Derniers des Concerts au potager du roi à Versailles

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Les Concerts au potager du roi, organisés à deux pas du fameux château, constituent un festival d’été rapidement mis en place pendant le confinement. En effet, suite à la Tribune des musiciens indépendants -les musiciens, confrontés à des difficultés inouïes, alertaient de leur situation critique liée à la COVID-19- ses initiateurs, le Quatuor Modigliani, l’altiste Gérard Caussé et le pianiste David Fray ont lancé, avec le soutien de la région Ile-de-France, un festival solidaire. Du 11 juillet au 2 août, avec la collaboration et Jean-Paul Scarpitta qui ont rejoint le comité artistique, chaque week-end était une occasion d’entendre des musiciens internationaux en plein air.

Ce vaste espace fut créé par Jean-Baptiste La Quintinie entre 1678 à 1683 à la demande de Louis XIV pour « nourrir et innover ». Les concerts se sont donc déroulés dans un coin de ce territoire qui compte aujourd’hui quelque 9 hectares et rattaché à l’École nationale supérieure du paysage, où sont cultivées de nombreuses variétés de fruits (150 pour les pommes et autant pour les poires) et de légumes. Sur une scène spécialement installée et recouverte d'une tente, 70 musiciens se sont succédé en 20 soirées.

Tables d'écoutes de RTBF Musiq3 avec Bernadette Beyne et Bruno Peeters

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L'émission d'écoute comparée la "Table d'écoute" de  la RTBF Musiq3 est le plus ancien des programmes de la radio publique belge francophone. Animée avec brio par notre confrère Camille de Rijck, elle reçoit régulièrement des rédacteurs de Crescendo Magazine. Les regrettés Bernadette Beyne, co-fondatrice de notre magazine, et Bruno Peeters, l'un des rédacteurs historiques de Crescendo Magazine ont été au nombre  de ses invités.

Camille de Rijck nous fait l'amitié de mettre en ligne deux "Tables d'écoutes" auxquelles Bernadette et Bruno ont participé.

Vous pouvez retrouver Bernadette à l'occasion d'une émission consacrée à la Sonate n°31 de Haydn, le répertoire pour piano était l'un de ses  domaines de prédilection.

Bruno est au micro pour une Table d'écoute consacrée à Istar de Vincent d'Indy, la musique française était la grande passion de notre cher collègue.

In memoriam Leon Fleisher 

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C’est un artiste exceptionnel qui nous a quittés ce 2 août à Baltimore.

Né en 1928 à San Francisco dans une famille d’émigrés juifs d’Europe de l’Est (son père était originaire d’Odessa et sa mère de Pologne), Leon Fleisher reçut ses premières leçons de piano à l’âge de 4 an. Par l’entremise de Pierre Monteux, il fut présenté à Artur Schnabel qui, impressionné par le talent du garçon, accepta -en dépit de ce qu’il refusait par principe d’enseigner à des enfants- de le prendre pour élève en 1938 alors que Leon n’avait que 9 ans. Le grand pianiste exigea en revanche que l’enfant ne se produise pas en concert. Même si Fleisher resta son élève jusqu’en 1948, Schnabel autorisa quelques exceptions à cette règle et c’est ainsi que le jeune virtuose put se produire sous la baguette de Monteux en 1942 dans le Deuxième Concerto de Liszt et en 1944 dans le Premier de Brahms qui deviendrait l’un de ses chevaux de bataille.

Après un beau début de carrière, Fleisher, se voyant proposer moins d’engagements aux Etats-Unis, décida de s’établir en Europe en 1950 et y resta jusqu’en 1958, d’abord aux Pays-Bas puis en Italie. C’est donc un pianiste expatrié qui remporta en 1952 le Concours Reine Elisabeth, jouant en finale le Premier Concerto de Brahms. Il fera par la suite partie du jury à cinq reprises, la dernière en 1999.

Son triomphe bruxellois ne fut pas sans écho dans son pays natal, où il entama dès 1954 une collaboration avec le chef George Szell et l’orchestre de Cleveland qui allait déboucher quelques années plus tard sur d’inoubliables intégrales des concertos de Beethoven et de Brahms.

Mathieu Romano, sur les traces de Don César de Bazan de Massenet 

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Le chef de chœur et chef d’orchestre Mathieu Romano fait l’événement avec la parution du premier enregistrement mondial de l’opéra Don César de Bazan de Jules Massenet, le premier opus lyrique du compositeur. Mais Mathieu Romano, c’est également le fondateur de l’ensemble choral Aedes et un musicien qui passe avec aisance à travers les genres et les styles.   

Vous proposez en première mondiale l’intégrale de l’opéra Don César de Bazan. Comment avez-vous redécouvert cette œuvre ? 

