Le Journal

Frédéric Chopin, 175 ans

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D'ascendance franco-polonaise, Frédéric Chopin est né le 1er mars 1810 à Żelazowa Wola (Varsovie) et mort le 17 octobre 1849 à Paris.

Après sa formation à la Haute École de musique de Varsovie et un début de carrière en Pologne et à Vienne, il quitte la Pologne et, à l'âge de 21 ans, il s'installe en France : son père était d'une famille lorraine. En France il développe son inspiration dans l'effervescence du monde pianistique parisien et dans le souvenir de sa patrie meurtrie. Il y rencontre George Sand qui sera sa compagne pendant neuf ans.

Reconnu comme l'un des plus grands compositeurs de la période romantique, Frédéric Chopin est aussi l'un des plus célèbres pianistes du XIXe siècle. Sa musique est encore aujourd'hui l'une des plus jouées et demeure un passage indispensable à la compréhension du répertoire pianistique universel.
Avec Franz Liszt, il est le père de la technique moderne de son instrument et influence toute une lignée de compositeurs modernes, dont Claude Debussy, Alexandre Scriabine, et Sergueï Rachmaninov.

 

Pierre-Alexandre Monsigny, 295 ans

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Pierre-Alexandre Monsigny est un compositeur français né le 17 octobre 1729 à Fauquembergues (Pas-de-Calais) et mort le 14 janvier 1817 à Paris. Il fut membre de l'Académie des beaux-arts (1813).Son nom figure avec son buste sur la façade est de l'Opéra Garnier à Paris.

Par sa musique pleine d'esprit, de fraîcheur et de charme parfois naïf, il parvient à structurer ce qui n'était qu'un compromis entre la comédie et l'opéra. Il se révèle alors comme le principal précurseur, avec André Grétry et François-André Philidor, d'un genre nouveau : l'opéra-comique.

Il ouvre ainsi la voie à Boïeldieu, Auber, Gounod, Bizet, Massenet… à tous ceux qui, par leur talent de compositeur, sont parvenus à illustrer avec succès ce genre bien français.

Paul Dukas déclarera même : « De tous les compositeurs de notre pays, il est peut-être le premier qui ait eu le don de l'émotion vraie, humaine, de l'expression communicative et du sentiment juste… ».
C'est dans l'arrière-pays boulonnais, en direction d'Aire-sur-la-Lys, précisément à Fauquembergues, que naît, le 17 octobre 1729, Pierre-Alexandre Monsigny, quatre mois avant l'union légitimée de ses parents, Marie-Antoinette Dufresne et Nicolas Monsigny.

S'ils sont tous deux originaires de Desvres, les lointaines racines paternelles sont parfaitement latines. En effet, selon certaines sources, Marc di Mancini, craignant la vendetta à la suite d'un duel où il tue l'un de ses compagnons, quitte la Sardaigne pour fuir vers les Pays-Bas espagnols. C'est aux premières années du XVIe siècle que la famille s'installe en Artois. Sous le règne de Louis XIV, les Monsigny, dont le nom s'est francisé, connaissent un certain apogée, tant par leur notoriété que par leur fortune. Celui-ci décline hélas peu à peu. Ils abandonnent ainsi, bien avant la Révolution, leur blason et leur particule.

Bien moins soucieux du passé tourmenté de ses aïeux que de l'éducation de sa progéniture, Nicolas Monsigny envoie son fils au Collège des Jésuites wallons de Saint-Omer. Outre l'enseignement rigoureux habituel, Pierre-Alexandre découvre sans peine les rudiments du solfège, aidé en cela par un don évident remarqué par le patron de son père, un riche bourgeois cultivé qui lui fait partager les leçons de musique données à ses enfants par le carillonneur de l'abbaye Saint-Bertin. Il se perfectionne dans ce qui deviendra son Art : la musique devient une idée fixe qui n'est peut-être pas du goût de son père qui ne mourra qu'en 1758. « Si j'allais à Paris, j'y ferais fortune » répétait sans cesse Pierre Alexandre. En 1749, il décide de partir pour la capitale avec pour tout bagage quelques écus en poche, un violon, et une lettre de recommandation. Il entre ainsi chez M. de Saint-Julien, dans les bureaux de la comptabilité du Clergé de France. S'il gagne alors suffisamment d'argent pour subvenir aux besoins de ses proches, la capitale lui offre surtout la possibilité de stimuler davantage sa passion pour la musique. Au cours de l'année 1752, à l'issue d'une représentation de La serva padrona de Pergolèse à l'Opéra, il ne contient pas son enthousiasme. Cet ouvrage décide sa vocation. Audacieux, il veut tenter un changement profond dans l'art musical de son époque. Il devient l'élève de Gianotti, contrebassiste à l'Opéra, auteur d'un « Guide de Composition ». Cinq mois de leçons suffisent pour que ses étonnantes dispositions lui permettent de mettre cet enseignement en application.

