Les « huit » concertos pour piano de Beethoven selon Michael Korstick

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concertos pour piano et orchestre n° 0 WoO4, n° 1 op. 15, n° 2 op. 19, n° 3 op. 37, n° 4 op. 58, n° 5 op. 73 « Empereur », n° 6 H 15 et n° 7 op. 61a d’après le Concerto pour violon. Michael Korstick, piano ; Orchestre symphonique ORF de la Radio de Vienne, direction Constantin Trinks. 2020/21. Notice en allemand et en anglais. 256.10. Un coffret de quatre CD CPO 555 447-2.

Passionnante intégrale de l’œuvre pour piano seul  et des transcriptions de Stravinsky par Alexey Zuev

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Renard ; Les cinq doigts ; Quatre études ; Trois mouvements de Petrouchka ; Tango ; Berceuse du chat ; Grande Suite de L’histoire du Soldat ; Chant du rossignol ; L’Oiseau de feu ; Pulcinella ; Praeludium for Jazz Ensemble ; Tarantella ; Scherzo ; Trois pièces faciles pour piano à quatre mains, main gauche facile ; Souvenir d’une marche boche ; Mavra ; Circus-Polka, composé pour un jeune éléphant ; Valse pour les enfant ; Ragtime pour onze instruments ; Chœur du Prologue de Boris Godounov ; Fragments des Symphonies pour instruments à vent ; Piano-Rag Music ; Sérénade en la ; Deux pièces pour une Sonate ; Sonate pour piano en fa dièse mineur ; Apollon musagète ; Jeu de cartes ; Le Baiser de la fée. Alexey Zuev, piano. 2020/21. Notice en anglais et en français. 388.00. Un coffret de cinq CD Fuga Libera FUG 777.

Au Juillet Musical, le 4+1 de Musiques Nouvelles 

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C’est une simple graine du Royal Juillet Musical de Saint-Hubert que je m’en vais picorer à l’Église Saint-Remacle, le jour de la fête nat’ (le 21 juillet, pas le 14, pour ceux qui confondent Marseillaise et Brabançonne), dans le Marche-en-Famenne ancien, la spore contemporaine au sein d’une programmation classique, base du levain de demain, nourri à un répertoire moderne mais sans à-coup, du genre de ceux qui peuvent apprivoiser des oreilles effarouchées par la réputation tranchante de l’avant-garde née après-guerre.

Jean-Paul Dessy dirige Musiques Nouvelles depuis 1997, un ensemble qui célèbre cette année ses soixante ans (l’occasion de s’insinuer dans un maximum d’événements en Belgique francophone), depuis sa fondation en 1962 par Pierre Bartholomée : une douzaine de musiciens (un noyau à géométrie variable, aujourd’hui le quatuor en compte… quatre, en plus de Lucas Cortoos, jeune baryton habitué de la Monnaie), attentionnés découvreurs et promoteurs de la création musicale – toute relative aujourd’hui puisque la set list allie nouveauté et consensus (« cohésion » a seriné le roi Philippe hier).

« Nous sommes des consommateurs, et aujourd’hui nous consommons de la culture – qui nous fait du bien », explique, avec plus d’enthousiasme que d’adresse, l’échevin en charge – qui se réjouit, avec plus de flamme que d’à-propos, de promouvoir ce jour les compositeurs wallons : Philip Glass, Arvo Pärt et Henryk Górecki sont honorés de leur nationalisation.

Walden festival, klassiek sur l’herbe à Bruxelles

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Le jeune Walden festival (c’est sa deuxième édition) se positionne dans l’air du temps : un lieu (plusieurs en fait, à quelques minutes de marche l’un de l’autre), original, confortable, auguste ou impressionnant (ici, les quatre), une gestion respectueuse de l’environnement (on mange végan, on trie ses déchets, on ne s’empile pas les uns sur les autres, on prend le temps de flâner), une programmation à la densité raisonnable – les ingrédients sont communs, mais œufs, farine, sucre et beurre ne font un bon quatre-quarts qu’avec la main habile du pâtisser avisé, en l’occurrence le Festival van Vlaanderen Brussel, puisque le Walden se veut le pendant informel du Klarafestival, créé en 2004 et devenu le plus grand rassemblement belge de musique classique (en mars à Bruxelles, Anvers et Bruges).

