Hommage à la Moravie

par creative writing woodbridge
Leaves

Leos JANACEK
(1854 - 1928)
Pohádka (Un Conte) - Une feuille emportée, tiré du cycle « Sur un sentier recouvert » (arrangé par Milos Sadlo)
Josef PALENICEK
(1914 - 1991)
Variations sur l’hymne choral « O Tête sacrée, maintenant blessée »
Bohuslav MARTINU
(1890 - 1959)
Sonate no. 2 pour violoncelle et piano 
Lucie Stepanova (violoncelle), Ksenia Kouzmenko (piano) – 58’14 – Livret de Présentation en anglais et en allemand – COBRA 0069

Janacek peut être facilement qualifié d’être le plus grand compositeur tchèque du 20ème siècle – ses œuvres, ne serait-ce qu’en Belgique, sont programmées régulièrement dans les plus grandes salles et maisons d’opéras. Il s’inspire librement du folklore slave et morave tout en se distanciant du romantisme de ses prédécesseurs Dvorak et Smetana, se formant ainsi un langage musical moderne et unique en son genre. Pohádka (Un Conte), seule œuvre du compositeur pour violoncelle et piano, est un poème symphonique miniature basé sur un poème de l’auteur russe Vasily Zhukovsky « Le Comte du Tsar Berendyey ». Ce joyau malheureusement peu connue raconte alors les périples de l’histoire d’amour du beau prince Ivan et la jolie princesse Maria, charmant par son lyrisme, ses atmosphères oniriques et sa concision - les 11 minutes de musique réparties sur 3 mouvements rapprochent la pièce de la Sonate pour violoncelle de Debussy.
Jolie découverte avec le premier enregistrement commercial disponible des Variations sur l’hymne choral « O Tête sacrée, maintenant blessée » de Josef Palenicek, pianiste-compositeur du XXème siècle essentiellement connu par le grand public pour ses interprétations de Janacek, Martinu, Roussel, Debussy, Ravel... Écrites en 1942 lors de l’occupation Allemande de la Moravie, les neuf courtes variations inventives et énergiques qui suivent l’hymne reflètent les sentiments du peuple tchèque durant cette période éprouvante. Son style musical mêle clairement le néoclassicisme parisien de Martinu et Poulenc avec l’audace harmonique et le pathos de son ainé Janacek. Les variations, loin d’être pessimistes et stridentes, prennent un caractère essentiellement majestueux, agrémentés ici de teintes lumineuses, là d’un caractère folklorique. On se souviendra surtout de la 6ème variation qui alterne une atmosphère féérique et un fugato martial, et du Finale éclatant.
Suit la 2ème Sonate pour violoncelle et piano (1942) de Bohuslav Martinu. On y retrouve l’opposition entre la légèreté fantaisiste et la gravité, typique de l’écriture du compositeur, mais l’œuvre pâlit comparées à d'autres sonates de l’époque (Chostakovitch, Prokofiev, Poulenc). Le CD se clôt avec un retour à l’univers de Janacek avec un joli arrangement d’Une feuille emportée tiré du cycle de miniatures pour piano Sur un sentier recouvert,
La violoncelliste tchèque Lucie Stepanova et la pianiste biélorusse Ksenia Kouzmenko s’attaquent à ce répertoire exigeant avec des interprétations qui laissent transparaitre toute l’originalité de chacun de ces compositeurs. On regrette néanmoins la prise de son rapprochée qui accentue fortement l’agressivité et le son aigre de la violoncelliste. Quelques touches de douceur auraient été bienvenues, en particulier dans l’ultime plage Une feuille emportée.
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP

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