A Genève, la venue de Tan Dun, compositeur-chef d’orchestre

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Dans le cadre de sa saison symphonique, le Service Culturel Migros reçoit pour la première fois le compositeur cantonais Tan Dun en tant que chef d’orchestre. L’on a beaucoup parlé de lui en décembre 2006, au moment où le Met de New York assumait la création de son ouvrage en deux actes, The First Emperor, avec Placido Domingo dans le rôle de l’Empereur Qin. Et pour trois concerts à Genève, Lucerne et Zürich, il dirige la formation de son pays natal, l’Orchestre Symphonique de Guangzhou qui, par ailleurs, s’était déjà produit en Suisse en janvier 2015.

Le programme commence par l’une des premières pages orchestrales de Stravinsky, Feux d’artifice op.4, datant de 1908. Par une vrille brillante, le discours est emporté vers un sommet percutant proclamé par les cuivres, d’où se répand un flux beaucoup plus lyrique que poivrera la reprise du début, aboutissant à une effervescence paroxystique.

Hommage à Jean Guillou (deuxième partie) : « Souvenirs d'ivresse et de vie »

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Le légendaire organiste Jean Guillou était un professeur hautement respecté et recherché des jeunes talents. Notre compatriote Etienne Walhain, organiste-titulaire des grandes Orgues Ducroquet et Merklin de la Cathédrale Notre-Dame de Tournai, a pu travailler  pendant 10 ans aux côtés du grand musicien. Il a accepté de livrer son témoignage à Crescendo-Magazine.

Une figure qui respire l'intelligence et l'amitié ; un âge mûr qui a la grâce de la jeunesse ; le visage d'un oval plein et fort ; les joues longues, bien assises sur un large menton qui finit en rondeur indulgente ; une grande bouche, aux coins un peu relevés par l'habitude et le goût du sourire, bouche aimable et faite pour aimer ; la lèvre inférieure ardente, généreuse et sensuelle ; de beaux yeux, attentifs et doux, calmes et pénétrants, plein d'esprit et de caresse (...). Rien d'affecté, pas ombre de prétention, et l'air naturellement au-dessus de toute petitesse.

Dans cet hommage précis et docte rendu à Saint-Evremond, André Suarès nous dessine le visage d'un être hors du temps, d'un esprit qui n'a eu de cesse de combattre la déraison. Ce croquis physique et psychologique me fait penser à mon cher Maître Jean Guillou, qui s'y serait très certainement retrouvé si j'avais eu encore le temps de partager un moment avec lui...

Hommage à Jean Guillou (première partie) : un musicien visionnaire

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L’organiste Jean Guillou était une figure incontournable de l'orgue et de la vie musicale internationale. Crescendo Magazine a demandé à l’organiste Yoann Tardivel, bien connu des auditeurs de Musiq3,  de répondre à quelques questions sur cet immense musicien, véritable star de son instrument.  

Quelle est la place de Jean Guillou dans l’art de l’orgue ?

Elle est immense évidemment. Il faisait partie d’un carré magique avec Pierre Cochereau, Marie-Claire Alain et Michel Chapuis. Ce golden quartet a réellement attiré sur l’instrument les projecteurs du monde entier, chacun explorant des chemins bien spécifiques. Le chemin de Jean Guillou est sans contestation le plus original, au sens où il est le plus en rupture avec la tradition très forte dans laquelle il a été formé mais aussi dans le sens où sa vie d’artiste a été résolument tournée vers la création. Il était compositeur, improvisateur, concepteur d’instrument, essayiste et même poète. Il était en dialogue constant avec les créateurs de son temps ainsi qu’avec les jeunes générations auxquelles il donnait son temps et son savoir sans compter. Il était un artiste sans frontières qui a joué et a été joué au quatre coins de la planète. Si l’orgue peut parfois souffrir d’un certain dogmatisme en raison de sa longue histoire et de son aspect patrimonial, Jean Guillou, libre penseur, a su en révéler toute la part poétique, loin de toute forme de dogme justement.

Hommage à Bruno Peeters par Camille de Rijck pour RTBF Musiq3

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Camille de Rijck, ami de longue date de notre rédacteur Bruno Peeters, lui rend un émouvant hommage sur le site de la chaîne.

Pendant près de 40 ans, Bruno Peeters fut l'un des musicographes les plus importants de notre pays. Non par la place qu'il occupait dans les colonnes de nos quotidiens - il resta fidèle à Crescendo - mais par son infatigable bougeotte qui lui fit sillonner les théâtres de France et de Navarre (et de Belgique, aussi) afin de satisfaire son hallucinante boulimie de musique.