C'est en secret, sur un livret de La Ribadière, qu'il écrit Les Aveux indiscrets, son premier opéra-comique, présenté au théâtre de la Foire Saint-Germain le 7 février 1759. Cet ouvrage remporte un accueil chaleureux, ce qui l'encourage à en composer un second, en deux actes, sur un texte de Pierre-René Lemmonier. Le Maître en droit connaît, l'année suivante, les mêmes ovations. Michel-Jean Sedaine, le librettiste à la mode, propose à Monsigny de collaborer avec lui, à la suite du succès de Le Cadi dupé. Leur production commune se révèle des plus heureuses : On ne s'avise jamais de tout, Le Roi et le fermier, Rose et Colas remportent tous trois un grand succès.
Le 15 avril 1766, à l'Académie royale de Musique, son ballet héroïque en trois actes Aline, reine de Golconde ne suscite toutefois qu'un accueil réservé. La critique se montre plus froide encore deux années plus tard, lors de sa création de L'Île sonnante. La musique, il est vrai, conserve sa grâce habituelle de la « patte » élégante et légère de Monsigny. En revanche, le livret de Charles Collé se révèle inadapté et justifie du passage éphémère de l'œuvre à l'affiche de la Comédie-Italienne.

C'est au cours de cette même année 1768 que le compositeur achète la charge de Maître d'hôtel au service du duc d'Orléans. Sedaine lui soumet alors le livret de Le Déserteur sur lequel il compose la partition qui a fait sa gloire. Mais Le Faucon créé en 1771 ne parvient pas à prendre son envol. Le 14 août 1775, La Belle Arsène suscite des critiques mitigées.

En 1777, après le succès de Félix ou l'Enfant trouvé, Monsigny cesse toute composition, sans doute en raison de problèmes de vue. Il est nommé inspecteur général des canaux à Orléans. Au début de l'année 1784, il épouse Amélie de Villemagne, avec qui il vivra paisiblement jusqu'aux troubles de 1789.

La Révolution et la Terreur réduisent le musicien et sa famille à une misère profonde et le plongent dans l'oubli pendant quelques années. Apprenant l'état de pauvreté du compositeur, les sociétaires de l'Opéra-Comique parviennent à lui verser une rente de 2 400 Livres, prouvant leur reconnaissance à l'égard d'un des fondateurs de leur théâtre.

Les années d'adversité s'estompent peu à peu et, avec le temps, Monsigny retrouve sa juste renommée. Il devient inspecteur de l'enseignement au Conservatoire de Musique de Paris, puis en 1804, est fait Chevalier de la Légion d'honneur. Il succède en 1813 à Grétry à l'Académie des beaux-arts. Une cécité totale afflige ses dernières années.

Monsigny s'éteint le 14 janvier 1817 en laissant le souvenir d'un homme modeste, courtois « aux manières simples et élégantes » plein d'une sensibilité qui transparaît tout au long de ses douze œuvres principales.

Karel Reiner, 45 ans

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Karel Reiner, né le  et mort le , est un compositeur et pianiste tchécoslovaque persécuté comme juif par les nazis et comme formaliste par les communistes. Il est le seul compositeur de musique classique qui a survécu au camp de concentration de Theresienstadt.

