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Louise Farrenc (1804-1875) : Trio n° 2 en ré mineur op. 34 pour piano, violon et violoncelle ; Variations concertantes sur une mélodie suisse op. 20 pour piano et violoncelle ; Trio n° 4 en Mi mineur op. 45 pour piano, flûte et violoncelle ; Sonate n° 1 en do mineur op. 37 pour piano et violon. Linos Ensemble. 2022. Notice en allemand et en anglais. 79.21. CPO 555 538-2.

Telemann replanté dans le terreau d’épices qui l’inspira

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Beauté barbare. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Les Moscovites [TWV 55:B5], Les Janissaires [TWV 55:D17], Mezzetin [TWV 55:B8], Rondeau Hanaquoise [TWV 55:E2], Hanaskÿ [TWV 55:E1] ; Trio no 3 en si mineur TWV 42:H2, Concerto polonoise TWV 51:D3 [extraits] ; Hanac, Polonie [ms de Rostock] ; Concerto en ré majeur pour flûte, cordes et bc TWV 51:D2. Extraits du Manuscrit Uhrovska. Mélodies et chansons traditionnelles de Pologne, Moravie, Slovaquie, Roumanie. François Lazarevitch, flûtes, cornemuses. Josef Žák, Amaryllis Billet, violon. Diane Chmela, alto. Hélène Richaud, violoncelle. Chloé Lucas, contrebasse, violone. Iurie Morar, cymbalum. Éric Bellocq, archiluth, cistre. Pierre Rigopoulos, zarb, baraban, davul, saggates. Livret en français, anglais, allemand. Décembre 2022. TT 62’28. Alpha 949

Das Floß der Medusa de Hans Werner Henze

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Hans Werner Henze (1926-2012) : Das Floß der Medusa. Oratorio vulgare e militare en deux parties pour soprano, baryton, narrateur, choeur mixte, choeur d’enfant et orchestre. Sarah Wegener, soprano ; Dietrich Henschel, Jean-Charles ; Sven-Eric Bechtolf, narrateur. Arnold Schoenberg Chor, Wiener Sängerknaben, Direction : Cornelius Meister. 2017. Livret en anglais et allemand. Texte chanté en allemand et italien, traduction en anglais. 74’01’’. Capriccio C5482. 

Chostakovitch et sa Quatorzième symphonie : l’inéluctabilité de la mort

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Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Six Poèmes de Marina Tsvetayeva, suite pour contralto et orchestre de chambre op. 143a ; Symphonie n° 14 pour soprano, basse et orchestre de chambre op. 135. Elizabeth Atherton, soprano ; Jess Dandy, contralto ; Peter Rose, basse ; BBC Philharmonic, direction John Storgårds. 2022. Notice en anglais, en allemand et en français. 74'47''. Chandos CHSA 5310.

Haydn, une rencontre imprévue galvanisée par Michi Gaigg

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Joseph Haydn (1732-1809) : L’Incontro Improvviso. Dramma giocoso per musica en 3 actes Hob.XVIII.6. Bernhard Berchtold, ténor ; Elisabeth Breuer, soprano ; Anna Willerding, soprano ; Annastina Malm, mezzo-soprano ; Markus Miesenberger, ténor ; Rafael Fingerlos, baryton ; Michael Wagner, basse. L’Orfeo Barockorchester, Michi Gaigg. 2020. Livret en allemand et anglais. Texte chanté en italien, traduction en anglais et allemand. 2CD CPO 555 327-2  

Suite des Widor de Pierre Labric sur le Cavaillé-Coll de Rouen : les quatre premières symphonies

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Charles-Marie Widor (1844-1937) : Première Symphonie, en ut mineur, Op. 13/1 ; Deuxième Symphonie, en ré majeur, Op. 13/2. Pierre Labric, orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint Ouen de Rouen. Juillet et octobre 1971. Livret en français et anglais. TT 76’20. FY Solstice SOCD 403

Charles-Marie Widor (1844-1937) : Troisième Symphonie, en mi mineur, Op. 13/3 ; Quatrième Symphonie, en fa mineur, Op. 13/4. Pierre Labric, orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint Ouen de Rouen. Juillet et octobre 1971. Livret en français et anglais. TT 63’56. FY Solstice SOCD 405

George Zacharias, à propos de Skalkottas

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Le violoniste George Zacharias est la cheville ouvrière d’un disque Bis épatant consacré à des œuvres concertantes avec violon du compositeur grec Nikos Skalkottas. Le musicien nous y propose l’enregistrement de la nouvelle édition révisée du Concerto pour violon mais surtout la première au disque du Concerto pour violon et alto dont il a reconstitué la partition. Crescendo Magazine a voulu en savoir plus et a interviewé George Zacharias. 

Quelle est, selon vous, l'importance de ce Skalkottas dans la musique du XXe siècle ?

Skalkottas aurait dû devenir au cours de sa brève vie l'un des représentants les plus importants de la deuxième école viennoise et en particulier du sérialisme (l'accent étant mis sur le « conditionnel »…).

