Lieder de Schubert en playlist et Mozart en solo

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Les éditions Bärenreiter se plaisent à faire tourner leur catalogue. La série urtext sur les lieder de Schubert de l’éditeur allemand est un must absolu ! Mais l’intégrale des 642 lieder de Schubert occupe de la place ! Dès lors, Christine Martin en propose une sélection de 13, une playlist qui s’adresse autant à l’étudiant qu’à l’amateur. On voit ainsi défiler en étape les grands tubes comme Le roi de Thulé, ou des extraits de la Belle meunière ou du Voyage d’Hiver. L’édition est naturellement sérieuse et le graphisme est fort sympathique et avenant. Vendu à petit prix, cette compilation musicologique est une affaire !  Notons qu'il existe la version pour voix haute et voix médium. 

A taste of Schubert, Bärenreiter, BA 9119, ISNM 979-0-006-56667-9

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« Nuit espagnole / Plácido Domingo » c’est ce que nous pouvions lire sur la couverture du programme de ce nouveau concert thématique des Chorégies d’Orange. La couleur était annoncée d’entrée ! Le public très nombreux ce samedi venait pour voir la légende vivante madrilène. Star parmi les stars, Domingo bénéficie d’une aura qui ne faiblit pas auprès des spectateurs du Théâtre antique. On peut même parler d’amour, il en a été d’ailleurs beaucoup question durant cette soirée.

Nous avons eu la chance d’assister à de nombreux concerts avec à l’affiche d’autres grands noms de la scène lyrique mais nous avions rarement pu constater une telle ferveur autour d’un seul protagoniste. Il est vrai que Domingo est un artiste hors norme qui transcende les générations et les publics. Un monstre sacré qui sait y faire avec ses aficionados ! Tantôt complice avec le public, tantôt chauffeur de salle et enfin maître de cérémonie, c’était vraiment sa nuit.

Hommages à Scott Ross et Ginette Neveu chez Warner Classics 

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : oeuvres pour claviers. Scott Ross, clavecin et orgue. Huguette Grémy-Chauliac, clavecin ; Ensemble Mosaïques, Christophe Coin. 1 coffret de 11 CD Erato 0190295 458423.

Etoile filante de la musique, le claveciniste et organiste Scott Ross est décédé il y a juste 30 ans. Dans un monde de la musique classique encore très policé, sa dégaine de rockeur rebelle avait attiré toutes les attentions, élargissant d’un coup l’audience du clavecin, instrument qui, dans l’imaginaire des profanes, restait celui des salons royaux mondains et poudrés de l’Ancien Régime. 

Si son intégrale des 555 sonates de Scarlatti avait fait date, ses enregistrements Bach sont toujours des pierres angulaires de la discographie. À l’occasion des 30 ans du décès du musicien, Erato nous offre un merveilleux coffret qui reprend certes les gravures bien connues pour Erato et EMI, mais aussi des inédits absolus qui font leur première entrée au disque. 

Nouveautés d’été aux éditions Lemoine 

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Les éditions Lemoine nous offrent quelques belles nouveautés estivales. 

Le pianiste Alexandre Tharaud aime transcrire et il anime sa propre collection dédiée aux Editions Lemoine. Ainsi, après l’Andante du Concerto BWV 979 et la Sicilienne du Concerto en ré mineur BWV 596 de Bach, il propose sa version pour piano solo du Prélude à l’après midi d’un Faune de Claude Debussy. Du chef d’oeuvre de Debussy, on connaît la transcription pour deux pianos de Ravel, mais cette lecture pour piano seul, qui plus est des doigts d’un grand pianiste parfait connaisseur de cette musique, est un plus indéniable au bénéfice du bonheur de jouer cette musique.  

Claude Debussy, Prélude à l’Après midi d’un faune (Transcription d’Alexandre Tharaud), Editions Lemoine, Référence : 29.400 H.L. ISMN : 979-0-2309-9400-0

Corps et cœur éclatés à Aix-en-Provence

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Un choc de nouveau, tout aussi fort sinon davantage. Ceux de nos lecteurs qui ont leurs habitudes à La Monnaie se souviendront de leur bouleversement à la découverte il y a quatre ans du Lenz de Wolfgang Rihm tel qu’Andrea Breth l’avait mis en scène, tel que Georg Nigl le magnifiait dans son interprétation. Les voici au Festival d’Aix-en-Provence. 

