Robert Groslot, de la plume à la baguette !

par https://thamngaan.com/

Robert Groslot (°1951)
Robert Groslot conducts his concerto for Euphonium and Concert Band (2012), concerto for Saxophone and Concert Band (2010), concerto for Piccolo and Concert Band (2012), concerto for Marimba and Concert Band (2012), Achaé, la docile amie (1979, 2012)

Steven Mead, euphonium ; Norbert Nozy, saxophone ; Peter Verhoyen, Picolo ; Carlo Willems, Marimba and Vibes ; Vlad Weverbergh, clarinet
The Royal Symphonic Band of the Belgian Guides
2012-DDD-74'20'' Livret de présentation en Anglais- Groslotmusic records 1301
Peut-être vous rappelez-vous la prestation du pianiste belge Robert Groslot au Concours Reine Elisabeth dont il fut le lauréat en 1978 ? Depuis lors, Groslot est devenu un artiste accompli et multi-facettes. Pianiste concertiste, pédagogue, chef d'orchestre (il dirige notamment les très populaires « Night of the Proms ») il est aussi écrivain et artiste-peintre. Il trouve encore le temps d'être un compositeur extrêmement prolifique comme en atteste une série de quatorze concertos écrits entre décembre 2009 et octobre 2012. Le présent enregistrement propose 5 de ces concertos accompagné par la Musique Royale des Guides.
Du point de vue formel, Robert Groslot avoue des influences classiques de la forme sonate mais aussi et surtout de la sonate de Liszt et sa forme en un mouvement. Le compositeur est inspiré par ce type de forme dont il explore les possibilités et il la préfère à des concertos en trois mouvements distincts. Son sens formel est pointu et les pièces sont équilibrées. L'unité est assuré par des « Leitmotiv ». Les influences sont claires. Debussy, Stravinsky et le jazz ! Groslot explique qu'il écrit de la musique tonale "élargie". Il utilise parfois des séries de 12 notes voire plus mais elles se déploient dans un cadre tonal. L'écriture est colorée et parfois imprévisible dans l'enchaînement des différentes sections. La texture de l'orchestre est soignée et des instruments se détachent parfois pour dialoguer avec le soliste qui doit faire preuve de grande virtuosité et de maîtrise. Il n'hésite pas à s'attaquer à des instruments pour lesquels peu de concertos ont été écrits comme l'euphonium ou le piccolo. L'écriture est chatoyante et a le bon goût de nous surprendre ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas au fil de l'écoute. De plus, Groslot fait preuve d'un sens certain de la dramaturgie. Chaque concerto narre une histoire qui appartient à l'auditeur. On est séduit également par de très belles mélodies. Je vous recommande d'ailleurs particulièrement le thème de l'euphonium à partir de 8'40'', un des moments délicieux de ce disque. Les climax sont bien amenés sans jamais être assourdissants. Le concerto pour clarinette porte un titre, « Achaé, la docile amie » . Pour cette oeuvre il utilise la forme de thème et variations sur le célèbre caprice de Paganini. Le titre nous donne la clé : A=la C=do H=Si A=la E=mi : la do-ci-l'a-mie... C'est oeuvre est une très belle réussite . Comme l'ensemble du disque en général.
Robert Groslot assume ses influences. Dans le concerto pour saxophone il cite le Sacre du printemps. Sa musique est très accessible et il faut l'accorder peu révolutionnaire ce qui pourrait apporter de l'eau au moulin de détracteurs lui reprochant d'abuser de certaines ficelles. En ce qui me concerne je n'ai pas boudé mon plaisir à l'audition de ce disque que je vous recommande !
Qu'on se le dise, c'est du bon et en plus c'est du belge !
Michel Lambert

Son 9,5 – Livret 7,5 – Répertoire 9 – Interprétation 9

 

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