Le violoncelle britannique au féminin

par http://psy-religion.com/

British Cello Works. Ethel Smyth  (1858-1944) : Sonate en mi mineur pour violoncelle et piano ; Elizabeth Maconchy  (1907-1994 ) : Divertimento pour violoncelle et piano ; Elisabeth Lutyens (1906-1983) : Nine Bagatelles pour violoncelle et piano ;  Rebecca Clarke  (1886-1979) : Rhapsody pour violoncelle et piano. Lionel HANDY, violoncelle ; Jennifer HUGHES, piano. 2019-73’06- Présentation en anglais- LYRITA SRCD.383

La qualité du son séduit l’auditeur dès les premières minutes. Ce n’est guère surprenant ! Car l’aventure du label britannique Lyrita n’est pas ordinaire. Né de la passion perfectionniste de Richard Itter en 1959, ce label a joué un rôle important dans la découverte et la mise en valeur du répertoire du Royaume Uni -encore souvent négligé-  bien que Bax, Bliss, Cooke, Butterworth, Walton ou, aujourd’hui, Georges Benjamin (Lessons in love ans violence déjà commenté par Crescendo) fassent désormais resplendir le génie insulaire, aux côtés de Britten ou Vaughan Williams. Après un enregistrement  remarqué de sonates d’Ireland, Delius et Bax, le violoncelliste Lionnel Handy et la pianiste Jennifer Hughes présentent aujourd’hui quatre œuvres très différentes qui se succèdent dans le temps.

La Sonate en mi mineur de Smyth date de 1880. Remarquable par sa texture équilibrée, elle reflète naturellement les influences de la fin du XIXe siècle. La légèreté évoque Mendelssohn tandis que le lyrisme, la faculté de développer la ligne mélodique, d’élargir le chant font textuellement référence à Schubert. On identifie des réminiscences viennoises et germaniques ingénieusement serties dans le discours. L’influence de Schumann ou de Brahms se concilient heureusement avec une touche d’espièglerie et de tendresse. Vingt-huit minutes d’enchantement. Le violoncelle de Lionel Handy sonne chaleureux, toujours élégant. L’écoute et l’entente mutuelle avec le piano précis et lumineux de Jennifer Hughes donnent beaucoup de cohérence à cette sonate comme aux œuvres qui lui succèdent.

Le Divertimento en cinq épisodes pour violoncelle et piano de Maconchy a été composé en 1941-43. Un zeste d’impertinence, une nervosité rythmique marquent la Serenade, comme ce Golubchik (Douceur câline) d’une minute quarante-neuf suivi de Clock encore plus bref. Une belle pédale embuée de nostalgie slave (Vigil) contraste avec Masquerade aux appuis bondissants. Puis, les Nine Bagatelles (1942) de Lutyens illustrent ces années de créativité acharnée où la tonalité se dérobe, les rythmes se décomposent, la concision l’emporte. C’est un tout autre univers enfin qui se dessine avec la Rhapsody de Clarke composée, elle, antérieurement (1923). La perspective y semble dilatée. Une plainte prenante alterne crescendos et grandes plages d’apaisement ; les ruissellements du piano sont alors rejoints par le ronronnement tranquille du violoncelle. L’un et l’autre échangent sans heurts leurs ambitus respectifs puis s’estompent en ondoiements. Sans être novatrice, la poésie flottante de cette dernière pièce se révèle d’écoute très agréable.

Sur la couverture figurent seulement les noms des compositeurs. Nous avons respecté cette présentation car -faut-il le préciser ?- il s’agit de compositrices : Ethel Smith, Elizabeth Maconchy, Elisabeth Lutyens et Rebecca Clarke. Ce qui reste étranger à la qualité et la musicalité de cet enregistrement  rare.

Bénédicte Palaux Simonnet

 

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