John Adams à la conquête de l’Ouest 

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John Adams (né en 1947) : Girls of the Golden West. Livret d’après des sources originales par Peter Sellars. Julia Bullock, Dame Shirley ; Davone Tines, Ned Peters ; Paul Appleby, Joe Cannon ; Hye Jung Lee, Ah Sing ; Elliot Madore, Ramon ; Daniele Mack, Josefa ; Ryan McKinny, Clarence. Los Angeles Master Chorale, direction : Grant Gershon ; Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : John Adams. Live recording 2023. Livret, synopsis et texte chanté en anglais. 2CD Nonesuch. 075597900484.

Premier volume d’une intégrale Böhm par Christophe Guida, sur l’orgue de Wissembourg

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Georg Böhm (1661-1733) : Préludes et Fugues en ut majeur, ré mineur, la mineur. Ach wie nichtig, ach wie flüchtig. Treuer Gott, ich muss dir klagen - Freu dich sehr, O meine Seele. Auf meinen lieben Gott. Gelobet seist Du, Jesu Christ. Christe, der Du bist Tag und Licht. Wer nun den lieben Gott lässt walten. Herr Jesu Christ, dich zu uns wend. Christophe Guida, orgue Thomas de l’église Saint-Jean de Wissembourg. Livret en français, anglais. Juin 2022. TT 76’35. Paraty 1823145

Chefs d’oeuvres concertants par Judith Jáuregui et Josu De Solaun

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Homeland. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano en la mineur, Op.16 ; Manuel de Falla (1876-1846) : Noches en los jardines de España. Judith Jáuregui, piano ; Orquesta Sinfónica de Castilla y León, direction Kaspar Zehnder.  2023. Livret en anglais et espagnol. Eudora-SACD-2405. 

Totentanz. Richard Strauss (1864-1949) : Burlesque pour piano et orchestre en ré mineur TrV 145 ; Franz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano nᵒ 1 en mi bémol majeur S. 124 : Concerto pour piano n°2 en la majeur, S.125 ; Totentanz S.126 : paraphrase über Dies Irae.  Josu De Solaun, piano ; Moravian Philharmonic, direction : Jonathan Pasternack. 2021. Livret espagnol et anglais. Aria 016.

George Li, le piano en mouvements 

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Le pianiste George Li est assurément l’un des jeunes artistes les plus intéressants du moment. Révélé au monde entier avec son Deuxième prix au Concours Tchaïkovski de Moscou en 2015, il mène depuis un parcours exemplaire que ce soit au niveau musical et artistique.  George Li fait paraître un album intitulé “Mouvements” dont la pertinence et la justesse de ton nous ont donné envie d’en savoir plus ! Le musicien répond aux questions de Crescendo Magazine.     

Notre nouvel album s'intitule « Mouvements », pourquoi ce titre ? 

Je pense qu'il y a plusieurs raisons à ce titre ! D'abord, tout le programme est construit autour du thème de la danse, et l'idée de « mouvement » est un concept clé de l'album. Dès le début, l'Arabesque donne une sensation de mouvement grâce à ses textures aquatiques, tandis que le cycle des Davidsbündlertänze est comme une riche tapisserie de différentes formes de danse, chacune représentant une humeur et un sentiment différents. L'idée de mouvement est amplifiée dans les œuvres de Ravel et de Stravinsky par le biais de valses de salon et de ballets. L'autre aspect est que je joue trois grandes danses, chacune contenant plusieurs mouvements, en particulier dans Schumann. Je pense que cette double signification est très intéressante !

Il y a tant d'œuvres liées au thème des mouvements ? Comment avez-vous sélectionné ces quatre partitions de trois compositeurs différents ?

J'ai d'abord commencé par l'idée des danses, mais j'en suis venu à ces trois compositeurs en raison des liens que j'ai trouvés dans ces œuvres. Je pense que les Davidsbündlertänze sont une œuvre incroyable de Schumann qui est très sous-estimée de nos jours. Mais je pense que les formes et les éléments cycliques de cette pièce sont très étroitement repris par Ravel dans ses Valses nobles et sentimentales. Dans les deux suites, il existe des liens motiviques et harmoniques entre les danses, et l'idée du retour des thèmes à la fin de la pièce est très puissante - elle donne à l'auditeur le sentiment d'une catharsis et d'émotions très émouvantes. Même dans la Petrushka, l'œuvre est remplie d'idées motiviques et de thèmes qui reviennent, ce qui donne à l'ensemble de l'œuvre sa structure et sa cohésion.

