Le Journal

Encore un record de candidatures

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La 19e édition du Concours International de piano Paloma O'Shea Santander qui se déroulera du 25 juillet au 5 août prochain a démarré avec un nombre exceptionnel de candidats.
A la clôture des inscriptions ce 13 novembre, le concours compte 241 demandes.
Elles  proviennent de 44 pays différents, principalement d'Europe, avec 116 inscriptions d'Autriche, Biélorussie, Chypre, République tchèque, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Serbie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Ukraine. Les autres candidats sont des Américains et des Asiatiques.
Leur âge varie entre 15 et 31 ans, la majorité étant âgée de 24 à 29 ans.

Le processus d'admission va débuter : après une analyse exhaustive des candidatures, les personnes admises se présenteront en février et participeront à la phase de présélection qui se déroulera en mars et avril 2018 à Madrid, Moscou, New York et Paris, sous forme d'auditions publiques. Le Jury de Présélection (Márta Gulyás, présidente, et les pianistes Alexander Kandelaki et Luis Fernando Pérez) annoncera en avril les noms des 20 participants qui seront attendus en juillet au Palais des Festivals de Santander.

Le jury définitif réunira alors le chef espagnol Jesús López Cobos, ancien directeur musical du Teatro Real à Madrid, qui présidera et, pour vice-présidents, les pianistes Joaquín Achúcarro et Jian Li, et l'Américain Samuel Holland, doyen du département "musique" de la Meadows Art School de l'Université méthodiste du Sud.
Le reste du jury : les pianistes Dmitri Alexeev (Russie), Akiko Ebi (Japon), Márta Gulyás (Hongrie), Claudio Martínez-Mehner (Espagne/Allemagne), Arie Vardi (Israël), Ian Yungwook Yoo (Corée du Sud) ), et Marco Zuccarini (Italie), Directeur du Conservatoire G. Verdi de Turin.
Pour plus d'informations : www.santanderpianocompetition.com

www.youtube.com/concurso

José Razador a quitté la scène

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Nous venons d'apprendre le décès du ténor belge José Razador.
Né à Châtelet en 1935, d'origine italienne, il avait débuté comme soliste à l'Opéra de Liège en 1970. Et pendant trois décennies, il a chanté en Belgique et en France, assumant toute une série de rôles importants : Faust, Werther, Pinkerton, Luigi (Il Tabarro), Ismaele (Nabucco), Sou-Chong, Macduff, Dimitri (Boris), Mario (Tosca), Rodolfo (Bohème), Vladimir (Prince Igor), Barinkay (Zigeunerbaron), Fenton (Falstaff), le Duc (Rigoletto), Alfredo (Traviata), Don José (Carmen), Rinuccio (Gianni Schicchi), Turiddu (Cavalleria Rusticana), Mylio (Le Roi d'Ys), Canio (Pagliacci), Nadir (Les Pêcheurs de Perles),... 
Il a aussi enregistré deux albums d'opérette et de chansons napolitaines ainsi que des extraits de Lucille de Grétry.

 

Des émotions multiples pour Mariss Jansons

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Le chef d'orchestre letton a eu une semaine chargée !
D'abord, interrogé par un journaliste du Telegraph à propos des femmes chef d'orchestre, il avait répondu qu'elles "ne sont pas ma tasse de thé".
Sitôt publié, le commentaire a évidemment fait réagir beaucoup de monde et les réseaux sociaux se sont chargés de le diffuser partout. 
Vendredi, Mariss Jansons s'en excusait donc et expliquait :
Je suis d'une génération où la profession de chef était presque exclusivement réservée aux hommes. Même aujourd'hui, c'est un métier où il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes. Ma remarque était maladroite, inutile et contre-productive mais il s'agissait, pour moi, de souligner que je ne suis pas encore habitué à voir des femmes à la direction d'un orchestre.
Toutes mes collègues féminines et toutes les jeunes femmes qui souhaitent devenir chef d'orchestre peuvent être assurées de mon soutien car nous travaillons tous à la poursuite d'un objectif commun : enthousiasmer les gens pour la l'expression artistique que nous aimons tant, la musique.
Rien ne permet de douter de l'honnêteté de cette réaction : Mariss Jansons a largement prouvé tout au long de sa vie qu'il est capable de résister aux pressions, commerciales ou autres, soviétiques ou occidentales. Sans compter que l'anglais est sa quatrième langue (après le letton, le russe et l'allemand)...