Ce qu’Andrea Breth nous donne à vivre dans les treize « stations » du calvaire de Lenz, c’est un corps et un cœur éclatés. Tous les lieux physiques et psychiques de la déperdition du pauvre Lenz sont là, dispersés, mais convergents : rochers, table renversée, filets d’eau, lit médical, double-acrobate de Lenz, miroirs qui font perdre toute certitude quant à la réalité de ce qui apparaît, personnages qui ne semblent exister que dans son pauvre esprit pulvérisé, tension, violence, hallucinations.

Verdi et douze compositeurs italiens rendent hommage à Rossini

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Messa per Rossini. Requiem de Verdi et 12 autres compositeurs en mémoire de Rossini.  Maria josé Siri, soprano ; Veronica Simeoni, mezzo-soprano ; Giorgio Berrugi, ténor ; Simone Piazzola, baryton ; Riccardo Zanatello, basse. Choeur et Orchestre de La Scala de Milan,  Riccardo Chailly. 2018 - enregistré en direct Teatro alla Scala, Milan 8-15 novembre 2017- 2CD -CD 1 59.48- CD 2 40.56- livret en anglais, allemand, français, italien- textes en allemand, latin, anglais, français-chanté en latin-DECCA483 4084

À la Scala, une splendide Belle au Bois Dormant 

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Pour la Scala de Milan, Rudolf Nureyev avait conçu sa première production de La Belle au Bois Dormant en septembre 1966, en remaniant la chorégraphie originale de Marius Petipa dans des décors et costumes de Nicholas Georgiadis. Mais depuis octobre 1993, le cadre scénique a été modifié ; et Franca Squarciapino a recouru, pour le fond de scène, à la toile peinte imitant le ‘sfumato’ d’un Fragonard qui nimbe d’une lumière dorée d’antiques ruines devant lesquelles se dresse une salle de palais baroque avec portiques à chambranle, escalier circulaire à colonnes torses encadrant le berceau d’apparat d’Aurore. Après la scène de chasse dans un sous-bois automnal, l’on retrouvera la structure initiale où s’encastrera un trône à baldaquin tributaire de l’esthétique du Bernin. Et ses costumes, d’un goût irréprochable sous les lumières de Marco Filibeck, proscrivent le bariolage auquel l’on est accoutumé pour prôner une harmonie chromatique vêtant de pastel le cortège des fées, alors que les habits de cour étincellent de brillants coloris sans être surchargés. Et même Carabosse, flanquée de ses bouquetins, arbore la sombre crinoline à panier d’une souveraine déchue face à une Fée des Lilas échappée d’une estampe du XVIIIe.

Le« Requiem » de Mozart et « Tosca » de Puccini au festival d'Aix-en-Provence : servir et desservir

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Les deux premières productions du Festival d’Aix-en-Provence sont très révélatrices du rôle que jouent les metteurs en scène : donner à voir, à mieux comprendre ou à comprendre autrement les mots et les notes d’une œuvre. Ils se mettent au service de l’œuvre, mais il arrive aussi qu’ils la desservent.

Romeo Castellucci nous propose une lecture inattendue mais bienvenue du Requiem de Mozart, dont il faut d’abord se rappeler qu’il n’est pas une œuvre scénique. Mais de nos jours, la tendance est à mettre en scène des oratorios ou autres œuvres du genre. On connaît le talent de Romeo Castellucci, la radicalité de ses interpellations scéniques. Pour le meilleur et pour le pire. Il nous a émerveillés, il nous a aussi prodigieusement agacés. 

Son Requiem de Mozart est paradoxalement un hymne à la vie : quelle que soit l’inexorabilité de notre destin, quel que soit celui, tout aussi inexorable, que nous préparons pour notre société humaine, la vie s’impose toujours. 

À Hardelot, un dimanche Heureux avec Ensembles Artifices et Tictactus

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Entouré de la réserve naturelle du marais de Condette, un château néo-Tudor du XIXe siècle se dresse paisiblement. Face à cet édifice aux murs blancs, un peu plus loin, un autre bâtiment, circulaire et tout en bois, se fond dans l’environnement. C’est le théâtre élisabéthain, unique en France, inauguré en juin 2016. C’est là qu’ont lieu les concerts du soir du Midsummer Festival.

Passerelle conceptuelle entre Asie et Occident 

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Qigang Chen (né en 1951) : Wu Xing the Five Elements ; La joie de la Souffrance : concerto pour violon et orchestre ; Fritz Kreisler (1875-1962) : Tambourin Chinois ; Sergei Rachmaninov (1873-1943) : Danses symphoniques. Maxim Vengerov, violon ; Shanghai Symphony Orchestra, Long Yu. 2018-Livret en anglais et allemand-74’21-DGG-483 6606.