Le Journal

Le virtuose indien du tabla Zakir Hussain est décédé à l'âge de 73 ans

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Zakir Hussain, virtuose emblématique du tabla, compositeur et ambassadeur culturel de la musique classique indienne, est décédé à l'âge de 73 ans.

Considéré comme l'un des plus grands joueurs de tabla de l'histoire, Hussain a transformé le paysage de la percussion indienne et l'a élevée au rang d'art célébré dans le monde entier.

Hussain était connu pour ses principes stricts concernant le caractère sacré de la musique. Il était célèbre pour son refus de se produire lors de réunions privées, d'événements d'entreprise ou de mariages, affirmant que la musique devait rester le point central de tout spectacle. Zakir Hussain a fait connaître les percussions indiennes au monde entier, en les mêlant harmonieusement au jazz, à l'électronique et à d'autres genres musicaux.

Au-delà de la scène, Zakir Hussain a apporté une contribution considérable au cinéma. Son travail dans des films comme "Vanaprastham" (1999), présenté au festival de Cannes, a mis en évidence ses prouesses en tant que compositeur et conseiller en matière de musique indienne. Son tabla a donné une âme à des films internationaux comme "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola et "Little Buddha" de Bernardo Bertolucci.

Prolongation de contrat pour Peter Dijkstra

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Peter Dijkstra reste directeur artistique du Chor des Bayerischen Rundfunks jusqu'en 2029. Le Néerlandais a prolongé son contrat de deux ans de manière anticipée.
Cette décision repose sur une grande estime mutuelle et une collaboration basée sur la confiance et assure au chœur de la BR une sécurité de planification à long terme.
Peter Dijkstra est l'un des chefs de chœur les plus demandés dans le monde musical international. De 2005 à 2016, il a déjà marqué de son empreinte le chœur de la radio bavaroise en tant que directeur artistique. En 2022, il retrouvera le même poste.

Domenico Cimarosa, 275 ans

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Domenico Cimarosa, né le  à Aversa (royaume de Naples) et mort le  à Venise, est un compositeur italien de la période classique, l'un des derniers représentants importants de l'école napolitaine dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, principalement dans le domaine de l'opera buffa.

Ses parents sont pauvres (le père, Gennaro, est tailleur de pierre1 et la mère s'occupe du ménage) mais ils veulent lui donner la meilleure instruction possible. Lorsqu'ils s'installent à Naples, ils l'envoient dans une école religieuse dépendant du monastère San Severo dei Patri Conventuali. Il y a là un organiste, le père Polcano qui, frappé par les dons musicaux et l'intelligence du jeune garçon, prend à cœur de lui apprendre les bases de la musique ainsi que la littérature italienne, ancienne et moderne. Grâce à lui, en 1761, Cimarosa est admis comme élève au conservatoire de Santa Maria di Loreto où il reste onze années, étudiant particulièrement l'œuvre des grands compositeurs italiens. Il apprend le chant, le violon avec Carcais et les instruments à clavier avec Manna, Sacchini, Fenaroli1. Grâce au castrat Giuseppe Aprile qui s'est pris d'amitié pour lui, il étudie les œuvres de Pergolese, Piccini et Sacchini. Dans les années 1770, il étudie avec Zingarelli et Giuseppe Giordani.

À vingt-trois ans, Cimarosa commence sa carrière de compositeur avec un opéra-bouffe intitulé Le Stravaganze del Conte (« Les Extravagances du Comte ») (1772) dont la première représentation a lieu au Teatro dei Fiorentini de Naples1. Cette œuvre est suivie la même année par Le Pazzie di Stelladaura e di Zoroastro (« Les Folies de Stelladaura et Zoroastre »), une farce marquée par l'humour et la fantaisie, qui rencontre le succès. La renommée du jeune compositeur commence à se répandre dans toute l'Italie. On l'invite à Rome pour qu'il y produise un opéra pour la saison théâtrale de cette année-là. Ce fut une autre œuvre comique L'Italiana in Londra (« L'Italienne à Londres »).

