Rappel des Oiseaux : la revanche des becs de plume envers ce récital dédié à leurs propriétaires ?

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Jean-Philippe Rameau (1683-1764) ;  François D’Agincour (1684-1758) ; Louis-Claude Daquin (1684-1772) ; François Couperin (1668-1733) ; Antoine Dornel (1685-1765) ; Jacques Duphly (1715-1789) ; Jean-François Dandrieu (1682-1738) ; Pierre Février (1696-1760). Luc Beauséjour, clavecin. Livret en français, anglais. Septembre 2019. TT 56’37. Analekta, AN 2 8797

Première gravure mondiale de Romilda e Costanza de Meyerbeer

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Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Romilda e Costanza, mélodrame semiserio en deux actes. Patrick Kabongo (Teobaldo), Javier Povedano (Retello), Chiara Brunello (Romilda), César Cortés (Lotario), Luiza Fatyol (Costanza), Emmanuel Franco (Albertone), Claire Gascoin (Annina), Giulio Mastrototaro (Pierotto), Timophey Pavlenko (Ugo) ; Chœur de Chambre Gorecki ; Passionart Orchestra Krakow, direction Luciano Acocella. 2019. Notice en anglais et en allemand. Pas de texte du livret, mais présence d’un synopsis. 173.50. Un coffret de 3 CD Naxos 8.660495-97.

Hommage anniversaire de Supraphon au pianiste tchèque Ivan Moravec

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Ivan Moravec, piano - Portrait. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n° 14 en mi bémol majeur, K. 449 ; n° 23 en la majeur, K. 488 ; n° 25 en ut majeur, K. 503. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concertos pour piano n° 3 en ut mineur, op. 37 ; n° 4 en sol majeur, op. 58. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur, op. 54. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 1 en ré mineur, op. 15. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano n° 1 en ré bémol majeur, op. 10. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano en sol majeur. Diverses œuvres pour piano solo de Ludwig van Beethoven (1770-1827), Johannes Brahms (1833-1897), Frédéric Chopin (1810-1849), Claude Debussy (1862-1918), César Franck (1822-1890), Leoš Janáček (1854-1928), Bohuslav Martinů (1890-1959), Maurice Ravel (1875-1937), Robert Schumann (1810-1856), Bedřich Smetana (1824-1884). Saša Večtomov, violoncelle. Ivan Moravec, piano. Orchestre de Chambre Tchèque, direction : Josef Vlach. Orchestre Philharmonique Tchèque, direction : Karel Ančerl, Václav Neumann, Josef Vlach. Musikverein Wien Orchester, direction : Martin Turnovský. Dallas Symphony Orchestra, direction : Eduardo Mata. Enregistré entre mai 1962 et novembre 2002 à Dallas, New York, Troy, Prague, Vienne. Édition 2020. Livret en anglais, allemand, français, tchèque. 1 coffret 11 CD et 1 DVD Supraphon SU4290-2.

Le chant des vanités, un récital éblouissant de Philippe Jaroussky

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La vanità del mondo. Airs d’oratorios d’Antonio Maria Bononcini (1677-1726), Antonio Caldara (1670-1736), Fortunato Chelleri (1690-1757), Nicola Fago (1677-1745), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Johann Adolph Hasse (1699-1783), Benedetto Marcello (1686-1739), Alessandro Scarlatti (1660-1725) et Pietro Torri (c.1665-1737). Philippe Jaroussky, contre ténor ; Ensemble Artaserse. 2020. Livret en français, en anglais et en allemand. Textes des airs chantés en langue originale, avec traduction en trois langues. 73.10. Erato 0190295179298.

I Due Foscari à Monte-Carlo 

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Monaco, unique bastion en ces temps de pandémie, où l'on peut assister à une représentation "live" à l'opéra. On nous l'envie !

Un plateau réunissant une légende vivante, Placido Domingo, la jeune soprano colorature poignante Anna Pirozzi et le brillant ténor Francesco Meli. Au programme de l'Opéra de Monte-Carlo, I due Foscari : opéra rare mais puissant et dramatique de Giuseppe Verdi.  L'oeuvre date de 1844 : elle est inspirée de la tragédie The Two Foscari de Lord George Byron. Verdi est alors au plus profond de son désespoir car il a perdu ses deux enfants et son épouse.

Placido Domingo incarne le rôle de Francesco Foscari, Doge de Venise. Le ténor Francesco Meli interprète Jacopo le fils de Francesco Foscari.  Il est injustement accusé de trahison et fait appel à la clémence de son père. La soprano Anna Pirozzi est Lucrezia, la courageuse épouse de Jacopo, déterminée à le libérer à tout prix. Jacopo est condamné à l'exil et meurt sur le navire qui le transporte vers la Crête. Les membres du Sénat et du Conseil des Dix exigent du Doge qu'il abdique en raison de son grand âge et de ses deuils récents. Foscari finit par céder et se dépouille de ses ornements ducaux. Au moment où il quitte le Palais en compagnie de Lucrezia, il entend tonner le canon de Saint-Marc tonner qui annonce l'élection de son successeur. Il en meurt de chagrin.