Et vendredi soir, il recevait à Londres la Médaille d'Or de la Royal Philharmonic Society qui soulignait sa créativité : Jansons est l'un des plus grands musiciens contemporains, capable de combiner la discipline et l'inspiration dans sa direction. Ses interprétations du texte musical sont précises et détaillées mais offrent toujours de nouvelles découvertes. La Royal Philharmonic Society a loué aussi son engagement dans la formation des jeunes musiciens.

Cette Médaille d'Or à l'effigie de Beethoven figure parmi les plus importantes distinctions honorifiques de la musique classique et Jansons en devient le 104e récipiendaire.
Elle fut décernée pour la première fois en 1870, à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Beethoven. Elle est allée à Johannes Brahms, Ralph Vaughan Williams, Richard Strauss, Igor Stravinsky, Benjamin Britten, Daniel Barenboim, Nikolaus Harnoncourt, Pierre Boulez, Henri Dutilleux, György Kurtág,...
C'est la pianiste Mitsuko Uchida, elle-même "médaillée", qui la lui a remise à l'issue d'un concert avec son Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise au London Barbican Hall.

Pour les plus jeunes : Mariss Jansons est né le 14 janvier 1943 à Riga, en Lettonie. Il a étudié le violon, le piano et la direction d'orchestre au Conservatoire de Leningrad puis il a poursuivi ses études en Autriche avec, entre autres, Karajan. En 1973, il était nommé chef adjoint de l'Orchestre Philharmonique de Leningrad. De 1979 à 2000, il était à la tête de l'Oslo Symphony Orchestra suivi du London Philharmonic Orchestra puis du Pittsburgh Symphony Orchestra. Depuis 2003, il est chef principal du choeur et de l'orchestre symphonique de la Bayerischer Rundfunk (BR). En 2006, il dirigeait pour la première fois le Concert du Nouvel An avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne.
Mariss Jansons a déjà reçu l'hommage de nombreux prix dont le Grammy dans la catégorie "Meilleur orchestre en 2006" et la Médaille Three Star 2006, la plus haute distinction en République de Lettonie.

La soprano Carol Neblett s'en est allée

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Nous venons d'apprendre le décès de la soprano américaine Carol Neblett.
Née à Modesto (Californie), Carol Neblette a grandi à Redondo Beach et étudié à Los Angeles.
En 1969, faisait ses débuts au New York City Opera dans le rôle de Musetta de La Bohème (Puccini). Restée fidèle à la maison, on l'y retrouve dans le Prince Igor (dirigé par Julius Rudel), Faust, Manon, Louise (avec John Alexander et plus tard Harry Theyard), La Traviata, Le Coq d'Or, Carmen (en Micaëla dans une mise en scène de Tito Capobianco), Le Mariage de Figaro (en Contessa Almaviva avec Michael Devlin et Susanne Marsee), Don Giovanni (Donna Elvira), L'Incoronazione di Poppea ( avec Alan Titus en Nerone), Ariadne auf Naxos ou Die tote Stadt (production de Frank Corsaro). 
En 1976, elle interprète Tosca avec Luciano Pavarotti au Lyric Opera de Chicago.
En 1977, elle atait Minnie dans La Fanciulla del West (un de ses rôles-phares) avec Plácido Domingo, pour le Jubilé de la Reine Elizabeth II à Covent Garden.
En 1979, le Metropolitan Opera vient la chercher pour Senta dans Le Hollandais Volant avec José van Dam, une production de Jean-Pierre Ponnelle.
Elle chante au Met jusqu'en 1993 : Tosca, La Bohème, Un Ballo in Maschera (avec Carlo Bergonzi), Don Giovanni, Manon Lescaut, Falstaff (avec Giuseppe Taddei) et La Fanciulla del West,...
Elle a chanté un peu partout dans le monde et on en garde des enregistrements mémorables : Musetta (La Bohème) avec Renata Scotto, Alfredo Kraus, Sherrill Milnes et Paul Plishka sous la direction de James Levine (1979); La Fanciulla del West dirigée par Zubin Mehta, avec Domingo et Milnes (1977); la Symphonie n ° 2 de Mahler (Résurrection) avec Claudio Abbado, Marilyn Horne et le Chicago Symphony Orchestra (1977) ou Marietta de Die tote Stadt avec René Kollo, et Erich Leinsdorf à la baguette (1975).
Elle était aussi familière des plateaux de télévision et elle avait été invitée au Tonight Show.
Ces dernières années, Carol Neblett était artiste en résidence et professeur de chant à l'Université de Chapman (Californie du Sud). Elle a aussi été membre de l'Académie Lyrique Internationale à Rome.
Rappelons enfin qu'elle fit la une de la presse internationale outrée quand, en 1973, elle offrit une séquence topless dans Thaïs de Massenet. Autres temps...