Vous avez écrit le texte du livret de l'album. Est-il important pour vous de pouvoir vous adresser directement au public ? 

Tout à fait ! C'était la première fois que je faisais quelque chose comme ça, et cela m'a permis de grandir et d'intérioriser les idées que j'avais sur le programme. Je pense qu'il est toujours utile et intéressant pour l'auditeur de visualiser les idées de l'artiste en coulisses, surtout en raison de la nature abstraite de la musique. Même si la musique ne peut pas être expliquée correctement par des mots, il est utile d'avoir une fenêtre sur les idées du morceau, une sorte de cadre pour mieux comprendre et ressentir/apprécier profondément la musique qui est jouée. Surtout dans un monde où les choses sont si accessibles et si vite digérées, je pense que trouver le temps de faire une pause et de réfléchir au programme a été très utile et important pour moi - j'espère que les auditeurs ressentiront la même chose !

Dans le livret, vous écrivez que la partition de Ravel (Valses nobles et sentimentales) est le lien entre les œuvres de Schumann et de Stravinsky. Pouvez-vous développer cette idée ? 

Je pense que Ravel contribue réellement à jeter un pont entre la nature introvertie de Schumann et les descriptions extraverties et vivantes du ballet et de la danse russes dans l'œuvre de Stravinsky. Tout d'abord, la musique de Schumann traite en général des émotions et des sentiments internes du compositeur - peu importe que la musique soit bruyante ou descriptive, il y a un sentiment constant d'introspection. Par exemple, les deux personnages dominants (Florestan et Eusebius) des Davidsbündlertänze sont des personnifications des deux personnalités polarisantes de Schumann. On a l'impression que la musique de Schumann est incroyablement personnelle et intime, comme si elle était écrite pour un seul public. À l'inverse, Stravinsky se situe à l'autre extrémité du spectre - chaque scène ou mouvement est d'une clarté et d'une vivacité remarquables, avec tant de références à des effets orchestraux et à des scènes de théâtre. De cette manière, je pense que Ravel contient des éléments des deux compositeurs - bien qu'il ait également de nombreuses références orchestrales et qu'il ait été écrit en pensant au ballet, il y a un élément très intime et un sentiment très similaire à celui des Davidsbündlertänze.

J.S. Bach : rares enregistrements par des grandes pointures de la galaxie baroque

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Mvsicae Antiqvae Ephemeris. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Messe en fa majeur BWV 233. Tönet, ihr Pauken! Erschallet, Trompeten! BWV 214. Pastorale en fa majeur BWV 590. Concerto brandebourgeois no 6 en si bémol majeur BWV 1051. Sybilla Rubens, soprano. Stéphanie Houtzeel, contralto. Thomas Bauer, basse. Collegium Vocale de Gand, Philippe Herreweghe / Deborah York, soprano. Annette Markert, contralto. Jörg Dürmüller, ténor. Klaus Mertens, basse. Orchestre et Chœur baroques d’Amsterdam, Ton Koopman / Ton Koopman, orgue de l’abbaye de Melk / Nikolaus Harnoncourt, Gustav Leonhardt, viole. Edith Steinbauer, Eduard Melkus, alto. Frieda Krause-Litschauer, violoncelle. Alfred Planiavsky, contrebasse. Bruno Seidlhofer, clavecin. Josef Mertin, direction. Livret en anglais. 1950 et 2003, (ré)édition 2023. TT 76’06. Fra Bernardo FB 2311653

Cristian Măcelaru dynamise l'OPMC

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Cristian Măcelaru est de retour au pupitre de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo pour ce second concert de la série estivale des Concerts au Palais princier. Il est accompagné par la jeune violoniste María Dueñas, l’un des noms qui s’impose dans le le milieu, portée par son contrat avec   Deutsche Grammophon. 

