Les Chorégraphes de Diaghilev (3) : Serge Lifar

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Sans doute faudra-t-il attendre un certain nombre d'années pour que, les passions s'étant calmées et certaines personnes ayant disparu du devant de la scène, on puisse sereinement considérer le travail de Serge Lifar, non seulement à l'Opéra de Paris où il régna pendant près de trente ans, mais dans le monde du spectacle.

Aujourd'hui, huit ans après sa mort (désormais 34 ans car cet article a été rédigé en 1994), nous devons nous en tenir à un certain nombre d'évidences. D'abord, c'est grâce à Serge Lifar que l'image de Serge de Diaghilev est demeurée si présente dans la mémoire de notre temps. Son goût et son sens inné de collectionneur lui ont permis d'être non seulement le témoin -le dernier, le plus jeune- d'une épopée qui a bouleversé la sensibilité européenne et l'esthétique du spectacle durant près de vingt ans -de 1909 à 1929- mais encore d'être à même de le prouver, par son travail, ses livres et ses conférences, grâce à tout ce qu'il avait amassé comme souvenirs. 

Les chorégraphes de Diaghilev (2): Georges Balanchine

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"J'ai voulu devenir français, mais les Français ne m'ont pas accepté. J'ai voulu devenir danois et ce fut le même refus. Je n'ai pas eu plus de chance avec l'Angleterre. On voulait bien que je m'établisse dans un pays, mais impossible d'en obtenir le passeport !

Heureusement l'Amérique est venue à moi, sous les traits de Lincoln Kirstein qui m'a proposé de fonder une compagnie de ballet aux Etats-unis. J'ai refusé ... à mon tour. Je voulais d'abord fonder une école. Et Kirstein m'a aidé, avec le financier Edward M.M. Warburg et Vladimir Dimitriev, à créer la School of American Ballet, d'où sont sortis l'American Ballet puis le Ballet Caravan, le Ballet Society et enfin le New York City Ballet".  

Cette dernière compagnie, qui heureusement survit à son fondateur, a pris ce nom du Théâtre du City Center qui, le 11 octobre 1946, devient sa résidence officielle. Le théâtre n'était pas grand, malgré ses trois mille places. La scène, les locaux de répétition surtout et les loges étaient mal adaptés aux exigences d'un homme qui avait été formé à l'école du Théâtre Mariinsky, là où Pavlova, Preobrajenska et Nijinsky (pour ne citer qu'eux) ont appris la grande leçon du style.

Les 10 ans des International Classical Music Awards

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La 10e cérémonie de remise des prix et le concert de gala des International Classical Music Awards devaient avoir lieu aujourd'hui à Séville. Un virus microscopique l'a empêché. Cela ne doit pas nous faire oublier que nous avons des  lauréats en 2020, une brillante liste d'artistes et d'enregistrements absolument exceptionnels.

 De plus, ce 10e anniversaire est l'occasion d’évoquer  tous les gagnants que nous avons comptés depuis 2011. Dix ans, près de 300 prix décernés à un large éventail de musiciens, des artistes les plus connus aux jeunes qui sont au tout début de leur carrière.

 Les International Classical Music Awards ont été créés en 2010. En fait, ce jury est le successeur de ce qu'on appelait les MIDEM Classical Awards et avant les Cannes Classical Awards. Lorsque l'organisation du MIDEM a mis fin à sa collaboration avec le jury, nous avons décidé de poursuivre notre collaboration sous un nouveau nom. Depuis lors, le jury a été complètement indépendant et il est devenu, avec de nouveaux membres, plus grand et plus international encore. Sa force est aujourd'hui tout à fait exceptionnelle. Il n'existe aucune organisation similaire dans le monde de la musique.

Les artistes nous disent que l'indépendance de notre jury est le maître-atout des Prix. Ils nous disent que nous les aidons considérablement dans leur cheminement artistique. Ils nous disent que nous les avons encouragés à aller plus loin dans leur approche de l'art, et surtout les plus jeunes disent qu'ils ont le sentiment que nous leur donnons une "visibilité" dans le monde musical.

Nos dix concerts de gala ont tous été des événements exceptionnels et nous en gardons de grands souvenirs. Après le premier Gala à Tampere, en Finlande, nous sommes allés à Nantes, en France, avec l'Orchestre National des Pays de la Loire et c'était le premier concert dirigé par John Axelrod. Nous avons ensuite rejoint LaVerdi à Milan, toujours avec notre ami John Axelrod. Ensuite, nous nous sommes rendus à Varsovie où nous avons été invités par Elzbieta Penderecka au Festival Beethoven. En 2015, le Gala a été organisé par l'Orchestre Symphonique Bilkent à Ankara, en 2016 nous étions à Saint-Sébastien avec l'Orchestre Euskadi, en 2017 à Leipzig au Gewandhaus, en 2018 à Katowice avec l'Orchestre de la Radio Nationale polonaise et en 2019 à Lucerne au KKL avec l'Orchestre symphonique de Lucerne.

