Le Journal

"Marouf" d’Henri Rabaud, 110 ans

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Mârouf, savetier du Caire est un opéra-comique en cinq actes d’Henri Rabaud, livret de Lucien Népoty d'après la traduction française des "Contes des Mille et Une Nuits" par Joseph-Charles Mardrus, créé le 15 mai 1914 à l'Opéra-Comique.

L'action commence au Caire.
Le savetier Mârouf, fuyant une femme "calamiteuse" qui a provoqué sa bastonnade, décide de se joindre à un groupe de marins et parvient au Khaïtân où il retrouve son ami d'enfance, Ali, qui lui propose de se présenter comme un riche marchand qui attend l'arrivée d'une de ses caravanes. Le sultan, impressionné, lui offre la main de sa fille, Saamcheddine.
Lorsque le mensonge de Mârouf est découvert, celui-ci prend la fuite, suivi par la princesse qui en est tombée amoureuse et le préfère à tout autre bien. Ils trouvent un mystérieux anneau qui permet à Mârouf de prendre le contrôle d'un magicien. Celui-ci réalise le vœu de Mârouf et la prétendue caravane se matérialise. Le sultan rasséréné accorde à Mârouf son pardon et la main de Saamcheddine. Le vizir, qui n'a cessé de dénoncer la supercherie de Mârouf, en sera pour ses frais et sera à son tour puni.

Maria Theresia Paradis, 265 ans

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Maria Theresia Paradis (ou von Paradies), née le  à Vienne et morte le  dans la même ville, est une pianiste, chanteuse et compositrice autrichienne aveugle de naissance et pour qui Mozart a vraisemblablement écrit son  18e Concerto pour piano, K456 en si bémol majeur1.

Elle était la fille de Joseph Anton Paradis, secrétaire impérial au Commerce et conseiller à la Cour de l'Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780) et reçut les prénoms de cette souveraine, quoique celle-ci n'ait pas été sa marraine comme on l'a souvent cru. Elle commença à perdre progressivement la vue à partir de l'âge de 2 ans. De la fin de l'année 1776 jusqu'au milieu de 1777, elle fut traitée par le célèbre magnétiseur Anton Mesmer, qui réussit à stabiliser provisoirement son état. Elle fut cependant privée de ses soins au bout de quelques mois en raison d'une part de la possibilité d'un scandale, et d'autre part du risque de perdre sa pension d'invalidité. La cécité s'installa définitivement après que la jeune patiente eût quitté Mesmer.
Elle reçut une éducation musicale étendue de maîtres tels que Carl Friberth (théorie musicale et composition), Leopold Anton Kozeluch (piano), Vincenzo Righini (chant), Antonio Salieri (chant et composition) et l'Abbé Vogler (théorie musicale et composition).

Dès 1775, Maria Theresia von Paradis se produisait comme chanteuse et pianiste dans divers salons viennois et en concert. Elle commanda plusieurs œuvres pour son usage, notamment :

  • un concerto pour orgue de Salieri en 1773 (auquel manque le deuxième mouvement) ;
  • un concerto pour piano (probablement le n° 18, K.456) de Mozart en 1784 ;
  • un concerto pour piano de Haydn (HXVIII: 4), qui fut peut-être créé à Paris en 1784, mais semble avoir été composé dans les années 1770, et dont le manuscrit original est aujourd'hui perdu.

À propos du Concerto pour piano K.456, il convient de noter que, bien que considéré comme dédié à Maria Theresia von Paradis, des doutes persistent à ce sujet. Dans le livre de Ruth Halliwell "La famille Mozart : quatre vies dans un contexte social" (The Mozart Family: Four Lives in a Social Context), on peut lire :
« On ignore de quel concerto il s'agissait. Leopold, dans une lettre de Vienn, le décrit simplement à Nannerl comme un « glorieux concerto » et dit qu'il a été écrit pour Maria Theresia von Paradis « pour Paris ». Sa description laisse entendre que ni lui, ni Nannerl ne le connaissaient déjà. S'il en est ainsi, ce doit avoir été un concerto postérieur au K.456, car celui-ci était déjà connu à Salzbourg à cette date. »
La jeune musicienne était douée d'une excellente mémoire et d'une oreille exceptionnellement précise. On a abondamment cité le fait qu'elle avait appris par cœur plus de 60 concertos, ainsi qu'un vaste répertoire d'œuvres pour solistes et de musique religieuse.