Osmo Vänskä, Sibelius, Mahler et le futur 

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Le chef d’orchestre Osmo Vänskä est l’une des plus grandes baguettes de notre époque. Directeur musical de l’Orchestre du Minnesota et du Philharmonique de Séoul, il mène également une prestigieuse carrière de chef invité. Auteur d’une discographie considérable par son importance, il remet sur le métier les symphonies de Sibelius pour le label BIS. Cette deuxième intégrale vient prendre place aux côtés d’une première gravure qui avait marqué son temps. Le chef qui aime les défis, poursuit également une intégrale des Symphonies de Mahler (Bis). 

Vous sortez un nouvel enregistrement des symphonies de Sibelius avec le Minnesota Orchestra dont vous êtes le directeur musical. Il s'agit de votre deuxième enregistrement, après celui que vous avez fait avec le Lahti Sinfonia, également pour Bis. Qu'est-ce qui vous a incité à remettre votre Sibelius au travail ?

 J’ai posé la même question au label Bis lorsqu’ils m'ont dit qu'ils aimeraient publier un nouveau cycle des symphonies de Sibelius avec l'orchestre du Minnesota. Ils m'ont répondu que cela faisait plus de 15 ans que les enregistrements de Lahti avaient été réalisés, et j'ai été surpris de voir comme le temps passe vite ! Mais finalement, je pense que c'était peut-être la bonne décision de réenregistrer le cycle complet et de donner au public une autre "image" de la même musique, comme une version "adulte". 

Votre vision de Sibelius a-t-elle changé entre ces deux enregistrements ? 

Ma vision de base est la même qu'avant, mais je ne suis pas la même personne ou le même chef d'orchestre. J'y reviens maintenant en tant que personne plus âgée avec des expériences de vie très différentes.

Cyril Huvé, à propos de Beethoven 

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Le pianiste Cyril Huvé fait paraître chez Calliope un album consacré à des sonates de Beethoven qu’il interprète sur 3 pianoforte différents. Cet album aussi personnel que réfléchi est un grand moment de musique. Crescendo Magazine a voulu en savoir plus sur sa démarche. 

Votre nouvel enregistrement est consacré à cinq des plus célèbres sonates de Beethoven. Qu’est-ce qui vous a orienté vers ce choix ? 

D’abord ce sont des Sonates que j’avais envie de jouer, elles appartiennent à mon répertoire depuis longtemps. Ensuite, si elles sont célèbres, c’est justement parce qu’il y a une raison, ce sont de grands chefs d'œuvre : pourquoi leur enregistrement serait-il réservé aux interprètes les plus célèbres ? Plus profondément, je m’intéresse depuis longtemps aux valeurs du discours musical, je veux dire que la perception que nous avons aujourd’hui de la fonction des oeuvres musicales a considérablement changé : il suffit de lire un moment les textes des amis de Beethoven, les lettres que celui-ci envoyait à ses éditeurs, les fragments de dialogue sur lesquels ses Cahiers de conversation lèvent le voile, le premier 'traité d’exécution’ de son oeuvre pour piano rédigé par Czerny, pour être frappé par le caractère oratoire de cette musique. Non pas au sens vague que nous pourrions lui donner aujourd’hui mais, très précisément et dans le détail de l’écriture, un parallèle constant entre l’éloquence de la voix humaine et sa traduction par le truchement instrumental. Cela se retrouve tout autant dans le Traité de l’Art du violon de Baillot au moment où, à Paris, Habeneck créait les Symphonies. On peut dire que Beethoven ‘parle’ en musique pour communiquer une réaction émotionnelle, à l’instar d’un orateur. Ses Sonates ‘à titre’ en sont très représentatives, à commencer par la « Pathétique », qui pose comme un cadre dans lequel il s’exprimera tout au long de sa production. La musique n’est pas faite pour divertir, encore moins pour mettre en valeur l’exécutant. J’ai été frappé par le fait que Beethoven n’a guère joué ses Sonates en public, alors qu’il était très célèbre comme improvisateur -justement c’est un peu le côté ‘orateur’ qui soulève les foules. Cela lui a permis d’expérimenter un langage musical qu’il a ensuite mis en forme, pour la postérité, dans des Sonates très élaborées et réfléchies où il livre la quintessence d’un discours. Lorsqu’on entend un grand orateur -comment ne pas évoquer Bossuet bien sûr, mais pensons, plus près de nous, à André Malraux ou même au Général de Gaulle, ou à de grands comédiens ou prédicateurs dont nous avons des témoignages sonores-, la pensée consciente est submergée par la vertu d’une alchimie mystérieuse du son et du sens. C’est la fonction que très délibérément Beethoven assigne à la composition, tout particulièrement dans les Sonates que j’ai choisies, je pense que cela a une certaine cohérence.