A Genève, le palmarès du Concours de Composition

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Au terme de la finale publique qui s’est déroulée ce dimanche, le 1er Prix de Composition a été décerné au Coréen Jaehyuck Choi (23 ans) pour son concerto pour clarinette et orchestre Nocturne III.
Le 2e Prix va à l’Israélien Yair Klartag pour Bocca Chiusa. C'est lui aussi qui remporte le Prix des Etudiants.
Le Prix du Public et le Prix Jeune Public sont allés au Coréen Hankyeol Yoon et .
Les trois finalistes ont par ailleurs reçu un prix spécial leur offrant l’opportunité d’écrire une œuvre pour violon solo qui sera imposée lors du Concours Menuhin 2018.

Cette année, le Concours de Genève proposait pour la première fois un Prix de Composition consacré à une oeuvre pour soliste et orchestre.
Le sujet choisi est un concerto pour clarinette et orchestre.
Ce concerto sera l’oeuvre imposée du concours de clarinette en 2018. 

Les 85 ans de Joachin Achucarro

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Le pianiste Joaquín Achúcarro célèbrera son 85e anniversaire ce week-end avec l'Orchestre National d'Epagne (ONE).
Malgré une sciatique inattendue, Achúcarro a plaisanté lors de la présentation à la presse de ce concert, assurant qu'il se porte anormalement bien et que, pour l'instant, il ne pense pas à s'éloigner des scènes. Je veux continuer à tout jouer: Mozart, Brahms ... C'est le destin qui décidera de ma retraite, a-t-il souligné. Au programme de cette fin de semaine sous la direction de Pedro Halffter, Ravel : le Concerto pour piano et le Concerto pour la main gauche.

Joaquín Achúcarro est né à Bilbao (Espagne) et il a grandi dans les années difficiles de l'après-guerre d'Espagne. Il a commencé l'étude du piano au Conservatoire de Bilbao et à 13 ans, il faisait ses débuts à Bilbao dans un concerto de Mozart, avec un orchestre local. Adolescent, il part à Madrid pour étudier la physique, mais peu de temps après avoir obtenu son diplôme, il ne se consacre plus qu'à la musique et s'installe à Sienne (Italie) pour étudier à l'Académie musicale Chigiana, prenant par ailleurs des cours avec José Cubiles. En 1959, il remportait le 4e Prix du Concours International de Piano Ferruccio Busoni et le 1er Prix du Concours International de Liverpool. Sa carrière démarrait.

Il a joué dans 58 pays avec 206 orchestres parmi lesquels l'Orchestre Philharmonique de Berlin, le Philharmonique de New York, l'Orchestre symphonique de Londres, le Philharmonia, l'Orchestre philharmonique de la BBC, l'Orchestre symphonique de Baltimore, l'Orchestre philharmonique de Londres, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin , l'Orchestre symphonique de Chicago, Orchestre National de France, Orchestre philharmonique de Tokyo,... sous la direction de Claudio Abbado, Riccardo Chailly, Zubin Mehta, Yehudi Menuhin, Seiji Ozawa, Simon Rattle.

Ses compositeurs de prédilection sont Brahms, Rachmaninov, Ravel et plusieurs compositeurs espagnols.

Au milieu des années '80, il débuta une carrière de Professeur à la Meadows School of the Arts de l'Université méthodiste du Sud à University Park (Texas).
Il a enregistré plus de 30 CD pour différents labels.
En 1996, il a reçu des mains du roi Juan Carlos la Médaille d'or du Mérite des Beaux-Arts. Il est Commandeur de l'Ordre d'Isabelle la Catholique, membre de l'Académie Royale des Beaux-Arts Saint-Ferdinand et membre honoraire de la Real Academia de Bellas Artes de Nuestra Señora de las Angustias (Grenade).

