Le Journal

Zubin Mehta à l'arrêt pour trois mois

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Zubin Mehta doit être opéré à l'épaule et sera indisponible pour trois mois.
Il a donc annulé tous ses engagements pour cette période.
A la Scala (Milan) où il devait diriger le Rosenkavalier pour les fêtes de fin d'année, c'est Cornelius Meister qui viendra à la rescousse. Un choix assez naturel puisque le chef allemand dirigera la même oeuvre à Vienne le soir du Nouvel An.
On est curieux de voir qui le remplacera à la tête de l'Orchestre Philharmonique d'Israël dont la gestion est contestée. Il se dit que deux chefs auraient déjà refusé l'"interim".

 

Figure culturelle majeure de l’Etat hébreu, le chef indien Zubin Mehta (il est né à Bombay en 1936) est à la tête de l’Orchestre Philharmonique d’Israël depuis plus de 30 ans et il a déjà annoncé qu'il le quittera en octobre 2019.
S'il a marqué son temps, c'est évidemment par son énorme carrière musicale mais c'est aussi par ses prises de position courageuses quand, par exemple, il critique ouvertement la politique des dirigeants d'Israël dans son livre auto-biographie (2006), ou quand, en 1994, il va diriger l'Orchestre Symphonique de Sarajevo pour le Requiem de Mozart dans les ruines de la ville. 

 

Le Brexit des orchestres anglais

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Directeur de l'Orchestre de chambre écossais, Gavin Reid a été élu Président de l'Association of British Orchestra (ABO) pour succéder à Kathryn McDowell (du LSO).
Le Directeur d'ABO, Mark Pemberton, a déclaré qu'il était clair pour le Conseil que Gavin Reid pouvait assurer le leadership nécessaire pour guider l'ABO au cours des prochaines années, y compris les défis soulevés par le Brexit, le financement public et la diversité au sein des orchestres.
Optimiste néanmoins, Gavin Reid a précisé : Notre secteur sera confronté à des défis difficiles au cours des prochaines années. Il y a l'impact que le Brexit pourrait avoir sur nos échanges avec les artistes, les promoteurs, les lieux et les bailleurs de fonds en Europe. Les pressions sur le financement public ne montrent aucun signe d'assouplissement et nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre de vue la nécessité d'aborder les questions de diversité et d'inclusion. Cela dit, nos orchestres n'ont jamais été en meilleure santé artistique, jamais plus innovants, jamais plus résistants et jamais plus nécessaires.

José Carreras et la leucémie

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Désormais à la retraite, le ténor espagnol José Carreras vient de faire un don d'un million d'euros pour financer 20 lits de thérapie par cellules souches destinés à des patients leucémiques de la ville d'Iéna (ex-Allemagne de l'Est).
Atteint lui-même par la maladie dans les années 1980 et contraint alors de suspendre sa carrière pour se concentrer sur traitement qui l'a sauvé, il a créé une Fondation consacrée à la recherche sur la leucémie et reste préoccupé par les taux élevés de cancer dans les parties défavorisées de l'Allemagne unifiée.

Prix Grawemeyer 2018

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Le compositeur danois Bent Sorensen a reçu le Prix Grawemeyer 2018 dans la catégorie "composition" pour son triple concerto L'isola della Città (violon, violoncelle, piano et orchestre)
En cinq mouvements, l'œuvre a été écrite pour l'ensemble danois Trio con brio et l'Orchestre Symphonique danois et elle a été créée à Copenhague en janvier 2016.

Bent Sorensen est né à Borup (Danemark) en 1958. Il a étudié la composition avec Ib Norholm à la Royal Academy of Music de Copenhague et avec Per Norgard à l'Aarhus Music Academy. Influencé au début par la musique spectrale, son oeuvre va du théâtre musical à la musique chorale et la musique instrumentale et se caractérise par des structures microtonales et des surfaces de glissando.
Bent Sorensen s'est révélé au niveau international quand son concerto pour violon Dying Gardens a remporté en 1996 le Prix du Conseil nordique de musique. Professeur de composition invité à la Royal Academy of Music de Londres depuis 2008, Bent Sorensen a remporté d'autres prix, dont le Wilhelm Hansen Composer Prize.