Pendant les treize années suivantes, aucun fait marquant n'est à noter dans la vie et la carrière de Cimarosa, sinon qu'il écrit de nombreux opéras pour les différentes scènes italiennes, résidant à Rome, Naples ou là où l'appelle son travail. De 1784 à 1787, Cimarosa vit à Florence et se consacre entièrement à composer pour l'opéra de cette ville.

Les œuvres de cette période sont nombreuses, principalement des opéras comiques ou seria, des cantates, et d'autres compositions sacrées parmi lesquelles un très beau Requiem (Missa pro Defunctis), l'opéra seria Caio Mario, des oratorios bibliques AssaloneLa Giuditta et Il Sacrificio d'Abramo, ainsi que Il Convito di Pietra et La Ballerina amante, opéra comique créé à Venise, et plus de 80 sonates pour clavecin dont 32 seront publiées pour la première fois à Paris par F. Boghen en 1926 ; elles obtiendront un grand succès.

Au cours du voyage en Italie, Goethe assiste à une représentation de L'Impresario in Angustie (« Le Directeur dans l'embarras »), petit chef-d'œuvre d'opéra bouffe en un acte, qui met en scène un directeur d'opéra aux prises avec les caprices de ses divas. De retour en Allemagne l'illustre écrivain traduit le livret et fait jouer l'œuvre en 1791 au théâtre de Weimar dont il est devenu directeur. Entre-temps, la renommée de Cimarosa s'est répandue dans toute l'Europe et plusieurs souverains désirent l'attirer à leur cour. Vers 1788, Cimarosa se rend à Saint-Pétersbourg à l'invitation de Catherine II. Il y restera quatre ans, obtenant la nationalité autrichienne et russe et composant énormément. On estime à 70 le nombre d'opéras qu'il aurait composés, dont les noms de certains sont perdus. En 1792, Cimarosa quitte Saint-Pétersbourg pour Vienne, à la demande de Leopold II. C'est devant l'empereur et toute la Cour qu'il produit son chef d'œuvre, Il matrimonio segreto (« Le Mariage secret ») sur un livret de Giovanni Bertati pétillant d'humour et de finesse, qui prend rang parmi les compositions les plus achevées de la musique vocale profane. Fait unique dans l'histoire de l'opéra, l'œuvre sera bissée intégralement le soir même de la première, à la demande de l'empereur. En 1793, Cimarosa retourne à Naples où Il Matrimonio segreto et ses autres opéras sont acclamés par une foule de connaisseurs enthousiastes. Il faudra attendre Rossini pour retrouver un tel succès. Parmi les compositions du dernier séjour napolitain de Cimarosa, on doit mentionner le charmant opéra Le Astuzie femminili (« Les Ruses des femmes »).

Cette période de sa vie est assombrie par les intrigues d'envieux dont son vieux rival Paisiello. Républicain convaincu, partisan de l'unité italienne, Cimarosa salue la proclamation de l'éphémère République parthénopéenne par les troupes françaises (1799) et compose un hymne patriotique pour une cérémonie durant laquelle on brûle symboliquement le drapeau des Bourbons. Lors de la restauration de la monarchie, il s'empresse de composer un hymne dédié au roi Ferdinand Ier, ce qui n'empêche pas le cardinal Ruffo de le faire emprisonner durant quatre mois. Grâce à l'intercession d'admirateurs influents, sa sentence est commuée en bannissement et il quitte Naples avec l'intention de retourner à Saint-Pétersbourg. Mais sa santé est déclinante et il meurt à Venise d'une inflammation des intestins le 11 janvier 1801.
Une plaque sur la façade du Palais Duodo au Campo Sant'Angelo commémore son décès. La popularité de Cimarosa, sa réputation d'opposant politique et la nature du mal qui l'a emporté firent naître une rumeur tenace d'empoisonnement. Une enquête officielle, menée par le docteur Piccioli, médecin personnel du pape, viendra bientôt la démentir.

Un demi-siècle avant Verdi, Cimarosa fut le plus engagé politiquement des musiciens italiens. Son dernier opéra, Artemisia, restera inachevé.