Reiner est né à Žatec, en royaume de Bohême, dans une famille juive. Son père, Josef, était cantor à la synagogue de Žatec. Karel étudie le droit et obtient son doctorat en 1934. En 1929, il étudie aussi la composition en privé avec Alois Hába et compose Fantaisie pour piano à quarts de ton.
En 1931, il obtient son diplôme de l'école de maître de composition avec une Suite pour orchestre après avoir été l'élève de Josef Suk. Il est aussi un pianiste de concert qui collabore avec le théâtre d'Emil František Burian de 1934 à 1938.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est emprisonné dans les camps de concentration allemands. D'abord, dans celui de Theresienstadt (il y est déporté le ), il participe aux activités musicales et crée la musique de scène pour la pièce Esther mise en scène par Norbert Frýd.
Le , il est déporté à Auschwitz-Birkenau, puis à Landsberg et, enfin, à Kaufering, camp annexe de celui de Dachau.
Après la Marche de la mort et la libération, il retourne à Prague, où il retrouve son épouse Hana, qui a aussi survécu aux camps de concentration.
Après la guerre, il a du mal à obtenir sa citoyenneté tchèque, même s'il s'est toujours considéré comme tchèque à l'âge adulte, et non comme juif ni allemand.
Il recommence à participer à la vie musicale, mais peu après le Coup de Prague en 1948, il est accusé de formalisme.
Reiner devient membre du Parti communiste tchécoslovaque en 1948, mais le quitte en 1969.
Il meurt à Prague en 1979.

La création musicale de Reiner s'étend sur cinquante ans, de 1928-1929 à 1979 et est étroitement liée à la situation politique en Tchécoslovaquie au XXe siècle. La première période artistique de Reiner est influencée par ses professeurs et ses modèles (Alois Hába, Josef Suk, Emil František Burian et Erwin Schulhoff), fait partie de la production de l'avant-garde artistique tchèque et est plus tard qualifiée de formalisme et rejetée par les communistes6. Après cette critique du parti communiste, Reiner est forcé de trouver de nouveaux moyens plus traditionnels et plus conservateurs de composer. Cette période dure à peu près jusqu'en 1960. Les œuvres de la dernière période (1960–79) sont considérées comme celles qui ont la plus grande valeur artistique. L'évolution de la musique en Tchécoslovaquie était alors plus libre, et Reiner a donc pu montrer sa pensée musicale expressive. Il a composé dans presque toutes les catégories de musique : il a créé des œuvres vocales (chansons, œuvres chorales), des œuvres instrumentales (musique pour instrument solo, musique de chambre, musique symphonique), des œuvres vocales et instrumentales (cantates, opéra), de la musique de film, de la musique de scène; il a composé des chansons de danse populaires au début de sa carrière et a aussi été inspiré par la musique jazz et folk. Il a composé pour presque tous les instruments, y compris la clarinette basse, le hammered dulcimer, le tambour et le saxophone baryton.

 

Pavel Haas, 80 ans

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Pavel Haas, né le 21 juin 1899 à Brno, est le fils d'un cordonnier juif.

En 1913, il entre à l'école de musique de la « Beseda Brněnská » à Brno, où il suit des cours de piano et de théorie musicale jusqu'en 1916. C'est déjà à cette époque qu'il écrit ses premières compositions.
En 1917, il est enrôlé comme soldat dans l'armée royale et impériale.. Ce n'est qu'en 1919 qu'il put poursuivre sa formation au Conservatoire de Brno nouvellement fondé par Leoš Janáček.
De 1920 à 1922, il étudie la composition dans la classe de maître de Leoš Janáček. Il est considéré comme l'élève le plus important de ce dernier.
Haas travaille d'abord dans le magasin de chaussures de son père et, pendant une courte période, comme répétiteur d'opéra à Brno et à Sarrebruck. Par l'intermédiaire de son frère Hugo, un acteur à succès, il est entré au théâtre de Brno, pour lequel il a composé quelques musiques de scène dans les années 1920. Dans les années 1930, Haas créa ensuite de la musique pour des films dans lesquels son frère jouait.
À partir de 1935, il fut professeur privé à l'école supérieure de Brno et compositeur indépendant avec des commandes pour des ensembles renommés.
Après la mort de Janáček, Haas lui succède en 1929 à la tête de l'Association morave des compositeurs.

Le 15 mars 1939, les troupes allemandes envahissent la Tchécoslovaquie. Peu après, la musique de Haas est interdite en raison de ses origines juives et il est lui-même interdit d'exercer. Le 2 décembre 1941, il fut déporté au camp de concentration de Theresienstadt, où il rencontra d'autres compositeurs (Hans Krása, Victor Ullmann). Les conditions insupportables du camp ont complètement paralysé sa création artistique. Le pianiste Gideon Klein parvint finalement à le stimuler à nouveau pour la création musicale. Sur les au moins huit compositions qu'il a écrites à cette époque, seules trois ont été conservées : l'étude pour orchestre à cordes, les Quatre chants d'après des paroles de poésie chinoise et Al S'fod.
Après l'action de propagande de la visite du « camp modèle » par la Croix-Rouge internationale le 23 juin 1944, les nazis ont finalement interdit toute activité artistique et déporté le 16 octobre de nombreux artistes vers le camp d'extermination d'Auschwitz, parmi lesquels Pavel Haas, où il a été assassiné l'un des jours suivants.
Sa musique est d'abord tombée dans l'oubli et n'a été redécouverte que 50 ans plus tard, petit à petit.

