Le Conte du Tsar Saltane à La Monnaie. Quel chef !

par

Emerveillement des yeux ! On n’oubliera pas ce que l’on a vu ! Avec d’abord le surgissement, par la salle, de personnages en costumes étonnants (Elena Zaytseva), figures de jeux de cartes, matriochkas, illustrations des livres de contes de notre enfance. C’est inventif, c’est coloré, c’est somptueux. Avec soudain, sur et derrière une immense toile, l’apparition peu à peu dessinée et coloriée d’un paysage, d’une ville, d’animaux, de personnages, d’images animées. Le héros traverse la toile et trouve sa place dans le décor dessiné, une femme-cygne y apparaît. On est ailleurs.

Dans un conte traditionnel, dans l’histoire d’une pauvre jeune femme trahie par ses sœurs et leur tante, condamnée à l’exil avec son fils, récompensée par un cygne-princesse (séduisante Olga Kulchynska) sauvé des griffes d’un rapace, jusqu’à ce que justice soit faite.

Un Monteverdi sous une bonne étoile !

par

« Sfogava con le stelle ».  Claudio MONTEVERDI (1567-1643): Madrigaux: Sfogava con le stelle un infermo d’amore SV 78; Al lume delle stelle SV 138; Cor moi mentre vi miro SV 77; O come sei gentile; Si, ch’io vorrei morire SV 89; Lamento della ninfa SV 163; Interrotte speranze SV 132; Se i languidi miei sguardi SV 141; Io mi son giovinetta SV 86; Magnificat primo tuono a quattro voci in genere da capella SV 282 Alessandro PICCININI (1566-1638): Toccata VI – Vincenzo BONIZZI (15?-1630): Jouissance vous donneray. La Main Harmonique, dir. Frédéric Bétous. 2018-54’10"-Textes de présentation en français et anglais-Textes chantés en italien, traduits en français et anglais-Ligia Lidi0202336-18

Couronnement anglais... à Versailles !

par

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759) : THE CORONATION OF KING GEORGE II. Anthems and ceremonial music, PURCELL, BLOW, TALLIS, FARMER, GIBBONS, CHILD. The KING’S CONSORT. Robert KING, dir.2018-DVD-1h38-DVD9 PAL 16/9 DOLBY DIGITAL 2.0/5.1- live Chapelle Royale - Château de Versailles- sous titres français et anglais – Château de Versailles Spectacles CVS005

Mais encore : "French touch" symphonique à travers le monde

par

Quelques disques mettent à l’honneur des compositeurs français par des interprètes établis un peu partout à travers le monde.

Claude Debussy (1862-1918) : Printemps, Rapsodie pour orchestre et saxophone ; Marche écossaise sur un thème populaire ; Berceuse Héroïque ; Deux Danses ; Nocturnes. Claude Delangle, saxophone ; Gulnara Mashurova, harpe ; The Philharmonic Chamber Choir of Europe, Singapore Symphony Orchestra, Lan Shui. 1 CD BIS. BIS-2232.

Mais encore : cordes et pianos

par

Dans le flot incessant des parutions, voilà quelques galettes qui ne déméritent pas.

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Fantaisie chorale, Op.80 ; Triple Concerto, Op.56. Bertrand Chamayou et David Kadouch, piano ; Alexandra Conunova, violon ; Natalie Clein, violoncelle ; Sandrine Piau, soprano ; Anaïk de Barbeyrac, ténor ; Florian Sempey, baryton. Accentus. Insula Orchestra, Laurence Equilbey. Warner. 0190295505738

Women of music

par

1524 obwoluta SJB.indd

Mélodies d’Irène WIENIAWSKI alias “Poldowski” (1879-1932), Clara SCHUMANN (1819-1896), Cécile CHAMINADE (1857-1944) et Agathe BACKER-GRØNDAHL (1847-1907); Urszula Kryger (mezzo-soprano), Agata Górska-Kołodziejska (piano) ; 39’28 ; Livret en polonais et en anglais – DUX 2018, Pologne.

Anneleen Lenaerts, harpiste

par

Concertiste et harpiste des Wiener Philharmoniker, notre compatriote Anneleen Lenaerts vole de succès en succès. Après une tournée des Wiener Philharmoniker sous la direction de Mariss Jansons, elle se rendait à Bogota pour une série de concerts. Entre temps, elle répond aux questions de Crescendo-Magazine.  

