leur préférant des enregistrements plus tardifs.
Petrus Leonardus Leopoldus Benoit est un compositeur et professeur de musique belge né le 17 août 1834 à Harelbeke et mort le 8 mars 1901 à Anvers.
Son rôle fut à la fois culturel et politique. Sa musique, d'un lyrisme coloré, parcourue d'élans postromantiques et épiques, est une référence à laquelle le public est demeuré fidèle comme à celle d'un barde national. Outre par ses œuvres pour orchestre et ses opéras flamands, Benoit est surtout resté connu pour de vastes partitions avec chœurs : De Schelde (l'Escaut), De Oorlog (la Guerre), Anvers (Anvers), etc. Les compositions de Benoit ont été interprétées avec succès à Paris, Amsterdam, Londres, Vienne et même en Amérique. La 3e Fantaisie pour piano a été arrangée pour harmonie par Arthur Prévost, chef de la Grande Harmonie de 1918 à 1945.
À l'instar de Wagner, Peter Benoit créa un art musical susceptible d'exprimer pleinement le caractère propre à la nation flamande. Un des premiers au sein du mouvement européen du nationalisme musical, Benoit écrivait des essais élaborés et des polémiques afin de défendre ses idées face à l'ordre établi belge. Il considérait comme essentielle l'utilisation de la langue maternelle dans l'enseignement de la musique. Étant convaincu que le caractère national était mieux préservé dans la chanson populaire, il souhaitait établir sa nouvelle musique flamande sur celle-ci.
Parmi ses élèves, on retrouve les compositeurs flamands Lodewijk Mortelmans et Jan Blockx ; ce dernier était son successeur comme directeur du Conservatoire. Benoit exerçait sur eux une grande influence, comme d'ailleurs sur Émile Wambach. Son influence en tant que chef principal du mouvement nationaliste pour une musique flamande était si intense qu'il restait peu de place pour les compositeurs qui travaillaient en dehors des tendances nationalistes. De plus, beaucoup de ses disciples confondaient fins et moyens et considéraient son art communautaire et nationaliste comme la pierre angulaire de toute la production musicale flamande. Les compositeurs qui, en préconisant un art musical autonome correspondant aux courants contemporains en Europe, ne se mettaient pas entièrement au service de la musique flamande ont parfois été condamnés par ses successeurs.
Il plaida, entre autres, pour la néerlandisation de l'enseignement de la musique, pour la musique sacrée en langue vernaculaire, pour l'opéra flamand, pour un festival flamand, pour le théâtre musical flamand dans les petites villes et pour la coopération culturelle avec les Pays-Bas. Bien que Benoit n'eût pu réaliser tous ses projets pour une vie musicale intégrée destinée à la fois au public, à l'amateur et au musicien professionnel, il réalisa néanmoins plusieurs de ses projets controversés, comme la création d'un théâtre lyrique néerlandais (Nederlandsch Lyrisch Tooneel ; l'ancêtre de l'Opéra flamand) et l'accès de son école musicale au statut des autres conservatoires royaux, même s'il lui fallut attendre jusqu'en 1898 avant de voir son rêve devenir réalité. Cette institution a conservé certaines de ses idées et structures jusqu'à ce jour. Avec ses « compositions populaires », il parvint à atteindre un public assez large et à enthousiasmer les masses.
Le ministère russe de la culture a enfin nommé un directeur artistique pour l'Orchestre symphonique académique d'État de Moscou, qui était sans chef pendant plus de deux ans.
Ivan Niforchin, 29 ans, remplace Pavel Kogan, qui dirigeait l'orchestre depuis 1989.
Kogan a fui la Russie en mars 2022, quelques jours après l'invasion de l'Ukraine.
Le chef d'orchestre espagnol Calixto Bieito fera ses débuts au Rossini Opera Festival (ROF) de Pesaro en 2025.
Il sera chargé de la nouvelle production de Zelmira, qui ouvrira la 46e édition du festival sous la direction musicale de Giacomo Sagripanti.
György Kósa est un compositeur et pianiste hongrois, né à Budapest le et décédé dans la même ville le , à l'âge de 87 ans.
Kósa a étudié à l'Académie de musique Franz-Liszt de Budapest avec Béla Bartók, il apprend le piano avec Ernst von Dohnányi, la composition avec Zoltán Kodály et Victor von Herzfeld entre 1906 et 1915.
Il est ensuite répétiteur à l'opéra de Budapest en 1916 et 1917, puis directeur musical du Théâtre Tripolis en 1920 et 1921.
À partir de 1927, il sera professeur à l'École des Hautes Études Musicales Franz Liszt, poste qu'il occupera jusqu'en 1962.
Kósa a beaucoup composé, il est l'auteur d'entre autres neuf symphonies, une messe, deux requiems et huit quatuors à cordes.