 

 

 

 

Reiner Goldberg, 85 ans

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Reiner Goldberg (né le  à Crostau (Haute-Lusace) et mort le  à Berlin) est un Heldentenor est-allemand puis allemand, réputé pour ses rôles dans les opéras de Richard Wagner.

Après ses études au conservatoire de chant Hochschule für Musik Carl Maria von Weber Dresden, Reiner Goldberg a débuté en 1967 à Radebeul puis en 1973 au Semperoper de Dresde. A partir de 1981, il fait partie de l'ensemble Staatsoper Berlin.

Il a été invité à chanter Wagner au New York Metropolitan Opera, Wiener Staatsoper, Festival de Bayreuth, Festival de Salzbourg, et chante le rôle-titre dans le film Parsifal de Hans-Jürgen Syberberg (1982).

Il meurt le  à Berlin.

Rolando Panerai, 100 ans

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Rolando Panerai, né le  à Campi Bisenzio près de Florence et mort le  à Florence, est un baryton italien.

Il interprète d'abord les grands rôles de baryton du répertoire italien, puis se spécialise peu à peu dans les emplois de comédie de compositeurs tels Cimarosa, Mozart, Rossini, Donizetti, notamment Il matrimonio segretoLe nozze di FigaroDon GiovanniCosi fan tutteIl Barbiere di SivigliaL'elisir d'amoreDon Pasquale, mais aussi Falstaff de Verdi et Gianni Schicchi de Puccini.

Il devient un invité régulier des festivals de Salzbourg et Aix-en-Provence, tout en se produisant également à Vienne, Londres, Barcelone, Lisbonne, etc.

Panerai a beaucoup enregistré, souvent comme partenaire de Maria Callas et Giuseppe Di Stefano dans les années 1950, notamment dans I puritaniIl trovatoreCavalleria rusticanaPagliacciLa Bohème.

Possédant une voix sombre et vibrante, il jouit d'une très longue carrière, chantant Germont de La traviata en 2000, dans une production de la télévision française, avec José Cura et Eteri Gvazava, démontrant une voix encore remarquablement solide pour un homme de 76 ans.

Le Prix de la musique de la ville de Duisbourg 2024 est décerné à Tanja Tetzlaff

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La violoncelliste n'est pas seulement une musicienne de chambre passionnée et une soliste virtuose, mais elle s'engage aussi activement pour la protection du climat et de l'environnement, pouvait-on lire mercredi dans un communiqué. « Elle est entendue - même en dehors des salles de musique. Tant ses sonorités musicales que ses messages sociaux résonnent », a déclaré le maire.

Le prix de la musique de la ville de Duisbourg est décerné chaque année depuis 1990. Il récompense des prestations exceptionnelles dans le domaine de la musique et du théâtre musical. Parmi les lauréats précédents, on compte le compositeur Wolfgang Rihm, le violoniste Yehudi Menuhin, la mécène Anne-Liese Henle, le metteur en scène Christof Loy, la soprano Nina Stemme, le chorégraphe Martin Schläpfer, la violoniste Carolin Widmann et, plus récemment, l'ancien directeur de l'orchestre philharmonique de Duisbourg, Alfred Wendel.

Concours international de direction d'orchestre de Tokyo, le palmarès

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Le Concours international de direction d'orchestre 2024 de Tokyo, organisé par l'association Min-On Concert, s'est achevé hier au Opera City Concert Hall de Tokyo.

Le candidat grec Kornilios Viktor Michailidis, âgé de 35 ans, a remporté le 1er Prix ainsi que le Prix de l'orchestre, et a empoché 2 millions de yens japonais.

Diplômé de la Jacobs School of Music de l'Université de l'Indiana, Kornilios est titulaire d'une maîtrise en direction d'orchestre de l'Académie Sibelius d'Helsinki. Il a été chef d'orchestre adjoint de l'Orchestre Symphonique de la radio finlandaise pendant la saison 2016-17 et de l'Orchestre Philharmonique de Radio France de 2018 à 2020. Il a dirigé plusieurs opéras au Teatro Real de Madrid, notamment les productions de la Flûte enchantée et de Nixon in China.