La jeune femme ne reste pas confinée à Vienne. En 1783, elle entreprend une longue tournée vers Paris et Londres, en compagnie de sa mère et de son librettiste Johann Riedinger qui invente pour elle un tableau pour la composition. En août ils rendent visite aux Mozart à Salzbourg et sans doute y reçoivent-ils du père et du fils des conseils à propos de la vie à Paris. Le journal de Nannerl situe cependant cette rencontre au mois de septembre. La musicienne se produit à Francfort et dans d'autres villes allemandes, puis en Suisse. Elle arrive finalement à Paris en . Elle y donne son premier concert en avril au Concert Spirituel et l'on soupçonne W. A. Mozart d'avoir envoyé une lettre de recommandation pour y faciliter ses débuts. Le compte rendu de ce premier concert dans le Journal de Paris fait observer qu'«  il faut l'avoir entendue pour se faire une idée du toucher, de la précision, de l'aisance et de la vivacité de son jeu. » Elle fait en tout 14 apparitions à Paris et obtient d'excellentes critiques et éloges. Elle aide aussi Valentin Haüy (« le père et apôtre des aveugles ») à fonder la première école pour aveugles, qui ouvre en 1785.

Elle va à Londres à la fin de 1784, et joue dans les mois suivants à la Cour, à Carlton Hall (le domicile du Prince de Galles), et aux Professional Concerts à Hanover Square, entre autres lieux. Elle interprète des fugues de Haendel à George III et plus tard accompagne le Prince de Galles, jouant au violoncelle. Cependant, ses concerts ont été moins bien reçus à Londres qu'à Paris. Elle a continué sa tournée en Europe de l'Ouest, (y compris Hambourg, où elle a rencontré Carl Philipp Emanuel Bach) et, après être passée par Berlin et Prague, elle a fini par revenir à Vienne en 1786. D'autres projets ont été élaborés pour donner des concerts dans les états italiens et la Russie, mais ces projets ne se sont pas concrétisés. Elle est retournée à Prague en 1797 pour la production de son opéra Rinaldo und Alcina.

Pendant sa tournée en Europe, Paradis a commencé à composer de la musique pour le piano ainsi que des pièces pour voix et piano. La première composition qui lui est attribuée est un ensemble de quatre sonates pour piano datant environ de 1777, mais celles-ci sont vraisemblablement de Pietro Domenico Paradisi, dont une grande partie de la musique est souvent attribuée à tort à d'autres personnes. Son premier travail majeur est la collection des Zwölf Lieder auf ihrer Reise in Musik gesetzt, composée entre 1784 à 1786. Son œuvre la plus célèbre, la Sicilienne en mi bémol majeur pour quatuor avec piano, lui est faussement attribuée, car elle est dérivée d'une sonate pour violon de Carl Maria von Weber (Op. 10 no  1) que l'on croit avoir été arrangée par son découvreur présumé, Samuel Dushkin[réf. nécessaire].

À partir de 1789, Paradis a passé plus de temps à composer qu'à jouer en concert. En effet, de 1789 à 1797, elle a composé cinq opéras et trois cantates. Après l'échec de l'opéra Rinaldo und Alcina en 1797, elle a consacré son énergie de plus en plus à l'enseignement. En 1808, elle fonde sa propre école de musique à Vienne, où elle enseigne le chant, le piano et la théorie aux jeunes filles. Une série de concerts le dimanche à cette école met en vedette le travail de ses élèves. Elle continue à enseigner jusqu'à sa mort en 1824.