Une remarquable faculté d'invention mélodique, la maîtrise de la forme, une utilisation parfaite et sans excès de l'instrument vocal, soutenues par une orchestration sans faille, font de Cimarosa le plus parfait exemple du musicien classique de qualité. Il fut aussi un des premiers compositeurs d'opéra à attacher beaucoup d'importance à la qualité de l'intrigue et du livret. Entre Les Noces de Figaro de Mozart et le Barbier de Séville de Rossini, Le Mariage secret, chef-d'œuvre de Domenico Cimarosa, occupe une place privilégiée.

Marc Minkowski et Les Musiciens du Louvre, tournée en Espagne avec « La Chauve-Souris »

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Marc Minkowski et son ensemble, Les Musiciens du Louvre, tournent en Espagne avec une version de concert de l'opérette de Johann Strauss La Chauve-souris (Die Fledermaus). Après leur prestation de l'hiver dernier au Teatro Real de Madrid, l'ensemble proposera une série de concerts dans différentes salles espagnoles : Barcelone, Séville, Valence. puis l'Auditorio de Tenerife et à l'Auditorio Alfredo Kraus de Gran Canaria, dans le cadre du 41e Festival international de musique des Canaries.
Cette série de concerts commémore le 150e anniversaire de la création de l'œuvre.

Décembre à l'IMEP, suite

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Concert du Bayan TRIO avec les étudiant.e.s des classes d’accordéon

Le 17 décembre 2024 à 20:00
Salle de concert de l'IMEP, rue Juppin 28, Namur, 5000
Tarif : 15€ (adultes) – 10€ (seniors 60+) – gratuit (jeunes -26 ans)
Réservations obligatoires

Ce concert unique, organisé par les professeurs et étudiant.e.s de la classe d’accordéon permettra de partager leur passion pour cet instrument d’une richesse inouïe!
L’accordéon est déclencheur de rencontres, créateurs de liens, de danse, de rythmes, de créativité et de vie…

Journées de l’orgue: Leuven, Liège, Bruxelles, Leffe

Le 19 décembre 2024 à 19:15
Abbaye Notre-Dame de Leffe, Place de l'Abbaye, Dinant, 5500
Tarif : 15€ (adultes) – 10€ (seniors 60+) – gratuit (jeunes -26 ans)
Réservations obligatoires


En 1996, l’orgue Thomas de l’Abbaye de Leffe

était inauguré, s’inspirant des modèles de Gottfried Silbermann (1683-1753). Ainsi naissait un vaste projet à la fois spirituel et culturel! C’était aussi offrir aux élèves des conservatoires ainsi qu’aux interprètes un instrument où la musique de Bach « la Bible des organistes » puisse chanter dans toute sa vérité et sa plénitude, avec le répertoire qui l’a inspirée comme celui qu’elle a suscité. De Scheidt à Bach en passant par Buxtehude, Böhm, Walther pour aller jusque Brahms, Mendelssohn, Schumann… Aujourd’hui, ces rêves sont devenus réalité et ces attentes ont été dépassées de loin… Depuis lors, que de rencontres ! Que de visages venus de tous les quatre coins de l’Europe ! Des étudiants des Conservatoires Royaux de Bruxelles, de Liège, de Mons, de l’Institut Lemmens, de l’IMEP, mais aussi de Paris, d’Amsterdam, de Genève, d’Allemagne, d’Angleterre, d’Amérique…

Concert: par l’Orchestre Symphonique de l’IMEP – Soliste: Jean-Baptiste Fonlupt

Le 21 décembre 2024 à 19:00
Grand Manège – Namur Concert Hall, rue Rogier, 83, Namur, 5000
Tarif : 15€ (adultes) – 10€ (seniors 60+) – gratuit (jeunes -26 ans)
Réservations obligatoires sur le site du Grand Manège

se réunit au Namur Concert Hall pour clôturer en beauté le festival du piano et autres claviers. Le 3e Concerto pour piano de Sergeï Rachmaninov a été créé le 28 novembre 1909 à New York. Cette œuvre puissante qui sera interprétée par Jean-Baptiste Fonlupt, est considérée comme l’une des partitions les plus difficiles du répertoire. L’Orchestre des étudiant.e.s sera placé sous la direction de Laurent Zufferey.