Le Grawemeyer Award (prix Grawemeyer) est américain, annuel et décerné par l'Université de Louisville. Il a été institué en 1984 par H. Charles Grawemeyer -industriel, entrepreneur et mécène- associé à l'Université de Louisville et il ne concernait à ses débuts que la composition. Par la suite, quatre autres catégories sont apparues : éducation, religion, psychologie et "propositions pour améliorer l'ordre mondial".
Dans la catégorie Composition, les prédécesseurs de Bent Sorensen sont Michael van der Aa, Esa-Pekka Salonen, York Höller, György Kurtag, Kaaja Saariaho, Pierre Boulez et György Ligeti, Wolfgang Rihm, et Hans Abrahamsen.

Avis de tempête sur la Seine musicale

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Selon France Musique, Jean-Luc Choplin s’apprêterait à quitter la direction artistique de La Seine musicale, six mois après son ouverture. Une réunion devrait, ce mercredi, entériner son départ.
Que s'est-il passé ? France Musique propose une analyse.
La Seine musicale est, dans le paysage musical, un cas rarissime de PPP (partenariat public-privé) : côté public, il y a le Conseil départemental des Hauts-de-Seine et, côté privé, plusieurs entreprises : pour la construction, le groupement Tempo  (InfraVia, Bouygues et Sodexo) et pour le fonctionnement, la société STS (filiale conjointe de TF1 et Sodexo).
Pour Patrick Devedjian, président du Conseil départemental, le PPP est le modèle idéal et il aurait permis de tenir les coûts et les délais. Le coût de construction avec les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines s’est élevé à 170 millions d’euros, dont 120 apportés par le Conseil départemental.  Mais dans les faits, c’est une autre paire de manche…
Côté public, la direction artistique est supervisée par Laurence Equilbey à la tête de l' Insula Orchestra. Et côté privé, la programmation était confiée à Jean-Luc Choplin. Deux directeurs artistiques dans une même maison, cela veut dire réunions "diplomatiques" de haut vol pour éviter les doublons et ne pas froisser les susceptibilités. Les tensions n'ont pas tardé entre Laurence Equilbey et Jean-Luc Choplin.
Par ailleurs, Jean-Luc Choplin a eu beaucoup de mal à dialoguer avec les équipes de la STS. Quand il était au Théâtre du Châtelet, Choplin bénéficiait d’importantes subventions publiques en provenance de la ville de Paris. A la Seine musicale, STS est une entreprise privée qui veut à tirer du bénéfice de ses activités.
Mais comment gagner de l’argent en programmant de la musique classique, un genre traditionnellement subventionné ? Car Choplin devait programmer une centaine de dates dans la grande salle de 6000 places (destinée aux musiques actuelles, et qui peut légitimement être source de profits) et aussi une quarantaine dans la salle de 1000 places dédiée elle, principalement, à la musique classique. On peut évidemment se demander pourquoi le PPP ne s’est pas scindé en deux, la grande salle au privé et la petite au public.

Comment expliquer de tels flops ?
1. En plein week-end du premier tour de l’élection présidentielle, l'inauguration de la Seine musicale n'a pas bénéficié de la meilleure visibilité médiatique.
2. Pas de fichier public. Quand la Philharmonie de Paris a ouvert ses portes à la Villette, les équipes disposaient des fichiers clients des spectateurs de la Salle Pleyel et de la Cité de la Musique. A la Seine musicale, aucun listing et il fallait monter des partenariats à la hâte.
3. L’accessibilité : arrivé au terminus de la ligne 9, il faut encore une quinzaine de minutes de marche. On parle d'ouvrir une gare dans le cadre du Grand Paris express, de construire un pont, d'affréter des bateaux sur la Seine pour transporter les spectateurs... En attendant, il faut du temps pour y arriver.
4. Le PPP a un impact artistique : pour le spectateur, la programmation manque de cohérence et de clarté. Quelle est la ligne éditoriale d’une salle qui invite aussi bien Michel Sardou que Marc Minkowski ?
5. La concurrence est de plus en plus forte à l’Ouest parisien avec l’inauguration de l’U Arena de Nanterre, plus vaste enceinte fermée d’Europe, destinée à la fois aux événements sportifs et musicaux. Et les choses ne vont pas s'arranger : LVMH prépare une salle de concert au sein de l’ancien Musée des arts et traditions populaires (à côté de la Fondation Vuitton) pour accueillir à la fois des expositions de grande ampleur et des concerts de musiques symphoniques. Avec la possibilité d’ouvrir la salle sur le Jardin d’Acclimatation et d’en faire le cadre de Prom’s à la française