Il s’agit d’un partenariat avec les Frivolités Parisiennes, ce sont eux qui ont redécouvert l'œuvre et qui me l'ont proposée. En la lisant, j’ai été stupéfait par la beauté et l'intérêt de la partition !

Qu’est-ce qui fait l’originalité de cette partition ? Comment s’intègre-t-elle dans l’œuvre de Jules Massenet ? 

On voit ici un jeune Massenet de 30 ans qui écrit son tout premier opéra en plusieurs actes, il a déjà ce talent pour le rythme de la dramaturgie, le génie des belles mélodies, et la fraîcheur de l'invention musicale. 

Beaucoup de styles se côtoient dans la partition et font son originalité : des airs de bravoure, des airs comiques, des duos nocturnes, des pages orchestrales variées... C'est un vrai panel de musiques, mais unifiées par son génie musical et par l'histoire.

Symphonies d'aujourd'hui et de demain

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Crescendo Magazine poursuit la publication des articles de la série "Ce siècle aura 100 ans" rédigée par Harry Halbreich et publiée en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.

L'histoire de la Symphonie au XXe siècle, c'est la "chronique d'une mort annoncée"... et sans cesse différée. Une petite liste de compositeurs jetée de mémoire sur le papier donne vite une centaine de noms, dont au moins deux douzaines sont bien vivants : voilà un mourant qui ne se porte pas si mal...

Claude Debussy, que le genre n'attirait pas et qui ignorait Bruckner, Mahler et Sibelius, a écrit cette phrase fameuse, selon laquelle, après la Neuvième de Beethoven, "la preuve de l'inutilité de la Symphonie était faite". Mais déjà les successeurs immédiats de Beethoven s'étaient posé la question, qui ne reçut un début de réponse que vingt ou trente ans après sa mort. De même, sans même tenir compte de Debussy, la question se posa au début de notre siècle : que faire après Mahler, après des Symphonies d'une heure et demie ou davantage mobilisant des centaines d'exécutants ? Son grand contemporain et rival Sibelius donna le premier une réponse radicale : repenser forme et structure de l'intérieur, dans des limites de durée et d'effectifs n'outrepassant pas Beethoven. Sa révolution, comme celle de Beethoven en son temps, a mis un demi-siècle pour porter ses fruits. 

Au début de notre siècle, le problème était, il est vrai, tout différent, lié à la mort du langage tonal traditionnel qui semblait entraîner celle des formes qu'il avait suscitées. Et il est vrai que la forme-sonate, en particulier, implique une dialectique formelle liée à l'idée de tonalité, avec ses modulations, ses contrastes et, précisément, le "plan tonal" qui en conditionne le déroulement. Et il est non moins vrai que celles des Symphonies de notre siècle qui préservent les cadres formels de la Sonate, du Rondo ou du Lied adoptent un langage plus ou moins strictement tonal. Mais on peut, on doit prendre le concept de Symphonie d'une manière moins restrictive, comme Liszt, par exemple, l'avait fait avant Sibelius. Dans ce sens plus large, La Mer de Debussy, par exemple, est une véritable Symphonie, c'est-à-dire une composition orchestrale basée sur le principe de la dialectique des contrastes. En plusieurs mouvements ? Pas forcément : la géniale Sonate de Liszt avait donné un modèle de grande forme d'un seul tenant. Schönberg, dans sa Kammersymphonie op.9 de 1906, puis, de manière beaucoup plus radicale, Sibelius dans sa Septième de 1924, avaient suivi ses traces. Actuellement, les Symphonies "en un mouvement" sont aussi nombreuses que les autres, voire davantage. 

Don César de Bazan de Jules Massenet, une première de grande noblesse  

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Jules Massenet ( 1842-1912) : Don César de Bazan (version 1888). Opéra comique en quatre actes et quatre tableaux. Laurent Naouri, baryton ; Elsa Dreisig, soprano ; Marion Lebègue, mezzo-soprano ; Thomas Bettinger, ténor ; Christian Helmer, baryton ; Christian Moungoungou, baryton. Ensemble Aedes, Orchestre des Frivolités Parisiennes, Mathieu Romano. 2019-Livret en français et anglais. 1’52’05’’. 2 CD Naxos. 8660464-65.

Le méconnu Roman Palester

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Roman Palester (1907-1989) : Concertino pour saxophone alto et orchestre (1938/1947) ; Concertino pour piano et orchestre (1942) ; Sérénade pour deux flûtes et orchestre à cordes (1946) ; Concertino pour clavecin et dix instruments (1955). Alina Mleczko (saxophone) ; Clare Hammond (piano) ; Lukasz Dlugosz et Agata Kielar-Dlugosz (flûte) ; Maciej Skrzeczkowski (clavecin). Sinfonia Iuventus/Lukasz Borowicz (direction). 2019-DDD-Livret en polonais et anglais- 74’29- Anaklasis ANA 003.