Une création mondiale!

La Symphonie n°2 de Michel Lysight a été composée en 2016. Ce dernier est reconnu comme l’une des figures de proue du courant postmoderne de la Nouvelle Musique Consonante. Les deux œuvres seront jouées également sous la direction du chef Laurent Zufferey. Chef d’orchestre de nationalité suisse Laurent Zufferey est diplômé du Royal Northern College of Music, à Manchester (UK).

Musique de joye pour un Noël haut en couleurs digne de la cour d’Isabelle d’Este !

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En ce temps de Noël, chansons et danses résonneront en l’église protestante de Spa le samedi 28 décembre à 18h lors d’un concert organisé par l’asbl Ricercar Consort.
A la direction de l’ensemble de violes de gambe Les Bug’s, Philippe Pierlot a imaginé un concert digne de la Cour de Ferrare, un des pôles artistiques parmi les plus actifs de la Renaissance en Italie. Un temps où le mécénat artistique de la famille d’Este connut un premier âge d’or grâce à Isabelle d’Este considérée, par ses contemporains, comme la Prima donna del mundo !
A cette époque, les meilleurs chanteurs et musiciens affluaient de toute l’Europe et principalement de nos régions avec les compositeurs franco-flamands. Ses plus grands représentants seront au programme de ce concert joyeux et spirituel avec des œuvres d’Heinrich Isaac, Josquin des Prez, Hayne van Ghizeghem...
La soprano Marta Munoz, accompagnée du consort de violes, chantera les plus beaux chants de cette fabuleuse période de l’histoire de la musique.
Infos et réservations : 0498/41 72 92 (18h-20h) – folia.spa@gmail.com – PAF : 20€/15€ Adresse : rue Brixhe 7/39 4900 Spa.

Le musicologue Wolfgang Hirschmann reçoit le prix Georg Philipp Telemann 2025

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Le musicologue Wolfgang Hirschmann (Halle/Saale) recevra l'année prochaine le Prix Georg Philipp-Telemann de la capitale du Land de Magdebourg. Avec cette distinction, la capitale du Land de Magdebourg souhaite rendre hommage aux longues années de travail fondamental et complet du professeur Hirschmann dans le domaine de la recherche et de l'édition des œuvres de Georg Philipp Telemann (1681-1767). L'acquisition de connaissances liée au travail scientifique fructueux de Hirschmann et son rôle de chef de file dans l'édition de la célèbre série « Georg Philipp Telemann. Musikalische Werke » (édition Telemann) marquent de manière décisive la recherche sur Telemann.

Dans sa thèse de doctorat consacrée à l'œuvre concertante de Telemann en 1985, Hirschmann a mis en évidence, par des analyses déterminées, des critères essentiels du style de composition de Telemann et a encouragé une réflexion intensive sur ce domaine de création. Le style personnel de Telemann est l'un de ces thèmes fondamentaux sur lesquels Hirschmann se penche régulièrement, y compris en ce qui concerne l'œuvre vocale du compositeur. « Avec ses résultats de recherche publiés dans de nombreuses études individuelles sur l'utilisation créative des styles génériques et nationaux par Telemann, ses analyses perspicaces des œuvres, ses études sur l'harmonie, la mélodie et la rythmique dans les compositions de Telemann, ses analyses sur l'instrumentation et la réception des œuvres du compositeur, Hirschmann exerce une influence essentielle sur l'image de Telemann de notre époque », peut-on lire dans la justification du curatorium pour l'attribution du prix Telemann. Depuis de nombreuses années, Hirschmann fait connaître la musique de G. Ph. Telemann à un large public grâce à des textes d'introduction très instructifs pour les livrets de CD et les programmes.