Le contenant, mais aussi le contenu

Un lieu, donc : le parc Léopold, écrin de nature au centre du quartier européen à Bruxelles (à portée d’archet du Juste Lipse et du Berlaymont), oublié à l’heure de pointe entre la rue Belliard, les frites de chez Antoine à la place Jourdan et la Maison de l'histoire européenne ; le parc et ses trésors, la Bibliothèque Solvay, le Lycée Emile Jacqmain, le Musée Wiertz ou le Muséum des sciences naturelles (rebaptisé « dino » pour l’occasion… et son contenu) – sans compter la Chapelle pour l’Europe ou l’Espace Senghor. Et bien sûr, le jardin du Muséum, point de rassemblement, avec chapiteau, stand chapeau de paille et tote bags, bar et motos food trucks aux devantures carrelées de blanc tels les murs du métro parisien.

Le programme (qu’il ne s’agit pas d’oublier au bénéfice du décor), se love dans les traces de Walden, l’émission de slow radio éponyme de Klara (VRT) – slow, cette façon d’agir et d’être, lente, en opposition à la frénésie d’une société de consommation que plus grand-chose ne freine : « une oasis de calme en paroles et en musique, du Moyen Âge à nos jours ». Vague, large, imprécis : alors je sélectionne, une orientation jazz le samedi, contemporain le dimanche. 

Samedi soir, jazz d’aujourd’hui en mer intérieure

J’affectionne le oud, ce luth à manche court, entendu chez Dhafer Youssef ou Anouar Brahem et suis curieux de découvrir le Rabih Abou-Khalil Trio, qui compte sur le violon de Mateusz Smoczynski et les percussions (batterie et tambour sur cadre) de Jarrod Cagwin – une configuration un peu particulière. Abou-Khalil, libanais et pétri d’autodérision (« Il ne faut jamais acheter quelque chose chez les arabes. Dès que je l’ai payé, mon oud s’est désaccordé. »), se met, bonhomme, le public dans la poche, dès l’entame d’une série de morceaux, souvent percussifs, parfois nostalgiques (« si tu me quittes, il faut que j’en trouve une autre, et c’est beaucoup de travail ») : sympathique, mais avec moins de profondeur que Brahem et sans la voix démentielle de Youssef.

Le projet, à l’évidence, attire la bienveillance : l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, conduit depuis 2015 par Fabrizio Cassol (le saxophoniste d’Aka Moon), s’inspire des musiques de la méditerranée (folklore, jazz…), improvise, joue de tête, les musiciens partagent joyeusement la scène, mélangent timbres et couleurs (malgré les cris des perruches qui volent d’un arbre à l’autre)… mais ne me convainquent pas – je rentre plus tôt que prévu au centre Adeps où j’ai loué une chambre (original, tiens) et en profite pour terminer le roman de David Joy, indien de Caroline du Nord, à l’âme noire et malgré tout porteur d’espoir.

Brahms en sérénades

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Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénade n°1 en Ré majeur, Op.11 (Reconstitution de la version originale par Jorge Rotter) ; Sérénade n°2 en La Majeur, Op.16. Linos Ensemble. 2020. Livret en allemand et anglais. 75’21’’. Capriccio. C 5447. 

Voyage musical panaméricain avec Naxos : USA, Mexique et Brésil

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Différentes parutions récentes du label Naxos mettent à l’honneur des compositeurs du Nouveau monde. Certes, toutes ces parutions ne sont pas foncièrement des indispensables, mais elles contribuent avec talent et compétence à élargir nos horizons musicaux avec des propos éditoriaux et artistiques particulièrement pertinents.   

William Grant Still (1895-1878) : Cant’you Line ‘Enm, 3 Visions n°2 Summerland, Quit Dat Fool’nish, Pastorela, American Suite, Fanfare for the 99th Fighter Squadron, Serenade, Violon Suite, Threnody: In Memory of Jean Sibelius. Zina Schiff, violon. Royal Scottish National Orchestra, Avlana Eisenberg. 2018. Naxos. 8.559867.