Révélation des ardentes Leçons de Ténèbres de Charles-Joseph Van Helmont

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Charles-Joseph Van Helmont (1715-1790) : Leçons de Ténèbres (1737). Troisième Leçon du Jeudy Saint, Troisième Leçon du Vendredy Saint (1756). Six Fugues. Scherzi Musicali. Nicolas Achten, orgue, direction. Wei-Lian Huang, Deborah Cachet, Griet De Geyter, soprano. Beniamino Paganini, clavecin. Valentin Bajou, basse de violon, violoncelle. Mathilde Wolfs, basse de violon. François Dambois, théorbe. Août 2022. Livret en anglais, français ; paroles en latin et traduction en anglais et français. TT 71’25. Ricercar RIC 454

Harpe et violoncelle à l’honneur d’un délicat récital consacré au rare Jean Baur

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Jean Baur (1719-c1773) : Sonates pour violoncelle Op. 1 no 3 & 4, Op. 2 no 2. Sonate pour harpe et pianoforte en si bémol majeur Op. 8 no 3. Sonate pour deux violons no 1 en fa majeur [transcription]. Sonate pour harpe no 6 en ut majeur. Accademia de’ Dissonanti. Elinor Frey, violoncelle. Antoine Malette-Chénier, harpe. Mélisande McNabney, clavecin, pianoforte. Octavie Dostaler-Lalonde, violoncelle. Livret en anglais, français, allemand. Octobre 2022. TT 72’08 . Passacaille PAS 1123

Cassandra de Bernard Foccroulle : « Le futur est partout, chacun peut le voir »

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A La Monnaie, l’ouverture de la saison est bienvenue à double titre : un premier opéra composé par Bernard Foccroulle ; un opéra qui s’engage résolument dans les problématiques urgentes et les débats de notre époque.

Oui, Bernard Foccroulle, celui qui en a été le directeur -l’âme- pendant quinze ans, est passé de l’autre côté de la rampe, devenu le maître d’œuvre d’un important projet lyrique. Un projet à son image.

On a connu le gestionnaire, le meneur d’équipes, le programmateur judicieux. On a aimé l’homme cultivé et engagé, l’humaniste. On a apprécié son sens de la juste mesure, son empathie, son esprit d’ouverture. Toutes ces qualités, on les retrouve dans son premier opéra. 

Le Festival de Menton en After 

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Pour la première fois, hors cadre du Festival de Menton en août, deux concerts "After" ont été programmés en septembre, afin de prolonger la vie musicale et l'ambiance du festival. Ces deux affiches proposent un récital et de la musique de chambre . 

David Fray est considéré comme un des plus brillants pianistes français de sa génération. Il présente un récital entièrement consacré à Schubert, qui est un des ses compositeurs favoris. Schubert écrit l'Allegretto en do mineur pour un ami quittant Vienne pour Venise. Ce cadeau en forme de feuillet d'album est un pur joyau de sensibilité. L'interprétation de Fray est délicate et raffinée, pleine d'émotions. Il enchaîne sans interruption avec les Quatre impromptus op.90. C'est une des œuvres les plus célèbres et les plus populaires de Schubert.

Le toucher de Fray est clair et fluide, il recrée le caractère de chaque impromptu, avec élégance et légèreté, avec passion et mélancolie pour le dernier.

Le Klavierstücke n°2 D946 a été été composé six mois avant la mort de Schubert. Fray exprime pleinement l'âme Schubertienne, avec ses visions fantasques, ses angoisses et son désespoir. La Wanderer Fantaisie a été composée à la demande d'un virtuose viennois.C'est la composition la plus exigeante sur le plan technique de Schubert. Au point que Schubert lui-même avait du mal à l'exécuter et aurait dit "C'est le diable qui devrait jouer cela". 

Fray a une maîtrise spectaculaire des contrastes émotionnels entre la grandeur et le dynamisme des sections virtuoses et l'exaltation des sections lyriques. Il joue la "Wanderer" avec un tempo effréné et entraîne le public dans un tourbillon phénoménal, une véritable ballade en fantaisie du randonneur. David Fray offre en bis au public enthousiaste, l'Allemande extraite de la Suite Française de Bach.