Votre nouvel album pour Warner est consacré à Nino Rota ? Pourquoi avez-vous choisi ce compositeur ?

Mon premier contact avec la musique de Nino Rota fut la “Sarabanda e Toccata” pour harpe solo. C’est une pièce assez connue et importante dans le répertoire de la harpe. Elle est très souvent demandée lors des concours car c’est une très belle pièce qui montre l’instrument sous toutes ses facettes : lyrique, chantant, rythmique et dansant. J’ai découvert ensuite ses pièces de musique de chambre et même un concerto, qui n’est presque jamais joué. Nino Rota est un grand compositeur, mais comme vous le savez sa notoriété repose plus sur ses célèbres musiques de films que sur ses compositions “classiques”. Ces dernières sont pourtant largement majoritaires dans son legs ! Consacrer un album à l’intégrale de sa musique pour et avec harpe m’a semblé être une bonne idée pour le mettre en valeur.  

Vous avez complété ce disque avec quelques extraits de ses célèbres musiques de film. Êtes-vous une cinéphile ?

J’aime bien regarder des films, mais le choix de ces extraits était plutôt porté par l’idée de réaliser un portrait complet du compositeur Nino Rota et ne pas montrer seulement son côté “classique”. Les extraits sont des transcriptions pour harpe et cordes qui pourront s’ajouter au répertoire des harpistes. Pour préparer le disque, j’ai naturellement visionné avec grand intérêt The Godfather et d’autres films de Fellini. J’ai même pris un abonnement Netflix, grâce à cet enregistrement.

Alexandra Conunova, violoniste polyglotte et engagée

par

Lauréate des concours Tchaïkovski de Moscou et Joachim de Hanovre, élève de Renaud Capuçon, Alexandra Conunova est l’un des grands talents émergents de notre époque. Parlant sept langues, cette jeune musicienne aime les défis et défricher des pans inconnus du répertoire violonistique. Alors qu’elle prend part à deux parutions discographiques consacrées à Ludwig van Beethoven et Jean-Pascal Beintus, Alexandra Conunova répond aux questions de Crescendo-Magazine  

Vous êtes originaire de Moldavie, vous résidez en Suisse et vous parlez 7 langues. Est-ce que vous vous définissez comme une citoyenne du monde ? La notion d'identité est-elle importante pour vous ?

En menant une vie de soliste, je suis bien évidement et surtout une citoyenne du monde. L’affirmer peut sembler banal mais c’est la vérité ! Je suis originaire d’une famille russophone de Moldavie, j’ai étudié en Allemagne et maintenant je réside en Suisse...J’ai l’énorme chance de vivre dans une époque qui offre la possibilité de voyager partout et le fait de parler sept langues me permet de me sentir bien où je vais. Mais au plus profond de moi je me sens Moldave, je suis fière de mon pays, de sa culture, de ses coutumes et de ses habitants. Mon pays me manque toujours, mais je suis très touchée et reconnaissante par l’accueil que l’Europe m’a réservée à mes débuts en 2004 lors d’un concert à Vienne. Pour moi, il est extrêmement important de ne jamais oublier ses origines mais je considère que l’identité se construit au long de toute une vie.

Vous êtes en soliste de l'enregistrement de la “Suite de concert sur le Petit prince d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus (21 Music). Comment incarne-t-on musicalement un tel personnage “légendaire” de la littérature ? Est-ce qu’il faut garder son âme d’enfant pour être le Petit prince au violon ?

Depuis toute petite, j’ai une imagination assez débordante qui m’emmenait très loin, parfois trop loin ! Ce fut absolument magique d’incarner musicalement le personnage du Petit prince pour lui donner une vie à travers les notes ! Il est vrai que dans le monde parfois impersonnel et froid d’aujourd’hui, il nous est difficile de garder ou faire ressortir la part d’enfant qui vit encore en nous. Mais en étant maman d’un garçon de 7 ans, je retrouve mon esprit rêveur en lui lisant les contes, et notamment le Petit prince. Je fais le voyage imaginaire dans le temps et je me laisse emporter par les émotions qui s’éveillent en moi. Pour la “Suite de concert sur le Petit prince” d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus, j’étais éblouie par la précision et la manière dont le compositeur a su trouver les rythmes, les harmonies, et utiliser les instruments pour décrire les personnages en musique.