Gio le taxi. Don Giovanni en conclusion des Chorégies 2019.

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Le grand Patrice Chéreau disait de Wagner lorsqu’il mettait en scène son Ring du centenaire à Bayreuth en 1976 qu’il le « poussait à faire toujours plus de théâtre ».  Nous repensons souvent à ces mots quand nous découvrons la nouvelle lecture d’un opéra mais cette maxime prend tout son sens avec le Don Giovanni proposé ce mardi soir aux Chorégies d’Orange.

Œuvre intimiste à son origine, elle devient par la force des lieux un grand spectacle… à caractère sociétal. Car derrière les frasques du « scélérat charmant », c’est bien une lutte entre ancien et nouveau monde, entre ordre et désordre qui s’opère. C’est en tout cas ce que nous pensons être le postulat de départ de la mise en scène de Davide Livermore épaulé par Rudy Sabounghi (costumes), Antonio Castro (lumières) et D-Wok (vidéos). Replacer Mozart et Don Juan dans leur contexte historique et idéologique, celui de cette Europe des lumières à la veille de l’implosion, tout en montrant que ces aspirations sont toujours bien actuelles. Il suffit de suivre les évènements récents pour s’en convaincre. Alors Don Giovanni gilet jaune dans l’âme ? Nous n’irons pas jusque-là mais ange destructeur d’un modèle de société dépassé c’est une certitude !

La flûte d’André Jolivet et de Frank Martin

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André JOLIVET (1905-1974) : Concerto pour flute et orchestre à cordesSuite en concert pour flûte et percussions (Concerto pour flûte n° 2) / Frank MARTIN  (1890-1974) : Ballade pour flûte, orchestre à cordes et piano–Sonata da chiesa pour flute solo et orchestre à cordes. José-Daniel CASTELLON (flûte), Jean-Jacques BALET (piano), Orchestre de chambre de Lausanne, dir. : Nicolas CHALVIN, Les Percussions Claviers de Lyon. DDD–2019–55’ 29’’–Textes de présentation en français et en anglais–Claves 50-1818

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La Cour de Justice de l’Union européenne a rendu, ce 29 juillet 2019, un arrêt très attendu dans le monde musical. Le fait que cette décision ait été prononcée par la grande chambre de la Cour en souligne d’ailleurs l’importance.

Les faits

Dans cette affaire, deux artistes, Moses Pelham et Martin Haas, avaient enregistré, en 1997, une œuvre musicale intitulée “Nur mir”. À cet effet, ils avaient utilisé sans autorisation un échantillon (sample) d’une séquence rythmique de deux secondes environ prélevée sur un phonogramme du groupe musical Kraftwerk, publié en 1977. La séquence en question était issue du titre “Metall auf Metall” figurant sur ce phonogramme. Deux membres du groupe Kraftwerk, Ralf Hütter et Florian Schneider-Esleben, ont saisi les tribunaux, estimant que l’utilisation de cet échantillon violait les droits de propriété intellectuelle dont ils sont titulaires en leur qualité de producteur du phonogramme ou, à tout le moins, en tant qu’artistes interprètes ou exécutants. Ralf Hütter invoquait également une violation de son droit d’auteur en sa qualité de compositeur de “Metall auf Metall”. Les juridictions allemandes leur donnèrent raison, tant en première instance qu’en appel. Saisie d’un recours en révision, la Cour fédérale de justice allemande (Bundesgerichtshof), considérant que l’issue du litige dépendait de l’interprétation du droit de l’Union européenne, a posé plusieurs questions à ce propos à la Cour européenne.

Le charme discret de Wolf-Ferrari

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Ermanno WOLF-FERRARI  (1876-1948) : Idillio (concertino pour hautbois, cordes et deux cors–Sérénade pour cordesSuite (concertino pour basson, cordes et deux cors). Fabien THOUAND (hautbois), Valentino ZUCCHIATTI (basson), Nuova Orchestra da camera Ferruccio Busoni, dir. : Massimo BELLI. DDD–2019–67’ 27’’–Texte de présentation en anglais–Brilliant 95875

L’Avant dernière séance : le faust de Murnau

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Après le « jubilé Domingo », un opéra marathon, un ballet entre tradition et modernité et une symphonie hors norme, notre parcours aux Chorégies d’Orange continue avec un ciné-concert. La programmation de cette 150e édition du plus vieux festival au monde est décidément très éclectique et c’est tant mieux !

En attendant Don Giovanni ce mardi nous avons eu le plaisir d’assister à un exercice peu banal avec à l’affiche le très médiatique Jean-François Zygel. C’est la deuxième fois que ce dernier se livre dans le cadre des Chorégies à cette démonstration d’improvisation au piano. On peut parler de démonstration car Zygel est un maître -bien connu- du genre. En 2017 il nous transporta dans les tréfonds du Palais Garnier lors de la projection du légendaire Fantôme de l’Opéra dans sa version de 1925. Pourquoi changer une recette qui marche ? Deux ans plus tard Zygel s’attaque cette fois au Faust de Friedrich Wilhelm Murnau (1926). Cette initiative courageuse de la part de Jean-Louis Grinda, directeur du festival, est salutaire, c’est une manière astucieuse de perpétuer la mémoire des pionniers du cinéma européen. Un temps où le septième art était encore muet.

Alexander Melnikov au Palais de l’Europe à Menton

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Paris le 2 juin 2016. Sasha Malnikov

Le Festival de Musique de Menton, qui compte parmi les plus anciens festivals d’Europe, livre cette année sa 70e édition. Une célèbre anecdote raconte que son fondateur, le feu André Böröcz, alors qu’il montait les escaliers qui menaient au parvis de la basilique Saint-Michel Archange, entendit une musique diffusée par un vieux transistor. Il découvrit alors une acoustique idéale pour des concerts de musique classique, tout en étant en plein air. En effet, le lieu est entouré de trois murs de pierre et une magnifique vue s’ouvre sur la baie. Le samedi 5 août 1950 à 22 heures sur le parvis, le Quatuor Vegh joua Haydn, Mozart et Beethoven. Ce fut le premier concert du Festival, sur l’une des scènes les plus inspirantes du monde. Depuis une dizaine d’années, Paul-Emmanuel Thomas, chef d’orchestre très apprécié à l’autre côté des Alpes notamment pour sa direction d’opéras, redonne à la manifestation le prestige et l’éclat d’antan et les musiciens du premier plan se succèdent sous le regard de Saint-Michel, mais aussi dans le salon de Grande-Bretagne du Palais de l’Europe.

Pavé d‘Histoire à la Viennoise 

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150 years Wiener Staatsoper. The Anniversary Edition. Wozzeck-Fidelio-Elektra-Le Nozze di Figaro-Il Viaggo a Reims-Tristan und Isolde-Eugene Onegin-Ariadne auf Naxos-Un Ballo in Maschera-Legendary Voices of the Wiener Staatsoper. 1955-2016-Livret en anglais et allemand. 22 CD Orfeo C 980120.

Chopin à Montréal

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano n°2 en fa mineur, Op. 21 – Concerto pour piano n°1 en mi mineur, Op. 11. Charles Richard-Hamelin, piano – Orchestre Symphonique de Montréal, Kent Nagano direction.2019-DDD-Textes de présentation en français et anglais-Analekta-AN29146