Recrutement à l'Opéra du Rhin

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L’Opéra National du Rhin (OnR) recrute de jeunes artistes lyriques (soprano, mezzo, ténor et baryton-basse) pour la saison 2018-2019 de son Opéra Studio (direction Vincent Monteil).
Le programme pédagogique prévoit 
• rôles et doublures dans les productions de la saison de l’OnR (des répétitions aux représentations)
• stages intensifs dans les divers répertoires (français, italien, allemand, etc.)
• master-classes ponctuelles avec des artistes de renommée internationale
• cours d’expression et de jeu dramatique
• acquisition/approfondissement du répertoire
• concerts, récitals, versions semi-scéniques, Dîners sur scène, collaborations avec le Ballet de l’OnR, avec des acteurs, etc.
• participation à des manifestations extérieures: institutions, entreprises, amis de l’OnR, partenaires, action culturelle et pédagogique
• travail quotidien avec des pianistes chefs de chant.
L’Opéra Studio est ouvert aux jeunes artistes de toutes nationalités âgés de moins de 32 ans au 1er septembre 2018 pour les hommes et de moins de 30 ans au 1er septembre 2018 pour les femmes.
Les artistes désireux de se présenter aux auditions de recrutement devront envoyer un dossier de candidature par la poste avant le 22 décembre 2017 dernier délai, cachet de la poste faisant foi, à l’attention de Mme Claire Meyer Chargée de production Opéra Studio - La Manufacture 6 route d’Ingersheim / 68000 Colmar (France).
Le dossier comprendra
• un Curriculum Vitae (en précisant la date de naissance)
• une lettre de motivation
• un enregistrement personnel (sur CD ou DVD uniquement) d’au moins deux airs de langues et de styles différents (datant de moins de 6 mois)
• une liste de cinq airs que l’artiste souhaite présenter (airs à choisir dans trois langues différentes, dont une étant obligatoirement le français).
Les artistes sélectionnés recevront une convocation personnelle au cours du mois de janvier. 
Renseignements cmeyer@onr.fr / +33(0)642206889

After Brexit

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La Commission Européenne a annulé hier les propositions du Royaume-Uni en vue d'accueillir la Capitale Européenne de la Culture après 2019. 
Plusieurs villes qui se sont portées candidates pour 2023, de même qu'un Ministre, ont exprimé leur consternation.
A quoi s'attendaient-ils donc en votant le Brexit ?

Mieux vaut tard que jamais

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Si Beethoven a passé de nombreuses années à Vienne et y est décédé en 1827, la ville s'était jusqu'ici contentée de lui rendre l'hommage d'un petit mémorial devant son domicile et de faire fortune dans l'exploitation de son passé musical.
Mais voilà qu'approche le 250e anniversaire de sa naissance (2020) !

Beethoven (1770-1827) a donc désormais son musée dans la maison où il s'est installé en 1802 (19e arrondissement).
Dès mardi prochain, le public pourra y accéder et découvrira, sur 450 mètres carrés, la vie et l'œuvre du compositeur, structurées en six chapitres avec, annonce-t-on, de nombreuses pièces originales.
Il y a en tout cas des cornets acoustiques et un appareillage pour expérimenter la perte progressive d'audition du compositeur. 

 

 

A Salzbourg, encore raté !

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A l'Université Mozarteum de Salzbourg, la dernière tentative de nomination d'un recteur vient encore d'échouer.
Il y a quelques jours, le Mozarteum annonçait avoir trouvé un arrangement avec Elisabeth Gutjahr au sujet de son salaire : 140 000 € au lieu des 250 000 € demandés (comme nous l'avions rapporté).
Mais il nous revient qu'elle aurait finalement réclamé 270 000 euros par an, provoquant la démission de trois membres du Conseil de l'Université qui n'ont pas voulu soutenir cette exigence et exigeaient que le salaire du recteur soit adapté à la structure des revenus de la maison.
Re-rupture donc, et embarras...

Récapitulatif !
Il y a deux ans, le Mozarteum nomme Recteur le pianiste allemand Siegfried Mauser mais rapidement il est accusé de comportements sexistes et condamné par le Tribunal de Munich. Il fallut donc l'écarter.
Le successeur pressenti, Reiner Schuhenn, s'est intéressé à la gouvernance du Mozarteum et il a décliné la proposition avant même d'avoir pris ses fonctions.
Dans l'urgence, c'est Elisabeth Gutjahr, Recteur de la Staatliche Hochschule für Musik de Trossingen depuis septembre 2006, qui est sollicitée. Mais ses exigences salariales sont exorbitantes. 
Sur place, c'est le désarroi tandis que cela commence à faire sourire l'Europe culturelle.