Deux questions aujourd'hui : les concerts programmés par Jean-Luc Choplin et son équipe vont-ils être maintenus ? Et qui pour lui succéder ? Le poste n'a pas l'air commode : avant Choplin et avant même l’inauguration, Laurent Brunner (Château Versailles Spectacles) avait déjà mis une programmation complète en place avant de tirer sa révérence.

Deux visiteurs de marque pour ARTS² à Mons

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Ce jeudi 30 novembre sera une journée bien spéciale pour ARTS².
La Reine Mathilde s'y rendra pour une visite de travail s'inscrivant dans le cadre de sa très active présidence d'honneur du Concours Reine Elisabeth.
Ensuite, ce sera au tour d'Ivry Gitlis d'honorer les murs du vénérable couvent, pour des conseils nourris d'une histoire extraordinaire à nos jeunes violonistes.

L'Italie prépare l'anniversaire de Rossini

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Gioachino Rossini est mort à Passy (Paris) le 13 novembre 1868.
Inhumé au cimetière du Père Lachaise jusqu'en 1887, il rejoignit ensuite Florence pour y reposer dans la Basilique Santa Croce.
L'année 2018 marquera donc le 150e anniversaire de sa disparition, ce que l'Italie n'a pas oublié : la Chambre des Députés vient de voter une série de dispositions pour que soient financées des actions destinées à promouvoir, diffuser, approfondir et préserver la connaissance de la vie, du travail et des lieux liés à la figure de Gioachino Rossini.
Elles seront pilotées par un comité de promotion constitué du Président du Conseil des Ministres et des Ministres du patrimoine culturel et du tourisme, de l'éducation, de l'université et de la recherche, du président de la région des Marches, du maire de Pesaro et de quatre représentants de la culture musicale et de l'art italien et européen, experts par ailleurs de la vie et des œuvres de Gioachino Rossini.
Le Comité dispose d'un budget extraordinaire de 680 000 euros pour 2018 et de 20 000 euros pour 2019. 

Concours Honda, les FINALISTES

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La Honda Competition for Classical Music, rappelons-le, s’adresse aux étudiants des 8 institutions supérieures de musique en Belgique.
Initié l'année dernière, le Concours en est donc à sa deuxième édition et la demi-finale se déroulait ce vendredi 24 novembre dans la grande salle des Conservatoires Royaux de Bruxelles.
Trois finalistes ont été retenus pour l'épreuve finale et se retrouveront dans la même salle le 7 février prochain.  Et, comme l’an dernier, le mécène Honda Benelux offrira aux trois lauréats un montant total de 16 000 euros en prime.

Qui sont-ils et que sait-on d'eux ? 

Balder Dendievel (hautbois)
Il est né à Ostende en 2002. Sa mère Kristien Devolder, musicienne professionnelle elle-même, l'initie aux bases du violon. A 5 ans, il se tourne vers le hautbois et la percussion puis l'orgue, et il suit les cours du Conservatoire de Bruges.
En septembre 2015, il entre au Conservatoire Royal de Musique d'Anvers (qu'il représente ici) pour ses études de hautbois et il poursuit, à la Kunsthumaniora d'Anvers, son parcours à l'orgue et aux percussions. Il fait ses armes à l'orchestre, comme chambriste et en soliste. 
Il a remporté plusieurs prix et il est membre permanent de l'Euregio Youth Orchestra et de l'ensemble I Fratelli qu'il a constitué avec ses quatre frères. 
Ses loisirs sont consacrés à la philosophie et à l'histoire.