Quand elle composait, elle utilisait le tableau pour la composition inventé par Riedinger, son partenaire et librettiste, et pour la correspondance une machine à imprimer à la main inventée par Wolfgang von Kempelen.

Ses airs sont très représentatifs du style de l'opéra de l'époque.

Giovanni Croce, 415 ans

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Giovanni Croce (1557 - 15 mai 1609) est un compositeur italien de la fin de la Renaissance, maître de chapelle de la Cappella Marciana à Venise. Il est principalement connu pour ses madrigaux. Il apparaît aussi sous les noms de Ioanne a Cruce Clodiensis et Zuanne Chiozotto.

Il est né à Chioggia, petite ville de pêcheurs de l'Adriatique, au sud de Venise, où est également né Gioseffo Zarlino. Vers l'âge de 8 ans, il partit pour Venise où il fut membre du chœur de la Basilique Saint-Marc sous la direction de Zarlino. Celui-ci l'a vraisemblablement repéré dans le chœur de la cathédrale de Chioggia et l'a recruté pour Saint-Marc.
Entré dans les ordres en 1585, Croce aurait été prêtre de la paroisse de Santa Maria Formosa. Pendant cette période, il servit en tant que chanteur à Saint Marc.
De toute évidence, il a gardé des contacts avec sa paroisse de Santa Maria Formosa, probablement en tant que chef de chœur, tout en assurant son service à Saint Marc.

Après la mort de Zarlino, il devint assistant de Baldassare Donato, Maestro di cappella.
À la mort de ce dernier en 1603, il obtint la charge de maître de chapelle, mais la qualité des chœurs de Saint Marc déclina à cette époque, sans doute plus en raison de sa santé chancelante que d'un manque de compétences musicales. Il est mort en 1609.
Après son décès, la charge de Mastro di cappella échut à Giulio Cesare Martinengo jusqu'en 1613, puis à Monteverdi.

Croce a écrit moins de musique qu'Andrea et Giovanni Gabrieli dans le style polychoral, et sa musique n'est pas aussi célèbre. Cependant, il fut un compositeur renommé de l'époque et il eut une grande influence sur la musique italienne et européenne.

Nouvelle production de l'opéra "Saint François d'Assise" à l'Elbphilharmonie

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Il s'agit, dit le communiqué, de l'une des productions d'opéra les plus élaborées jamais présentées à l'Elbphilharmonie et d'un point culminant de la Fête internationale de la musique de Hambourg : le 2 juin 2024, quelque 300 participants porteront Saint François d'Assise d'Olivier Messiaen sur la scène de la Grande Salle.
Le directeur musical de Hambourg et expert de Messiaen Kent Nagano, qui a également participé à la création de l'œuvre en 1983, en assure la direction musicale.
Le directeur de l'opéra national, Georges Delnon, est à l'origine d'un concept scénographique entièrement nouveau, spécialement développé pour l'architecture de l'Elbphilharmonie, avec des constructions de passerelles, un grand anneau de LED au-dessus de la surface de la scène et une chanteuse qui semble flotter dans les airs.
Pour les inserts vidéo, le tournage a eu lieu, entre autres, sur le navire de sauvetage en mer Sea-Watch 5, avec le climatologue Mojib Latif, dans un hospice et dans un bus-douche à Hambourg-Altona.