On remarque d’emblée des qualités indéniables : fraîcheur et tempérament juvéniles, sensation naturelle et intacte, maîtrise technique de l'instrument, son noble et personnel, joie de jouer tout en sourire... Est-ce suffisant pour conquérir l'auditoire ? Le Concerto pour violon n°1  de Max Bruch est une des œuvres favorites du public.  María Dueñas  semble avoir des difficultés malgré son sourire craquant. Il fait très chaud et humide, l'archet ne tient pas la route et de nombreux passages sont troubles. 

Cristian Măcelaru  soutient la jeune soliste dans un tempo détaillé et avec une dynamique soigneusement contrôlée, mais le résultat est décevant. Le dernier mouvement "presto stretta" majestueux et virtuose qui devrait terminer en feu d'artifice est plat. L'applaudimètre ne répond que modérément.  María Dueñas  dépose son bouquet à l'arrière de la scène et les applaudissements s'arrêtent. On est privé du bis virtuose qui aurait pu rattraper la performance.

Triomphe de l’Estonian Festival Orchestra au festival de Pärnu 

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Le Festival musical de Pärnu se clôture avec deux concerts finaux. Le premier a lieu le jeudi 18 juillet et le second le vendredi 19 juillet. Paavo Järvi et l’Estonian Festival Orchestra sont accompagnés de deux prestigieux solistes. Les deux concerts commencent avec la nouvelle pièce de la compositrice estonienne Helena Tulve, Wand’ring Bark, et se clôturent avec la Troisième Symphonie Op. 56 dite « Écossaise » de Mendelssohn. Le premier soir, la violoncelliste américaine Alisa Weilerstein interprète le Concerto pour violoncelle en mi mineur Op. 85 d’Elgar. Le second soir, le pianiste américain Kirill Gerstein interprète quant à lui la Rhapsodie sur un Thème de Paganini, Op. 43 de Rachmaninov.

Le Festival musical de Pärnu met un point d’honneur à mettre l’Estonie et ses talents à l’honneur. C’est dans cette démarche que l'œuvre a été commandée par le festival à la compositrice estonienne Helena Tulve. Elle dédie sa composition à ses premiers interprètes, Paavo Järvi et l'Estonian Festival Orchestra. 

La pièce Wand’ring Bark est inspirée de la strophe centrale du 116ème sonnet de William Shakespeare. D’une durée approximative de 10 minutes, cette œuvre est mystérieuse et se compose d’une superposition de strates sonores plus ou moins importantes. De nombreux effets sont également utilisés et ce dans tous les pupitres de l’orchestre. L’orchestre réalise une excellente première version satisfaisant largement la compositrice présente dans la salle.

Lors de la première soirée, le public a le bonheur d’écouter la violoncelliste américaine Alisa Weilerstein dans le Concerto pour violoncelle en mi mineur Op. 85 d’Elgar. Composé à la fin de la Première Guerre mondiale (1918 - 1919), ce concerto n’était pas très populaire. Il faut attendre les années 60 et Jacqueline du Pré qui ajoute cette pièce à son répertoire pour qu’il gagne en notoriété. De nos jours, ce concerto est une œuvre phare du répertoire pour violoncelle. Alisa Weilerstein et l’EFO nous propose une version de grande qualité. La soliste fait preuve d’une intelligence musicale indéniable et communique à merveille avec l’orchestre. Ce dernier est mené avec précision et sensibilité par Paavo Järvi. Tous les musiciens sont pleinement investis. Tout au long des quatre mouvements, différentes atmosphères sont abordées. Les premiers accords sont joués avec gravité. Le lyrisme prend ensuite le pas dans ce premier mouvement. Dans le second mouvement la circulation du flux énergique est constante. Le troisième mouvement permet  quant à lui d’atteindre des nuances à peine audibles, ce qui crée un contraste encore plus grand quand l’orchestre se déploie pleinement. Pour finir, le dernier mouvement conclut avec brio ce concerto.