Riley Holden Court-Wood, 27 ans, originaire du Royaume-Uni, a terminé deuxième et a remporté le Prix du public, avec un prix en espèces de 1,1 million de yens japonais au total.

Seule femme parmi les quatre participants à la finale, Ayano Yoshizaki, une candidate japonaise de 23 ans, a terminé troisième et a reçu le très convoité Prix Hideo Saito, d'une valeur totale de 1 million de yens japonais.

Le jury était présidé par le chef d'orchestre japonais Tadaaki Otaka. Les autres jurés étaient Okko Kamu, Rainer Küchl, Hubert Soudant, Ken Takaseki, Jeff Alexander, Tatsuya Shimotsuke, Mike George, Junichi Hirokami.

Le scientifique qui a transformé 30 ans de données climatiques en musique

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Le géoenvironnementaliste Hiroto Nagai transforme des mesures scientifiques, telles que le rayonnement solaire ou les précipitations, en une composition originale pour quatuor à cordes.

La mélodie rapide et stridente d'un violoncelle est le son du rayonnement solaire. Le violon, qui joue des notes courtes et très espacées, représente l'irrégularité des précipitations. C'est ce que révèle la composition Polar Energy Budget du scientifique Hiroto Nagai, qui dit avoir réussi à combiner son amour de la musique et son travail de géo-environnementaliste. Nagai a créé une pièce pour quatuor à cordes à partir de données climatiques recueillies sur une période de 30 ans (de 1982 à 2022), qui n'est que la partie émergée de l'iceberg d'un projet plus ambitieux qui invite les musiciens à créer sur des documents académiques et à diffuser la science en plaçant les émotions au-dessus de la curiosité intellectuelle.

« Grâce à la sonification des données [la transformation de tout type d'information en son], nous pouvons découvrir une anomalie, un mouvement étrange, un changement climatique ou un réchauffement de la planète. Le système terrestre suit un cycle saisonnier, mais il comporte une part d'aléatoire qui ne peut être détectée que par cette sonification », explique Nagai par appel vidéo depuis Tokyo. L'utilisation la plus courante de la représentation des données audio est celle des moniteurs de fréquence cardiaque, mais elle peut également servir à percevoir des modèles et à surveiller un objet d'étude. Dans le cas de Nagai, il s'agissait du rayonnement, des précipitations, de la température de surface et de l'épaisseur des nuages aux deux pôles : l'Arctique et l'Antarctique.

Il enseigne également au département de géographie de l'université Rissho et a utilisé des données accessibles au public à partir du moteur Google Earth Engine, et le Centre technologique de télédétection du Japon a financé le projet. Il a ainsi découvert que certains phénomènes sont naturellement liés à certains sons : « La séquence 1 366 kilowatts par mètre carré est très importante pour la science, car il s'agit de la valeur constante du rayonnement solaire. Cela signifie que l'énergie solaire est un rayonnement à ondes courtes. J'ai transformé cette séquence en gamme musicale E-A-A-A, qui apparaît au milieu de ma pièce musicale. C'est ce rythme court et abrupt qui donne à Solar Energy Budget son caractère dramatique, sa tension et ses moments troublants.

« J'ai choisi une forme très typique de la musique classique occidentale, le quatuor à cordes, parce que ce sont des instruments qui peuvent être joués de nombreuses façons, simplement en changeant la position du musicien. Elle est également influencée par la musique minimaliste, qui est créée en rassemblant de petits fragments similaires et en les modifiant légèrement », explique Nagai à propos de son œuvre.

La composition a été créée à l'Université de Waseda il y a un an, son étude a été publiée en mai dernier et de nouvelles représentations sont en préparation. En effet, bien qu'il soit titulaire d'un doctorat en études environnementales et qu'il ait travaillé à l'Agence japonaise d'exploration aérospatiale, entre autres institutions scientifiques, il a toujours eu une passion pour la musique.

Nagai a appris à jouer du piano à l'âge de quatre ans, a joué du saxophone au lycée et a fait quelques arrangements. « J'ai écrit de très petites pièces et personne ne s'intéressait à mes œuvres parce qu'elles étaient typiques de la musique académique ». Aujourd'hui, sa musique suscite l'intérêt de tout l'Occident, et a surtout eu un impact en Espagne, en Italie et en Amérique latine. « Je ne sais pas pourquoi les Latins m'aiment, je suis surpris que les journaux japonais n'aient pas été aussi intéressés », se souvient-il. C'est précisément son amour et sa connaissance de la composition musicale qui ont permis à son travail de se distinguer des autres représentations sonores de données scientifiques qui existent déjà, principalement celles liées à l'astronomie.

