Lionel Bringuier et l’OPRL à Aix-en-Provence : une impressionnante soirée de musique russe
La "Symphonie Pathétique" de Tchaikovski constituait un des temps forts de la première saison de Lionel Bringuier à la tête de l’OPRL. C’est toutefois au festival de Pâques d’Aix-en-Provence qu’ils ont étrenné mercredi soir ce rendez-vous très attendu. La partition est spectaculaire : chefs et orchestres s’y bousLa Symphonie Pathétique de Tchaikovski constituait un des points forts de cette premièreculent pour nous en donner des interprétations fracassantes ou émouvantes. C’est au milieu de ces deux extrêmes que se définit la lecture très dramatique de Bringuier qui ne dépare jamais d’un contrôle tendu et serré du discours musical. On admire les éclats du fatum qui parcourent le premier mouvement servi par une cohésion orchestrale d’une rare densité. On retrouvera d’ailleurs cette dernière dans le paroxysme sonore subtilement maîtrisé d’un « allero molto vivace » qui ne manque pas de provoquer ses habituels salves d’applaudissements spontanés. Entretemps, l’orchestre liégeois a retrouvé la souplesse et la légèreté dansantes de l’ « allegro con grazia ». Avant qu’un finale, solennel mais habité ne conclue avec une passion maîtrisée cet « adagio lamentoso » d’une grande ferveur. Le silence seul peut accompagner cette incroyable extinction du son des dernières mesures et Lionel Bringuier a la bonne idée de l’imposer au public, retenant un bon beau bout de temps des applaudissements enthousiastes qui ne montent ensuite que graduellement en puissance comme si, au départ, le public restait sous la pression d’une émotion retenue.
