Resound Beethoven : Volume 3

par
HONECK

0126_JOKERLudwig van Beethoven 
(1770 - 1827)
Musique pour la tragédie de Goethe, Egmont, op. 84 (version allemande : Goethe/Mosengeil/Grillparze) – (version anglaise : Goethe/Grillparzer/Hamton) – Ouverture en do majeur, « La Consécration de la maison », op. 124
Herbert Föttinger et John Malkovich, récitants – Bernarda Bobro, soprano – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck, direction
2016-DDD-cd1 55’30 cd2 55’18-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Alpha-Alpha 472

Vivement le volume 3 ! Voilà comment se terminait mon compte-rendu du volume consacré entre autres à la Symphonie n°7 de Beethoven. Dire que ce troisième volume n’était pas attendu serait donc un mensonge. D’une part car la tragédie Egmont, en dehors de l’Ouverture régulièrement jouée et enregistrée, ne bénéficie pas aujourd’hui de la renommée qu’elle mérite, et d’autre part car l’expertise de Martin Haselböck sur ce répertoire, sur la manière de l’interpréter, inaugure à nouveau de belles surprises. Lorsque Goethe écrit sa tragédie, il prévoit et précise dans des indications de mise en scène des airs à chanter sur scène ainsi que des musiques d’accompagnement sans pour autant les fournir, compliquant ainsi la tâche de ceux qui souhaitent la produire. En 1809, Joseph Hartl, directeur du théâtre de la Cour Royale et Impériale de Vienne, sollicite de Beethoven une partition destinée à cet ouvrage. A travers cette lutte pour la libération des Pays-Bas sous l’occupation espagnole au XVIème siècle, Beethoven y trouve finalement plus qu’un aspect financier, mais bien un sujet, ici la liberté, qui le touche personnellement (pour rappel, c’est à cette époque que l’Autriche vit sous le joug des troupes napoléoniennes). En 1821, Friedrich Mosengeil produit un texte dans l’optique « d’éveiller des réminiscences des principales scènes de la pièce, et être bienvenu là où il n’y avait pas de théâtre ou là où l’Egmont de Goethe n’est pas représenté avec la musique de Beethoven ». Cette « déclamation d’accompagnement » jugée trop libérale, Franz Grillparzer la transforme à son tour en 1834, version choisie ici abrégée et complétée avec des monologues de Goethe choisis par Herbert Föttinger. Enfin, Haselböck conclut avec l’Ouverture pour « La consécration de la maison », écrite pour l’inauguration du Théâtre de la Josephstadt en septembre 1822.
Enregistrées entre 2014 et 2015 au Théâtre de la Josephstadt, les deux pièces présentées bénéficient comme à chaque fois d’un regard lucide et profondément juste. Entre la clarté et la couleur des vents et la technique d’archet des cordes, s’apprécient entre-autres le dialogue permanent, le souffle apporté à la ligne et le soin du phrasé qui ne fait jamais défaut à la direction. En apportant ainsi des sonorités inhabituelles à l’oreille, on finit par redécouvrir ces deux chefs-d’œuvre grâce à l’analyse des dynamiques que le rythme et l’harmonie opèrent. Ajoutez à cela les lectures bienveillantes et expressives de John Malkovich pour qui le rôle semble avoir été taillé sur mesure, Herbert Föttinger, actuel directeur du théâtre et la voix idéale de la soprano Bernarda Bobro, et vous voilà à nouveau face à très certainement la référence de demain. Vivement le volume 4 ?
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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