Une belle balade estivale en terre viennoise avec ​​Patrick Hahn

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Carl Michael Ziehrer (1843–1922) : Großstädtisch - Polka Schnell, Op. 438 ; Johann Strauss Sohn (1825–1899) : 1001 Nacht - Intermezzo Aus Der Operette ;  Josef Strauss (1827–1870) :  Ohne Sorgen - Polka Schnell, Op. 271 ;   Georg Kreisler (1922–2011) :   Der Musikkritiker Johann Strauss Sohn (1825–1899)  : Unter Donner und Blitz. Münchner Rundfunkorchester, direction et chant : Patrick Hahn.  2023. Livret en allemand et anglais. BR  900854 (Parution exclusivement digitale). 

Fauré d’anniversaire avec Laurent Wagschal et Pauline Bartissol 

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Gabriel Fauré (1845-1924). The Essential Piano Works. Ballade en fa dièse majeur, Op.19 ; Pièce brève, Op.84 ; Pavane, Op.50 ; Romande sans paroles en la bémol majeur, Op.17 n°3 ; 2e Impromptu en fa mineur, Op.31 ; 6e Nocturne  en ré bémol majeur, Op.63 ; 7e Nocturne en ut dièse mineur, Op.103 n°3 ; 5e Barcarolle en fa dièse mineur, Op.66 ; Thème et variations en ut dièse mineur, Op.73. Laurent Wagschal, piano. 2023. Livret en français et en anglais. 66’27’’. Indésens Calliope Records. IC047 

Gabriel Fauré (1845-1924). Complete Works for cello and piano. Sonate n°1 pour violoncelle et piano en ré mineur, Op.109 ; Sonate n°2 pour violoncelle et piano en sol mineur, op.117 ; Sérénade, Op.98 ; Elégie, Op.24 ; Romance, Op.69 ; Papillon, Op.77 ; Sicilienne, Op78.  Pauline Bartissol, violoncelle ;  Laurent Wagschal, piano. 2023. Livret en français et an anglais. 54’46’’.  Indésens Calliope Records. IC051

Grand concert de gala du festival musical de Pärnu

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La quatorzième édition du festival musical de Pärnu se tient en ce moment en Estonie. Ce grand évènement met en valeur la musique estonienne mais aussi les artistes estoniens. L’Estonian Festival Orchestra se trouve d’ailleurs plusieurs fois à l’affiche de la programmation. Nous revenons ici sur le concert de gala de musique de chambre ainsi que sur le concert de clôture de la classe de masterclass.

Ce mardi 16 juillet a lieu le concert de gala de musique de chambre au festival musical de Pärnu. Sur la scène du Pärnu Concert Hall, nous retrouvons des musiciens de l’Estonian Festival Orchestra. Le programme de ce concert est assez conséquent mais tout de même varié. Pas moins de 28 musiciens se produisent dans un programme allant de Smetana à Mahler. De plus, la part belle est faite aux compositeurs estoniens. 

La première partie débute avec Scala cromatica d’Arvo Pärt. Cette pièce est un trio extrêmement bref (1’45’’ à 2’) composé en 2007 pour violon, violoncelle et piano. Le début est un unisson assez calme. La partie centrale s’anime de plus en plus autour d’une descente chromatique de quatre octaves du violoncelle. Le violon et le piano ponctuent cette descente par des interventions consonantes. Le climax est atteint avant de revenir à l’unisson calme du début. Cette courte pièce fait sourire le public et lance la soirée.

Ensuite place au deuxième poème symphonique issu de Má Vlast de Bedřich Smetana : Vltava. Cette pièce est certainement la plus connue du compositeur tchèque. Nous l’entendons cependant dans une version différente. L’orchestre est ici mis de côté et est remplacé par un quintette de cordes et un piano. La première partie de l’œuvre est bien exécutée mais il manque une certaine clarté et alchimie. Il faut attendre la partie en 2/4 pour obtenir une cohérence et une direction musicale allant dans le même sens. La fin de l’œuvre est très musicale avec un climax intense et une fin grandiose. Notons les interventions d’Angie Liana à la contrebasse donnant un côté profond à cette interprétation ainsi que le rôle crucial de Kärt Ruubel  au piano qui doit remplacer toute l’harmonie.