Louis Lortie met la barre haut dans Chopin

par
Lortie

Frédéric CHOPIN
(1810 - 1849)
Mazurkas op. 7, 33 et 59 - Polonaises op. 26 N° 1 et 2, op. 44 - Allegro de concert op. 46
Louis Lortie (piano)
2017 - DDD- 71’05- Textes de présentation en anglais, allemand et français- Chandos CHAN 10943

Pour ce cinquième volume de son intégrale en cours pour Chandos, Louis Lortie a composé un très beau programme, composé de trois séries de mazurkas chacune suivi d’une polonaise, avec en prime cette rareté qu’est l’Allegro de concert.
Dès l’entame de la premières des Quatre Mazurkas de l’op. 7, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte qu’avec Lortie Chopin est en de (très) bonnes mains. Le pianiste franco-canadien qui joue ici un superbe Fazioli -instrument magnifique à la fois puissant et clair, bien qu’enregistré d’un peu près, ce qui gêne par moments dans des forte parfois à la limite de la saturation- aborde ce répertoire avec autant d’élégance que de spontanéité, mettant en valeur les mélodies souvent déroutantes de ces oeuvres comme les rythmes toujours virils et bondissants de ces danses interprétées avec une belle franchise, alors que ses petites hésitations agogiques (comme dans la Mazurka 0p. 33 n° 3) sont très convaincantes et typiques de cette approche naturelle et spontanée où l’interprète réussit à toujours éviter la brutalité comme le maniérisme. Et son interprétation des Polonaises n’est pas en reste. Le ton menaçant -d’outre-tombe, presque- de l’introduction de la Polonaise op. 26 n° 1 impressionne beaucoup, mais dès que la danse reprend ses droits, Lortie fait preuve d’une élégance virile dans sa maîtrise des rythmes et d’un chic fou dans la légèreté des traits comme dans le déploiement du chant. La deuxième Polonaise du même opus est tout aussi réussie, et l’on y remarque une technique souveraine dans des octaves jouées double, triple ou quadruple forte sans la moindre crispation, sans parler du superbe contrôle de la dynamique dans l’épisode meno mosso.
Mais c’est dans l’extraordinaire Polonaise op. 44 -certainement la plus belle de toutes- que Lortie se montre à son considérable meilleur, dans un jeu qui allie à la fois une magnifique clarté et une réelle profondeur, sans parler de sa fabuleuse technique et de son contrôle de la sonorité (même s’il lui manque parfois la morgue aristocratique et le soupçon de violence que savait y mettre l’incomparable Witold Malcuzynski, réédité chez Warner/Icon). Si l’Allegro de concert ne fait pas partie des plus remarquables créations de Chopin, Lortie le défend avec la plus grande éloquence possible, concluant ainsi un récital de très grande classe.
Patrice Lieberman

Son 8 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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