La musique au service de la science

La sonification des données est devenue de plus en plus populaire, avec des exemples tels que la mélodie du champ magnétique terrestre créée par l'Agence spatiale européenne ou celle d'un trou noir supermassif créée par la NASA. Il y a même eu une représentation musicale de données climatiques, œuvre de Daniel Crawford, qui a créé un morceau de violoncelle pour raconter l'histoire de l'augmentation des températures mondiales sur 135 ans.

Le changement climatique n'était pas perceptible dans les mesures de Nagai parce que la période de temps était trop courte et les changements trop faibles pour être remarqués. Malgré ces expériences antérieures, c'est la première fois qu'une composition de six minutes avec un fil narratif est écrite à partir de données scientifiques.

« La conversion des données scientifiques en données musicales est très facile. Elle peut être réalisée à l'aide d'un bouton de mon algorithme informatique, mais elle n'aurait pas la capacité d'émouvoir. On peut trouver sur Google un grand nombre d'œuvres utilisant des données scientifiques, mais certaines d'entre elles sont très difficiles à écouter. Un son trop fort ou trop faible ne peut pas être de la musique pour les humains. Au cours du processus, je me suis demandé ce qui était reconnu comme de la musique et ce qui n'était qu'un son », explique l'ancien chercheur invité à l'Agence japonaise pour les sciences et technologies marines et terrestres. Pour obtenir un son agréable, il a donc dû établir une gamme de mélodies et définir une gamme de tons : « C'est un processus très similaire à celui de la cuisine. Vous avez le poulet ou la viande crus, mais vous devez les cuire ou les frire ».

Bien qu'il ait grandi musicalement avec Bach et Beethoven, c'est en écoutant de la musique électronique qu'il a eu l'idée de mettre le temps en musique. « Les créateurs de l'EDM (acronyme du genre dance music) mélangent n'importe quel son, un cri de bébé ou un hurlement, et cela m'a fait réfléchir à la manière dont des bruits peu musicaux peuvent être introduits dans certaines œuvres. Les données scientifiques et les données musicales sont toutes deux des données numériques, nous les traitons de la même manière ». Cette conviction que les enregistrements numériques et la composition sont liés l'a conduit à créer la plateforme Polar Geosonif-i, un outil qui collecte toutes les mesures de la Terre, les indicateurs topographiques ou les statistiques sur les changements de température, prêts à être convertis en notes de musique.

 

 

Le pianiste Giorgi Gigashvili reçoit le prix musical de l'économie allemande

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Le pianiste géorgien Giorgi Gigashvili a reçu le week-end dernier à Brême le prix de la musique de l'économie allemande, doté de 15.000 euros. Lors du concert final du concours de cette année, il s'est imposé face à trois autres finalistes, dont le violoniste brésilien Guido Sant'Anna. Les musiciens étaient accompagnés par l'Ensemble Resonanz de Hambourg. Le jury a rendu hommage au « talent exceptionnel de Gigashvili, à son plaisir de jouer contagieux et au bon choix du programme ». Il a notamment convaincu avec son interprétation du Concerto pour piano, cordes et orchestre du compositeur germano-russe Alfred Schnittke, datant de 1979.

Giorgi Gigashvili est originaire de Géorgie. Il a commencé sa formation à la 18th Art School de Tbilissi, et à partir de 2015, il a étudié au conservatoire de cette ville avec Revaz Tavadze. Il a été récompensé, entre autres, à la Tbilisi International Piano Competition 2017 (deuxième prix), à l'International Piano Competition City of Vigo 2019 (premier prix) et à la Ferruccio Busoni International Piano Competition 2019 (troisième prix et prix du public). Gigashvili se produit régulièrement en tant que soliste et musicien de chambre.

Depuis 1953, le département de promotion de la musique du Cercle culturel de l'économie allemande soutient les talents musicaux émergents. Le prix de la musique de l'économie allemande doit servir de soutien au début d'une carrière musicale et s'adresse à des talents particuliers de moins de 30 ans ayant un potentiel reconnaissable pour une carrière couronnée de succès.