Depuis la fin des années 1980, Hirschmann est étroitement lié à l'étude et à la recherche sur Telemann à Magdebourg en tant que participant actif et souvent co-concepteur du contenu des conférences scientifiques internationales, éditeur de volumes et plus tard co-éditeur de l'édition Telemann, ainsi que membre de longue date du comité directeur de la Société Internationale Telemann.

Depuis 1987, la capitale du Land de Magdebourg récompense chaque année des prestations exceptionnelles en matière d'interprétation, d'entretien et de recherche sur la vie et l'œuvre de Telemann en décernant le prix Georg Philipp Telemann. Il se compose d'une plaque de bronze, d'un certificat et d'une dotation de 2.500 euros.

Parmi les personnes ayant déjà reçu le prix, on compte Ludwig Güttler, Martin Ruhnke, Wolf Hobohm, Nikolaus Harnoncourt, Reinhard Goebel, René Jacobs, Klaus Mertens, Dorothee Oberlinger, les éditions Bärenreiter, les éditions Carus, Burkhard Schmilgun ainsi que le label de CD cpo (Georgsmarienhütte) et le cantor Thomas Gotthold Schwarz.

En 2024, le prix Georg Philipp Telemann a été décerné au professeur Barthold Kuijken (Belgique).

Ivan Zajc, 110 ans

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Ivan Zajc, né le  et mort le , est un compositeur, chef d'orchestre, metteur en scène et enseignant qui a marqué pendant plus de 40 ans la culture musicale de la Croatie. Il est parfois appelé le Verdi croate.

Ivan Dragutin Stjepan Zajc est né à Fiume, aujourd'hui Rijeka. Il montre très vite de bonnes dispositions musicales. Il commence à étudier le piano et le violon à l'âge de cinq ans, se produit en public à l'âge de six ans, et compose sa propre musique dès douze ans. Néanmoins, en dépit de son succès musical précoce, son père chef d'orchestre militaire s'oppose à l'idée d'une carrière dans la musique et veut lui faire étudier le droit à la fin de ses études secondaires. Finalement, les professeurs de Zajc ayant insisté, il entre au Conservatoire de Milan en 1850, avec le consentement de son père.

Zajc étudie au Conservatoire de Milan de 1850 à 1855, avec Stefano Ronchetti-Monteviti (contrepoint et composition), Alberto Mazzucato (harmonie) et Lauro Rossi (musique dramatique). Pendant cette période, Zajc prend ses études très au sérieux et remporte régulièrement des prix. Il apparaît comme l'un des étudiants les plus talentueux du conservatoire. Il reçoit le premier prix à son examen de fin d'études pour l'opéra La Tirolese (1855), dont la création a lieu la même année. L'avenir de Zajc en tant que compositeur et chef d'orchestre à Milan est assuré mais la mort de ses parents dans le même temps l'oblige à retourner à Rijeka.

Il accepte le poste de chef d'orchestre et maître de concert de l'orchestre du théâtre de la ville. Il apprend les instruments à cordes à l'Institut philharmonique et, en même temps, écrit de nombreuses compositions. En 1860, son opéra Amelia ossia Il Bandito rencontre un grand succès. Deux ans plus tard, après une longue maladie, Zajc choisit de s'installer à Vienne où l'opéra et le théâtre sont florissants. Il y séjourne huit ans (1862-1870). Cette période est marquée par de nouveaux succès, mais il compose surtout des opérettes plutôt que des opéras. Sa première œuvre viennoise, Mannschaft an Bord (1863), est extrêmement bien reçue et ses opérettes concourent à renforcer sa réputation grandissante. À Vienne, Zajc fréquente la société académique croate Velebit et rencontre fréquemment de jeunes étudiants croates. Il est influencé par des personnalités culturelles croates comme l'évêque Josip Juraj Strossmayer et les poètes Petar Preradovic, Ivan Trnski, August Senoa, et Matija Divkovic. Il choisit, par patriotisme, de retourner en Croatie.