A l’occasion des 10 ans du jury, certains récipiendaires nous ont écrit. Leurs textes sont en ligne sur le site des International Classical Music Awards : www.icma-info.com/3000-2/

 

 

Concerts sacrés de Johann Rosenmüller

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Johann ROSENMÜLLER (1619-1684) : Deutsche geistliche Konzerte. Irena Troupova et Dorothea Sprenger, sopranos ; Uwe Czyborra, alto ; Hermann Oswald et Michael Schaffrath, ténors ; Martin Backhaus, basse ; Johann Rosenmüller Ensemble, direction Arno Paduch. 2019. Livret en allemand et an anglais. Textes sacrés en allemand. 72.03. Christophorus CHE 0221-2.

Beethoven par Ádám Fischer : enregistrement de l'année du jury des ICMA

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Normalement, lors de la cérémonie de remise des prix qui devait se tenir à Séville aujourd'hui, 30 avril, le jury des International Classical Music Awards aurait dû annoncer le gagnant du Prix de l'enregistrement de l'année. Cet enregistrement de l'année est sélectionné parmi les gagnants des différentes catégories audio et vidéo. Or, la cérémonie de remise des prix et le concert de gala ayant été annulés, le Jury communique cette annonce par Internet.

Le prix est décerné au gagnant de la catégorie musique symphonique :

Ludwig van Beethoven : Complete Symphonies.  Sara Swietlicki, Morten Grove Frandsen, Ilker Arcayürek, Lars Møller, Danish National Concert Choir. Danish Chamber Orchestra, Ádám Fischer.Naxos 8.50 5251

 

 

La guitare d’Emanuele Segre : éclectisme garanti

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Concertos italiens pour guitare. Antonio VIVALDI (1678-1741) : Air pour guitare et cordes, arrangement d’un extrait de la cantate « Cessate, omai cessate », RV 684, et Concerto en ré majeur, transcription pour guitare et cordes, RV 93. Mauro GIULIANI (1781-1829) : Gran Quintetto, version pour guitare et cordes, op. 65. Giovanni SOLLIMA (1962) The Black Owl. Carlo BOCCADORO (1963) : Dulcis Memoria II, version pour guitare et cordes. Emanuele Segre, guitare ; Orchestra I Pomeriggi Musicali, direction : Carlo Boccadoro. 2020. Livret en anglais. 67.58. Delos DE 3546.

Les choréragraphes de Diaghilev (1) : Fokine, Nijinsky, Massine, Nijinska

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Bien qu' issu du Ballet Impérial et sa tradition classique, Michel Fokine exigeait que sa chorégraphie, expression de la musique, fut étroitement liée à l'atmosphère et à l'intrigue du ballet. Comme l'écrivit Danilova: "Lors de ma première saison chez Diaghilev, je dansais dans Le Lac des Cygnes. Il avait coupé de nombreux passages mimés. J'étais totalement pour. Au lieu de pointer votre doigt vers vous-même puis vers quelque endroit sur le plateau puis d'agiter votre main tout cela pour dire seulement : "Je vais là-bas", vous supprimiez le mime et vous contentiez d'y courir."

Michel Fokine était le plus versatile et le plus poétique des chorégraphes ; nombreux sont ses ballets qui ont survécus jusqu'à ce jour. Les Sylphides, avec leurs longs tutus et leur atmosphère de rêve, sont toujours au programme des troupes de ballet du monde et sont devenues pour le profane le symbole même du ballet classique. A l'époque, leur succès fut immortalisé par la présence de Nijinsky, Pavlova et Karsavina. Les dessins de groupe de Fokine étaient simplifiés à l'extrême, ils éliminaient tout ce qui était superflu, ils possédaient une logique et une pureté mathématique qui sont une joie pour l'oeil et facilitent le souvenir et la transmission. Parmi les ballets qu'il créa (Les Danses Polovtsiennes du Prince Igor, Carnaval, Schéhérazade, Le Spectre de la Rose, Thamar, Daphnis et Chloé, Papillons, etc.), il est difficile de nommer le plus grand chef-d'oeuvre. Fokine eut le privilège de travailler avec Stravinski (pour L'Oiseau de Feu et Petrouchka) Benois et Bakst. C'est peut-être Petrouchka (1911), l'histoire de la marionnette dont le coeur humain se brise, fruit heureux du travail combiné de Benois, Stravinski et Fokine, dansé par Nijinsky et Karsavina qui demeurera pour toujours dans les annales des triomphes de Fokine avant la guerre. 

"Blindekuh", une opérette de Johann Strauss II en première discographique mondiale

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Johann Strauss II (1825-1899) : Blindekuh, opérette en trois actes. Robert Davidson, baryton-basse ; Kirsten C. Kunkle, Martina Bortolotti et Andrea Chudak, sopranos ; Roman Pichler, James Bowers, Daniel Schliewa et Julian Rohde, ténors ; Emily K. Byrne, mezzo-soprano. Chœurs et Orchestre Philharmonique de Sofia, direction Dario Salvi. 2020. Livret en anglais. 105.11. Naxos 8.660434-35 (2 CD).

Quatuor Arod: Mathilde est revenue

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The Mathilde Album. Anton Webern (1883-1945) : Langsamer Satz ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Quatuor à cordes N° 2, Op. 10* ; Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Quatuor à cordes N° 2, Op. 15. Quatuor Arod, Elsa Dreisig*.2019-DDD-80’26-Textes de présentation en français, anglais et allemand -Erato 19029542552