Massaki Suzuki conclut en beauté son cycle de cantates profanes de Bach

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Cantates profanes. Angenehmes Wiederau, BWV 30a. Ich bin in mir vergnügt, BWV 204*Carolyn Sampson* (soprano), Robin Blaze (contre-ténor), Makoto Sakurada (ténor), Dominik Wörner (basse). Bach Collegium Japan. Masaaki Suzuki (direction). 2018-DDD-66’11-Textes de présentation en français, allemand et anglais- Textes des cantates en allemand et anglais- BIS-2351

Après avoir oeuvré de 1995 à 2014 à un enregistrement intégral des Cantates d’église de Bach auxquelles ils ont consacré une fabuleuse somme en 55 cd, le chef Masaaki Suzuki et son Bach Collegium Japan clôturent à présent en beauté leur intégrale de toutes les cantates du Cantor avec la toute dernière parution d’une série de dix cd consacrés aux cantates profanes.

La cantate Angenehmes Wiederau BWV 30a qui ouvre le disque est écrite à la gloire d’un certain Johann Christian von Hennicke, nouveau propriétaire du domaine de Wiederau près de Leipzig. Et dès l’abord, on reconnaît les enthousiasmantes caractéristiques qui rendent le Bach de Suzuki si agréable à l’écoute: la légèreté, la joie et l’esprit festif du chœur d’ouverture, les fines contributions des solistes instrumentaux (bois pleins d’esprit), mais aussi la parfaite cohérence stylistique et l’élégance naturelle et dépourvue de tout maniérisme du chef japonais. L’oeuvre compte cinq airs pour solistes vocaux et permet d’apprécier les belles contributions de la basse Dominik Wörner, du ténor japonais Makoto Sakurada à l’allemand impeccable et dont le timbre -plus allemand que nature- rappelle un peu Peter Schreier, du contre-ténor Robin Blaze à la couleur vocale parfois curieusement désincarnée (mais dont le dialogue avec la flûte solo dans l’air Was die Seele kann ergötzen est un véritable régal) et de l’irréprochable et exquise soprano Carolyn Sampson. Le quatuor qui réunit les quatre solistes est un moment de pure beauté.

La cantate pour soprano solo Ich bin in mir vergnügt BWV 204 est rare au disque comme au concert, mais ce joyau méconnu bénéficie d’une interprétation remarquable de la part de l’excellente Carolyn Sampson. Le ton quelque peu moralisateur du livret du poète Hunold (plus deux strophes d’un auteur anonyme) célébrant -comme le dit si justement Klaus Hofmann dans son excellente notice « un bonheur terrestre basé sur la frugalité et l’acceptation des conditions existantes » - contribue à rapprocher fortement l’atmosphère de l’oeuvre de certaines cantates sacrées de Bach. Sampson est ici tout simplement parfaite et maîtrise avec une aisance confondante la toujours exigeante écriture vocale de Bach pour nous offrir avec le chef et les excellents musiciens du Bach Collegium Japan des moments de pure beauté. On n’aurait pu souhaiter de plus belle conclusion à cette entreprise de longue haleine et d’une qualité d’exécution invariablement exemplaire.

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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