Les messes de Haydn interprétées dans la grande tradition allemande

par

Joseph HAYDN :  (1732-1809). Missa Cellensis, Missa brevis, Nelsonmesse, Schöpfungsmesse, Harmoniemesse, Heiligmesse, Theresienmesse, Paukenmesse. Priska ESER-STREIT, Letizia SCHERRER, Donna BROWN, Simona SATUROVA, Sibylla RUBENS, Ruth ZIESAK (sopranos), Anne BUTER, Roxana CONSTANTINESCU, Daniela SINDRAM, Ingeborg DANZ (altos), Christoph GENZ, Maximilian SCHMITT, Lothar ODINIUS, James TAYLOR, Corby WELCH, Christoph PREGARDIEN (ténors), Thomas HAMBERGER, Michael NAGY, Markus EICHE, Yorck Felix SPEER, Michael BRODARD, Orpheus Chor München, Neue Hofkapelle München, Gächinger Kantorei Stuttgart, Bach-Collegium Stuttgart, Oregon Bach Festival Chorus and Orchestra, Orchestre Symphonique de la radio de Stuttgart, dir.: Helmuth RILLING, Gerd GUGLHÖR.  1992-2008-DDD-74'42, 79'09, 76'29 et 75'34-Textes de présentation en anglais, français, allemand et italien-Hänssler HC15017 (4 cd)

Ce sont pas moins de huit des quatorze messes sorties de la plume de Joseph Haydn, les plus célèbres, qui nous sont proposées dans ce petit coffret Hänssler, pour la plupart dirigées par Helmuth Rilling dans des enregistrements datés de 1997 à 2008.

Qu'on ne s'attende pas ici à des révélations fracassantes, dans le style de Nikolaus Harnoncourt, ni à de grandes fresques telles que savaient si bien les peindre un Rafael Kubelik ou un Leonard Bernstein. Qu'on n'y cherche pas non plus une relecture baroquisante comme l'a tenté Bruno Weil. La sobriété est ici de mise: un travail de Kapellmeister, ce terme étant utilisé ici dans un sens strictement positif. Ces interprétations se rapprocheraient davantage de celles de George Guest qui, lui aussi, explora en profondeur cet univers d'une exceptionnelle richesse, mais sous un éclairage idiomatique fort différent, on s'en doute. Cette apparente modestie porte d'ailleurs ses fruits en pénétrant au plus profond du discours haydnien car l'émotion surgit justement de la désarmante évidence de cette musique qui n'est jamais si belle et si grande que lorsqu'elle est jouée sans le moindre artifice, comme elle l'est ici. Par ailleurs, simplicité ne rime absolument pas avec absence d'engagement.

A ce titre, la Messe de Lord Nelson est significative: Rilling parvient à y trouver un équilibre, assez exceptionnel à notre sens, entre rigueur interprétative et expression de l'angoisse qui habite cette fabuleuse partition. Les mêmes constatations valent pour la Missa in tempore belli, où l'angoisse surgit de toutes parts mais avec une remarquable retenue. Hormis Sybilla Rubens et Christoph Prégardien, les chanteurs sont peu connus; il n'empêche qu'ils tiennent leur partie avec art. Un coffret à destiner à tous les amoureux de Haydn et à ceux rebutés par les tentatives pas toujours convaincantes de Weil, ni par les coups de boutoir de Harnoncourt, ni par le discours parfois bien trop lisse de Guest.

Bernard Postiau

Son: 9 Livret: 2 Répertoire: 10 Interprétation: 9

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