Dès son arrivée à Zagreb, en 1870, Zajc occupe plusieurs postes : directeur et chef d'orchestre de l'Opéra croate, metteur en scène et professeur à l'Institut croate de la musique. C'est durant cette période que Zajc contribue grandement à la culture musicale croate, non seulement à travers ses compositions, mais aussi grâce à son leadership dans la réorganisation des institutions musicales de Zagreb. Il est aussi un excellent professeur de chant et réussit à former plusieurs chanteurs de premier plan. Zajc est un compositeur prolifique comme en témoignent ses quelque 1 000 opus. On peut citer, entre autres, Mislav (1870), Ban Leget (1872), son chef-d'œuvre Nikola Šubić Zrinjski (1876), et Lizinka (1878), sans compter les opérettes, les comédies musicales, des cantates, des chansons, des compositions chorales, des concertos, de la musique de chambre et de nombreux autres ouvrages.

La nomination de Zajc à l'opéra se termine en 1889, en raison de difficultés financières. Mais Zajc conserve son poste à l'école jusqu'en 1908, quand il prend finalement sa retraite. On lui doit de faire revivre la musique croate après une période de stagnation musicale due à l'effondrement du Mouvement illyrien. Il l’élève au niveau artistique où il se trouve aujourd'hui. Ses efforts ont ouvert la voie à de nouvelles et importantes réalisations musicales croates dans le début du XXe siècle.

Lukas Osiander, 490 ans

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Lucas Osiander (l’Ancien) ( à Nuremberg -  à Stuttgart) est un pasteur allemand de l’Église protestante luthérienne en Wurtemberg et un compositeur de musique d’église luthérienne. Fils du réformateur Andreas Osiander il est le père de Lucas Osiander le Jeune.

Encouragé à l’étude à partir de son plus jeune âge par ses parents, le jeune Osiander fréquente l’école à Nuremberg avant de poursuivre ses études à l’Université de Königsberg en Prusse orientale. En 1555 il devient diacre à Göppingen, en 1558 il devient pasteur et surintendant à Blaubeuren, et en 1563 pasteur de la Leonhardskirche à Stuttgart.

En 1569, il est nommé aumônier de la Cour royale du Duché de Wurtemberg et devient membre du Consistoire de l’Église. La même année, il est crédité comme co-éditeur du Psautier de Sigmund Hemmel. Il participe à la préparation de la formule luthérienne de Concorde et, avec Jakob Heerbrand, publie la première traduction latine. En 1583, il passe son doctorat en théologie à l’Université de Tübingen. Il devient abbé (surintendant) et prélat du couvent d’Adelberg en 1596. Démis de ce poste en 1598, il exerce un court moment comme prédicateur à Esslingen am Neckar, mais retourne à Adelberg après un an.

Tout aussi versé en théologie et en musique, Lucas Osiander commence le premier hymnaire du Wurtemberg de 1583 et met en musique le corps principal des hymnes religieux pour en faire en 1586 un recueil de chants qui donne à la communauté laïque la possibilité de se joindre à la musique figurative (un type de chant polyphonique). Le texte de l’hymne luthérien, Gott Vater, Herr, wir danken dir (Evangelisches Gesangbuch, Édition régionale du Würtemberg, Nr. 557) provient probablement de lui.

Le commentaire biblique de Lucas Osiander est incorporé à la Bible dite d’Osiander qui reproduit sans changements la traduction de Martin Luther ; elle est publiée par la maison Stern à Lünebourg à partir de 1650.

2025, 140 ans de la maison Selmer

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Fondé à Paris en 1885, Selmer, leader mondial du saxophone, s’apprête à célébrer ses 140 ans.

Sur le fronton discret du bâtiment, qui a conservé son architecture ramassée et rectangulaire typique des années 1910, six lettres s’affichent fièrement. Elles forment un nom connu des saxophonistes du monde entier. Celui de Selmer. Avec son « S » aux arêtes tranchantes caractéristiques, dans lequel certains croient voir un bocal d’instrument, mais que l’on peut aussi lire comme un « Z » à l’envers (renvoyant aux origines lorraines de la famille Zelmer, devenue Selmer au XVIIIe siècle), ce logo serti d’une couronne de lauriers habille depuis plus d’un siècle la plupart des saxophones joués par les grands noms du jazz et du classique.