Schoenberg, avec qui il a étudié la composition à Berlin, le considérait certainement comme l'un de ses principaux étudiants en composition. L'estime dans laquelle Schoenberg tenait Skalkottas devient évidente dans sa correspondance avec Robert Emmett Stuart, directeur du St. Louis Institute of Music (lettre datée du  27 janvier 1940, 8 années complètes après que Schoenberg ait quitté Berlin et ait vu/entendu pour la dernière fois une des compositions de Skalkottas -un véritable témoignage de son admiration envers son élève) :

Les meilleurs de ma « Meisterklasse an der Akademie der Künste zu Berlin » sont N. von Hannenheim, Peter Schacht, Nicolas Skalkottas et Winfried Zillig (1927-1932) [...] Nicolas Skalkottas est un compositeur très doué, un excellent violoniste. et bon pianiste. Il était dans ma 'Meisterklasse' mais est retourné dans son pays natal, la Grèce, en 1932…”. En effet, Skalkottas avait quitté Berlin pour Athènes, estimant que la montée du nazisme était quelque chose de temporaire qui allait bientôt s'effacer...

Selon l'histoire, Schoenberg n'a plus rencontré Skalkottas, ni revu aucune de ses compositions post-berlinoises de son vivant. Néanmoins, l'impact de Skalkottas est clairement évident dans l'essai de Schoenberg Der Segen der Sauce où il place Skalkottas parmi l'élite de ses étudiants. « La bénédiction du pansement » a été écrit à l'origine en 1948 et publié en 1950, un an après la mort prématurée de Skalkottas, dans le livre Style et idée : "La dureté de mes exigences est aussi la raison pour laquelle, parmi la centaine de mes élèves, seuls quelques-uns sont devenus compositeurs : Anton Webern, Alban Berg, Hanns Eisler, Karl Rankls, Winfried Zillig, Roberto Gerhard, Nikos Skalkottas, Norbert von Hannenheim, Gerald Strang, Adolph Weiss”

Skalkottas est décédé  en 1949,  à l'âge de 45 ans, dans l'obscurité à Athènes, au plus fort de la guerre civile grecque d'après-Seconde Guerre mondiale ; la plupart de ses compositions sont restées inconnues pendant des décennies. 

En vérité, son langage sériel est un domaine à part entière, fondamentalement différent de celui de Schoenberg et de sa classe. Skalkottas a introduit à lui seul les notions extraordinaires de « sérialisme fractal et multidimensionnel », de « volumes orchestraux transparents » et de « son transcendantal dans la musique ». Comme Hans Keller l'a dit avec élégance : « Nikos Skalkottas : An Original Genius » (The Listener ; 9 décembre 1954)

Qu'est-ce qui vous séduit personnellement dans la musique de Skalkottas ?

Skalkottas est pleinement conscient que sa musique est et semble extrêmement compliquée. Cependant, il ne fait aucun compromis sur ses idées sérielles complexes et ne compose pas non plus pour un public restreint. Au contraire, le moteur de chacune de ses œuvres est sa profonde notion de romantisme à travers le sérialisme. Il croit fermement en un langage sonore romantique défendu par Brahms, tout en poussant les horizons du sérialisme à l'extrême. Skalkottas tente ainsi de rendre cette musique complexe accessible à un public plus large, sans se limiter aux « musiciens avertis ».

C’est de loin l’aspect le plus intrigant et le plus stimulant de sa musique : elle semble en quelque sorte tonale au grand public, portant des références tonales et rythmiques continues, mais en même temps elle reste extrêmement compliquée et pleine de pensée philosophique pour l’auditeur averti...

Journée brucknérienne au Festival International George Enescu

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Lors de cette nouvelle journée au Festival International George Enescu, un compositeur est à la fête : Anton Bruckner. Le compositeur autrichien, dont on a fêté son 199e anniversaire ce lundi 4 septembre, est à l’honneur avec deux de ses symphonies et non des moindres : la Septième Symphonie en mi mineur WAB107 et la Neuvième Symphonie en ré mineur WAB109.

L’orchestre du Gewandhaus de Leipzig, placé sous la direction d’Herbert Blomstedt, inaugure cette journée avec le Prélude à l’unisson tiré de la Suite N°1 de George Enescu avant de s’attaquer à la Septième Symphonie en mi mineur WAB107 de Bruckner. 

Le Prélude d’Enescu est interprété avec intensité par les cordes. La précision rythmique et la justesse sont plus qu’au rendez-vous surtout quand on sait que ce sont  près de 60 musiciens qui jouent à l’unisson complet. 

Après cette belle mise en route, le premier mouvement de la Septième Symphonie est enchaîné tout de suite, ne laissant pas le temps à l’audience de comprendre que l’œuvre de Bruckner avait déjà commencé puisque l'enchaînement est parfait entre les deux pièces. Cette symphonie constitue un hommage à Richard Wagner, auquel Bruckner vouait une grande admiration. Il se rend d’ailleurs à Bayreuth pour la première de Parsifal en 1882 et rencontre Wagner pour la dernière fois puisque le compositeur meurt en février 1883. 

L’interprétation proposée par la phalange allemande et l’illustre chef, âgé de 96 ans, est de la plus grande des qualités. Blomstedt est dans son répertoire-phare et excelle tout en emportant l’orchestre avec lui (pour l’anecdote, c’est ce même orchestre du Gewandhaus de Leipzig qui créa l’œuvre 139 ans plus tôt). La construction musicale des quatre mouvements est formidable, les progressions étant menées intelligemment, la tension augmente pour arriver chaque fois à un point culminant à l’instar du deuxième mouvement par exemple. Le delta des nuances est très impressionnant : les pianos sont à peine audibles tandis que les fortissimos remplissent la salle de l’Athénée Roumain d’un son chaud mais jamais agressif. Dans ces moments majestueux, le public est littéralement plongé auditivement dans le son, la salle étant presque trop petite pour accueillir une telle œuvre avec un tel orchestre. Peu importe, le public acclame longuement la prestation d’exception livrée par les artistes. La standing ovation était inévitable !