Nelson Freire et Lionel Bringuier : duo gagnant

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https://inkindstaffing.com/Hector Berlioz : Le Corsaire – Frédéric Chopin : Concerto
n°2 en fa mineur – Christoph Willibald Gluck : Orfeo ed Euridice – Albert Roussel : Symphonie n°3 en sol mineur – Maurice Ravel : Dapnis et Chloé, Suite n°2
BBC Symphony Orchestre, Lionel Bringuier, direction – Nelson Freire, piano


2013 – 1 DVD – 95’ – Texte de présentation en français, anglais et allemand – BelAir classique – BAC079

Bel Air classiques et BBC Proms nous offrent certainement l’un des plus beaux et touchants DVD de l’année 2013 avec le concert donné par Lionel Bringuier et Nelson Freire au Royal Albert Hall en 2010. 95 minutes qui passent à une vitesse affolante tant le niveau musical est élevé. Dans le Royal Albert Hall, considéré comme l’une des plus belles salles au monde, Freire interprète le 2e Concerto de Chopin avec l’aisance qu’on lui connaît. Chaque note est pensée et la structure des trois mouvements est cohérente. Freire est un pianiste dont les doigts semblent à peine effleurer le clavier mais qui ne fait qu’un avec l’instrument. Ce concerto lui convient donc à merveille, plus touchant encore et intime que le Premier, et Freire sait conduire une phrase, l’amener à son climax comme il le faut. Il donne en bis la magnifique transcription d’Orfeo ed Euridice de Gluck par Giovanni Sgambati. Comme toujours, il démontre des qualités de musicien indéniables. L’interprétation est émouvante et donne une réelle leçon de musique. Le jeune chef Lionel Bringuier qui a remporté à l’unanimité du jury le 49e Concours international de direction d’orchestre de Besançon semble également faire l’unanimité auprès du BBC Symphony Orchestra. Dans le concerto, il est à l’écoute du pianiste. Pas toujours évident pour un jeune chef de s’imposer auprès d’une pointure comme Nelson Freire. Pourtant le dialogue entre pianiste, orchestre et chef semble naturel. Dans un programme entièrement français, on pourra entendre le Corsaire de Berlioz dans une version d’un dynamisme foudroyant et d’une expressivité cohérente, sans vulgarisation. Bringuier conduit les phrases avec fraîcheur sans en faire trop. Dans la Troisième Symphonie de Roussel, rarement donnée en concert, le chef déploie aussi sa passion pour la musique avec une précision hors normes dans la battue tant métrique que musicale. Le travail sur le contrepoint est impressionnant pour un jeune chef qui, à l’écoute de chaque pupitre, semble adopter une direction ajustée à ce qu’il entend. Les contours mélodiques et les transitions sont travaillés, rien n'est laissé au hasard. Le résultat de ce chef-d’œuvre démontre que Bringuier pourrait facilement aborder la Neuvième Symphonie de Mahler ou encore la Cinquième Symphonie de Chostakovitch. Rémy Louis écrit dans la brochure que « les chefs d’orchestre ont en général besoin de temps pour donner leur pleine mesure ». Le propos est ici compromis par l’une des plus belles exécutions de la seconde Suite de Daphnis et Chloé de Ravel. Bringuier ne se contente pas de diriger la mesure, il modèle la musique, laissant de la liberté aux musiciens. N’est-ce pas là une preuve de grande maturité ? Bringuier est un chef dont le contact permanent avec chaque musicien est rassurant. Sa battue est claire, compréhensible, musicale et subtile. Les pupitres sont équilibrés, maîtrisés en fonction de leur propre force. Pas de démonstration, seulement de la musique.
Ayrton Desimpelaere
Son 9 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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