Virginie Leonard (soprano) 
Après un Master en "Art Lyrique" au Conservatoire Royal de Musique de Liège avec H. Bernardy et M. Yuasa, Virginie Léonard a poursuivi à l'IMEP (Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie à Namur qu'elle représente ici) un Master "Chant" d'abord, avec F. Viatour, B. Giaux et D. Thonnard, avant d'y intégrer l'European Vocal Department. Depuis la saison 2016-17, elle est "Soliste MM Academy" à La Monnaie. 
Retenue pour l'épreuve finale du 40e Grand Prix International Maria Callas qui se déroulera en décembre, Virginie Léonard était demi-finaliste en juillet dernier à l'International Hans Gabor Belvedere Singing Competition à Moscou. 
Elle a suivi les Masterclasses de Patricia Petibon, Nora Gubisch, Alain Altinoglu, Sandrine Piau, Roberta Alexander, Pascal Dusapin, José Van Dam et Isabelle Kabatu.
Son expérience de la scène n'est pas négligeable : à La Monnaie et à l'Opéra Théâtre de Metz, elle a été Edelknabe dans Lohengrin, Foxie dans La petite Renarde rusée, Alkandre dans Pénélope (Fauré), Soprano 1 dans Three Tales de S. Reich, Desdemone dans Ottelo.
Et elle était dans les choeurs pour le Requiem de Fauré, Juditha triomphans de Vivaldi, L’Elisir d’Amore de Donizetti, La grande Messe des Morts de Berlioz et The Planets de Holst

Emma Posman (soprano) 
Elle a commencé sa formation musicale au MaGo de Gand puis à la MuDa avec Philippe Wesemael avant de rejoindre le Conservatoire Royal de Musique de Gand (qu'elle représente ici) où elle travaille avec Hendrickje Van Kerckhove et où elle obtient son baccalauréat magna cum laude.
Elle a suivi des masterclasses avec Dietrich Henschel, Zeger Vandesteene, Gidon Saks, Salomé Kammer, Jennifer Hamilton, Yva Barthélémy et Valérie Girard.
Elle a remporté le Premier Prix, le Prix du Public et le Prix Spécial 'Eté Mosan' au Concours International Bell'Arte. A deux reprises, elle a remporté le concours de soliste au Conservatoire de Gand, ce qui lui a permis de se produire avec un orchestre dirigé par Dirk Brossé. Elle a été finaliste du Concours Maria Caniglia à Sulmona (Italie) et elle a remporté le 3e Prix du Concours International du Triomphe de l'Art à Bruxelles.
La scène ne lui est pas inconnue, tant en Belgique qu'à l'étranger : elle a chanté les parties de Flora dans Turn of the Screw (Britten), Plaisir et Naïade dans Armide (Gluck), la deuxième femme et la première sorcière dans Didon et Énée (Purcell), Damigella dans L'incoronazione di Popea (Monteverdi), La Princesse dans L'Enfant et les Sortilèges (Ravel) et Lucinda dans Don Chisciotte (Conti). Elle a aussi chanté des scènes d'opéra et d'opérette à l'Opéra de Gand et avec l'ensemble Arte Vocale dirigé par Erika Pauwels.
Les concerts et le domaine de l'Oratorio font aussi partie de sa vie musicale et on retiendra qu'elle dispose déjà d'une belle expérience du côté de la musique contemporaine : elle a participé à la création d'oeuvres de Henk De Bruycker, Dirk Blockeel, Lucien Posman, Sina Rahimi Fetrati, Arne Gunst, Ward De Vleeshouwer, Evert Bogaert et d'autres.

 

 

 

Un bel automne pour le CAV&MA

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L'année 2017 est à marquer d'une pierre blanche pour le CAV&MA, le Centre d’art vocal et de musique ancienne dont le siège est installé à Namur.
On sait qu'il vient de rentrer d'une tournée en Amérique du Sud que l'on peut, sans exagérer, qualifier de triomphale. On sait aussi qu'il disposera bientôt d’une nouvelle salle de 800 places dans un ensemble architectural rénové qui accueillera aussi le conservatoire. 
La dernière bonne nouvelle est venue de la Ministre de la Culture, Alda Greoli, du contrat-programme et des 200.000 euros supplémentaires.
Directeur du CAV&MA, Jean-Marie Marchal garde bien les pieds sur terre : C’est de l’argent qui va permettre de renforcer l’équipe et de développer des projets plus longs et plus lointains.

Dudamel pour le Nobel

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Le Comité des Prix Nobel s'est adressé à Gustavo Dudamel.
C'est donc lui qui dirigera le Royal Stockholm Philharmonic pour le concert du 8 décembre.