Michael Korstick, le début d’une intégrale Rachmaninov ?

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Sergei Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano n°3 en ré mineur, Op. 30 – Variations sur un thème de Corelli, Op. 42 – Sonate pour piano n°2 en si bémol mineur, Op. 36. Michael Korstick, piano – Janacek Philharmonic Ostrava, Dmitry Liss, direction.2018-DDD-76’50-Textes de présentation en allemand et anglais-Oehms Classics-OC1896.

Nombre de pianistes rêvent de jouer Rachmaninov et, plus encore, de laisser une trace au sein de références plus ou moins appréciées par les mélomanes. Le pianiste Michael Korstick se mêle au Janacek Philharmonic Ostrava pour une lecture saisissante du Concerto n°3, tout en proposant aussi deux sommets de la littérature si expressive du compositeur de L’Ile des morts, la Sonate n°2 et les Variations sur un thème de Corelli. Korstick, pianiste allemand, est diplômé de la Julliard School et lauréat de nombreux concours et prix. On le connaît pour ses enregistrements salués par la critique, notamment consacrés à un Beethoven ciselé et psychologiquement grandiose mais aussi à d’autres compositeurs, de Prokofiev à Ginastera sans oublier Koechlin. Autant dire que le studio d’enregistrement lui est familier, et cela se ressent dès les premières minutes. Aurions-nous affaire ici à une nouvelle intégrale digne des plus estimées ? Cela est fort probable. Dans le Concerto, le piano domine clairement par un jeu robuste, précis et résolument clair. On oscille entre des plages virtuoses d’une grande maîtrise et dotées d’une énergie époustouflante, et d’autres, plus calmes, où l’esprit laisse place à une expressivité beaucoup plus large sans pour autant être expansive ou vulgaire. L’orchestre, sous la baguette de Dmitry Liss, n’est pas en reste.

Le défi d’accompagner un pianiste dont le tempérament semble être ici une boule de feu, est réussi, grâce notamment à un agencement des timbres réfléchi. Le choix des tempi, des couleurs, de la conduite de la ligne et du discours ne fait jamais défaut. Les forces presque titanesques tant elles nous semblent proches de l’oreille laissent volontiers place à de la dentelle. Un discours qui s’applique également dans le répertoire soliste. Deux pages d’une redoutable virtuosité mais aussi d’une belle complexité organique. Si, à quelques instant, le discours se veut plus martelé, plus franc, il n’oublie pas les nombreuses sections poétiques, colorées et ensoleillées. Définitivement, du beau piano et un bel esprit que l’on a plaisir à découvrir.

Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 10

 

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