Quelle perte pour la vie musicale Belge. Quelle perte pour celles et ceux qui avaient la joie de connaître Bruno Peeters. Pour son épouse Véronique, qui l'aurait suivi jusqu'au bout du monde pour découvrir un opéra Français qu'on croyait perdu, et sa formidable petite famille. Parfois, au concert, on tombait sur "le clan Peeters", une joyeuse tribu souriante et simple, venue communier autour d'une grande partition. Nous pensons bien fort à eux.

Spectacle “Casse-Noisette et moi” : un moment féérique en famille

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Ce dimanche 27 janvier se tenait le spectacle “Casse-Noisette et moi” à Bozar, créé par la pianiste Alexandra Dariescu.

Le concept en est simple : une pianiste et une danseuse interagissent sur scène avec une animation vidéo projetée sur grand écran. L’histoire est une adaptation du célèbre ballet Casse-Noisette de Piotr Illich Tchaïkovsky, dont les grands tubes ont été repris, arrangés et adaptés pour piano solo. Le spectacle se veut accessible à tous, et il a pour but de toucher un large public.

La Filarmonica della Scala à la Philharmonie de Paris: Vengerov enchante, Chailly déçoit

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Venus à Paris pour un unique concert à la Philharmonie, l’orchestre et le chef milanais avaient concocté un programme composé de deux oeuvres seulement, mais très exigeantes tant pour le soliste que pour l’orchestre.

Dès le premières mesures du Nocturne qui ouvre le Concerto pour violon n° 1 de Chostakovitch, l’impression que donnait Maxim Vengerov était celle d’une concentration totale, alors que, les yeux mi-clos, il déployait la ligne mélodique avec un sens de la cantilène et un lyrisme qui allait infailliblement au coeur de la musique. Dans le diabolique Scherzo, Vengerov opta par moments pour un son plus cru tout en montrant une sensibilité d’écorché vif, déchaîné dans l’épisode central dont -servi par une maîtrise technique hallucinante- il fit ressortir ce sentiment de danger et de folle prise de risques, avant de saisir à la perfection le côté klezmer parodique et grinçant.

Décès de notre rédacteur Bruno Peeters

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Crescendo Magazine est bouleversé par le décès de Bruno Peeters. Collaborateur historique de notre revue puis de notre site, Bruno était aussi érudit que passionné. Immense connaisseur de la musique française, en particulier de l’opéra français du XIXe siècle, Bruno était toujours en quête d’une rareté ou d’une redécouverte qu’il partageait avec enthousiasme dans les colonnes de Crescendo Magazine. Sa grande culture et la virtuosité de sa plume nous manqueront terriblement. Crescendo Magazine pense très fort à Véronique son épouse et à ses enfants.       

L’hommage à Basquiat à la Fondation Louis Vuitton

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Présenté en clôture de l’exposition Jean-Michel Basquiat, ce concert de l’Ensemble intercontemporain associait grands maîtres américains (Cage, Crumb), jeunes compositeurs installés à Paris (Robin, Dessner) et la création mondiale d’une pièce pour trois trompettes du directeur musical de l’ensemble, Matthias Pintscher.

Skull de ce dernier se veut un hommage à Basquiat (le « crâne » étant une figure omniprésente chez le peintre américain). On repère bien un tâchisme instrumental, un travail de spatialisation à la manière de la superficie d’une toile, et une volonté d’accumulation expressive, mais Skull s’apparente avant tout à une œuvre de commande au modernisme apaisé, utilisant les sourdines des trompettes (Lucas Lipari-Mayer, Gustav Melander, Clément Saunier) avec beaucoup de goût dans un discours très élégant et architecturé. Oublions rapidement les 7 Haikus de John Cage interprétés par le valeureux pianiste Hideki Nagano. De l’aveu de Basquiat, le groupe de noise auquel il appartenait faisait de la musique inspirée par John Cage, c’est-à-dire « de la musique qui n’[était] pas vraiment de la musique ». On ne saurait donner tort aux propos de l’artiste new-yorkais, tant on ne sait quand commencent ni finissent ces piécettes au bord du néant. Seule reste l’idée de performance artistique, et la probable envie d’épater le bourgeois.

Un Richard Strauss historique avec Kempe

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Richard STRAUSS (1864-1949) : Daphné. Gottlob FRICK (basse), Helena ROTT (contralto), Gudrun WUESTEMANN (soprano), Werner LIEBING (ténor), Helmut SCNINDLER (ténor), Chor der Staatsoper Dresden, Staatskapelle Dresden, dir. : Rudolf KEMPE. ADD–2018–74’ 26’’ et 45’ 17’’–Textes de présentation en anglais et en allemand–Profil/Hänssler PH07038