Le violoncelle de Richard Strauss, intime et poignant

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strauss

Richard STRAUSS
(1864 - 1949)
Sonate en Fa majeur, op. 6 – Romance en Fa majeur, TrV 118 – Morgen op. 27, n°4 – Befreit op. 39, n°4 – Wiegenlied op. 41, n°1
Sébastien Walnier (violoncelle), Alexandre Gurning (piano), Lorenzo Gatto (violon) – 2018-DDD-49’33-Textes de présentation en français et anglais – CYP1676

Actuellement, la musique pour violoncelle de Richard Strauss est à l’honneur comme nulle autre ! Tandis qu’Ophélie Gaillard vient de s’attaquer à l’intégralité du répertoire pour violoncelle du compositeur allemand chez Aparté, ici, nos compatriotes belges Sébastien Walnier et Alexandre Gurning nous proposent un voyage dans l’intimité de l’univers musical straussien. La Sonate en Fa majeur, œuvre de jeunesse rappelant vaguement du Mendelssohn, est prise avec élan ! D’emblée, le mélange entre l’énergie étincelante et la rondeur de la prise de son (et quelles graves !) provoque chez l’auditeur le sentiment d’écouter un véritable enregistrement live. Le duo transmet impeccablement la phénoménale fougue de jeunesse du premier mouvement, l’oscillation entre recueillement religieux et lyrisme amoureux du second mouvement, et la bonne humeur du Finale. L’interprétation convainc par son ampleur et son intensité – la souplesse rythmique et la variété d’articulations d’Alexandre Gurning soulignent bien les touches de liberté du premier violoncelle de La Monnaie, Sébastien Walnier. On aurait tout de même espéré un climax plus abouti dans le deuxième mouvement et des démanchés un rien plus nets… ce ne sont que des broutilles face à cette version de qualité !
Suit la jolie (mais pas plus) Romance en Fa majeur, contemporaine à la Sonate, à l’origine pour violoncelle et orchestre, ici dans sa réduction pour violoncelle et piano. On retrouve le même jeu de contraste entre deux différentes atmosphères que dans le 2ème mouvement de la Sonate, ici entre la virilité des simili-récitatifs et la tendresse du chant du violoncelle.
Le CD se conclut avec trois transcriptions de lied poignantes, prouvant aisément que les adaptations instrumentales de ce type sont loin d’être exclusives à l’œuvre de Schubert. Dans Morgen, première des trois transcriptions, Walnier et Gurning sont rejoints par Lorenzo Gatto, violoniste adulé par le public belge. Et pour cause ! À eux trois, le trio ferait pleurer des pierres. Leur sensibilité et fragilité commune est accentuée par la prise de son rapprochée. Cependant, celle-ci favorisant l’approche intimiste de la musique de chambre, certaines oreilles fines pourraient être légèrement gênées par les parasites sonores qui s’infiltrent dans le discours musical - en particulier dans le solo de Lorenzo Gatto, où l’on entend l’effleurement de l’archet et une corde qui résonne par accident.
Ne boudons pas notre plaisir - trois phénoménaux musiciens belges et un label bruxellois qui prime la qualité. Il y a de quoi être fier !
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP

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