Friederike Meinke remporte le Concours de chant Johann Strauss

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La soprano Friederike Meinke a remporté le premier prix et d'autres prix spéciaux du concours de chant Johann Strauss. Le concours, axé sur l'opérette, a été organisé par la Johann.Strauss-Festjahr 2025 GmbH en collaboration avec le Staatstheater am Gärtnerplatz de Munich.
Parmi plus de 100 candidatures, une douzaine de chanteuses s'étaient qualifiées pour la finale. Friederike Meinke a convaincu le jury lors de la finale avec la" Csárdás de Rosalinde" de La Chauve-Souris et avec "So elend und so treu" du Baron Tzigane.
Elle s'est ainsi assurée la première place, dotée de 4.000 euros, suivie de Verena Tranker (3.000 euros) et Marie-Dominique Ryckmanns (2.000 euros).
Friederike Meinke, née en 1993 à Halberstadt, a chanté son premier rôle de soliste en 2009, celui de Barbarina dans Le Nozze di Figaro au Nordharzer Städtebundtheater, et y a été invitée à plusieurs reprises en tant que soliste jusqu'en 2018. Elle a poursuivi ses études de chant à Dresde en 2014 à Leipzig, à la Hochschule für Musik und Theater Felix Mendelssohn Bartholdy. En 2015, elle a été invitée à chanter au Sächsischer Staatsopernchor au Festival de Pâques de Salzbourg sous la direction de Christian Thielemann. De 2016 à 2023, Friederike Meinke a été choriste d'opéra à l'Opéra comique de Berlin, où elle a également interprété des rôles de soliste comme le premier garçon dans La Flûte enchantée ou Hodel dans Anatevka de Barrie Kosky.

Le prix Pulitzer de la musique 2024

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Le compositeur et multi-instrumentiste Tyshawn Sorey recevra le prix Pulitzer de la musique pour son œuvre Adagio (for Wadada Leo Smith), dont la première a eu lieu en mars 2023 à l'Atlanta Symphony Hall. C'est ce qu'a annoncé l'Université de Columbia au nom du comité du Prix Pulitzer.

Sorey est actuellement professeur assistant dans les départements de musique et d'études africaines à l'Université de Pennsylvanie. Il a déjà été finaliste du Pulitzer 2023 et a été nommé MacArthur Fellow en 2017 et United States Artists Fellow en 2018. Il donne de nombreux concerts en tant qu'artiste solo, avec son propre trio et avec le pianiste Vijay Iyer. Parmi les projets à venir figurent un spectacle solo dans le cadre de la Biennale de Venise en septembre, d'autres représentations avec son trio. Parmi ses récompenses récentes figurent la bourse Fromm, la bourse Goddard Lieberson de l'American Academy of Arts and Letters et le prix Koussevitzsky.

Le prix Pulitzer pour la musique est décerné chaque année depuis 1943 à une composition américaine enregistrée ou exécutée pour la première fois aux États-Unis la même année. A l'origine, le prix Pulitzer n'attribuait que des bourses pour des performances musicales et des compositions particulières, qui ont ensuite été transformées en un prix à part entière.

Le Concours Lutoslawski

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La violoncelliste coréenne Tae-Yeon Kim, âgée de 18 ans, a remporté le premier prix du 12e Concours international de violoncelle Witold Lutosławski, concours international de violoncelle à Varsovie.
Les deuxième et troisième prix ont été attribués aux violoncellistes polonais Maria Leszczyńska et Antoni Wrona.

Nouveau mandat pour Katharina Wagner

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Après des mois de spéculations, les parties prenantes ont accordé à la directrice héréditaire du festival de Bayreuth un nouveau mandat de cinq ans, jusqu'en 2030.
Toutefois, ils ont décidé d'imposer un General Manager afin de contrôler "ses impulsions et ses dépenses".

"2e quatuor à cordes" de Karol Szymanovski, 95 ans

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Le Quatuor à cordes no 2 opus 56 est le second et dernier quatuor à cordes de Karol Szymanowski. Composé en 1927 à Paris, il est créé le 14 mai 1929 par le Quatuor de Varsovie.
Ce quatuor reprend nombre de thèmes folkloriques polonais des montagnes du Tatras tout en s'inspirant de Maurice Ravel et Janáček.

Durée d'exécution: vingt minutes.

"Fantaisie pour piano et orchestre" de Gabriel Fauré, 125 ans

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La Fantaisie pour piano et orchestre en sol majeur opus 111 est un concerto pour piano. Composée à Évian en 1918, elle est créée le 14 mai 1919 à la Salle Gaveau à Paris avec Alfred Cortot au piano, son dédicataire.