Mots-clé : Isabelle Druet

Révélation de Coronis, zarzuela politico-amoureuse, enfiévrée par Vincent Dumestre

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Sebastián Durón (1660-1716) : Coronis, zarzuela en deux journées. Ana Quintans, soprano [Coronis]. Isabelle Druet, mezzo-soprano [Triton]. Cyril Auvity, tenor [Proteo]. Anthéa Pichanick, contralto [Menandro]. Victoire Brunel, mezzo-soprano [Sirene]. Marielou Jacquard, mezzo-soprano [Apolo]. Caroline Meng, mezzo-soprano [Neptuno]. Brenda Poupard, mezzo-soprano [Iris]. Olivier Fichet, ténor [cantante del coro]. Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique. Avril 2021. Livret en français, anglais, allemand ; paroles en espagnol traduit en français et anglais. TT 40’41 + 58’02. Alpha 788

Les cris de Thierry Escaich et Laurent Gaudé face aux horreurs de la guerre

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Thierry Escaich (°1965) : La piste des chants, pour choeur d’enfants et orchestre de chambre. Visions nocturnes, pour mezzo-soprano, clarinette, quatuor à cordes et piano. Cris, pour récitant, chœur de chambre, 8 violoncelles, 2 percussions et accordéon. Laurent Gaudé, récitant ; Isabelle Druet, mezzo-soprano ; Sandra Bizjak, piano ; Quatuor Ellipse ; Chœur de Radio France ; Maîtrise de Radio France ; Solistes de l’Orchestre National de France ; Orchestre Philharmonique de Radio France, direction Mikko Franck, Julien Masmondet et Julien Leroy. 2018. Notice en français et anglais. Texte de Cris avec traduction anglaise. 64.13. Radiofrance FRF055.

Atelier Lyrique de Tourcoing : ouverture de saison 2020-2021, la folle journée

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Ce 19 septembre, non moins de cinq temps forts rythmaient l’ouverture de la saison 2020-2021 de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, dans trois établissements patrimoniaux de la ville. Nous n’avons pu assister aux sollicitations de la mi-journée : « le Voyageur, Petite histoire du Lied germanique » avec le Quatuor Manfred et Salomé Haller (14h), précédé le matin par un parcours de violoncelle solo (J.S. Bach, Ahmet Saygun, Zoltán Kodály) dont un auditeur nous a confié que Jean-Guihen Queyras y touchait au sublime.

En ces derniers instants d’été, c’est un mercure à 30° qui échauffait la file d’attente à l’angle de la rue du Conservatoire. Entrées gratuites pour cette journée du patrimoine, mais jauge limitée. Les derniers arrivés pour 16h ont pu être placés sur les strapontins. François-Xavier Roth, en maître de cérémonie, insista sur les amitiés musicales très fortes envers les deux invités, Bertrand Chamayou et Jean-François Heisser, « peut-être les deux plus grands pianistes français vivants ». Le rapport du maître à l’élève est devenu complicité, ce que confirma ce programme à deux claviers consacré à la musique française. L’un comme l’autre connaissent leur Ravel de près, encore faut-il que s’engrène la mécanique à quatre mains. Et tant en rouages qu’en dynamique, la machine fonctionna à merveille, l’aîné plutôt sculpteur, le cadet plutôt chanteur, et notre duo investi dans une volontariste lecture de la Rhapsodie espagnole. Non un paravent laqué, mais un retable aux images prégnantes, parfois rudes, qu’accusait la matité de la petite salle. Pour autant, on appréciait la palette ciselée de Bertrand Chamayou : la dédicace baudelairienne de la Habanera (« au pays parfumé que le soleil caresse ») lui inspirait des nuances peaufinées par une pédale sans chômage. L’arsenal de la Malagueña, de la Feria, faisait feu de tout bois. La main gauche de Jean-François Heisser assurait les fondations, tantôt grommelant tantôt percutant (les poinçons emboutis au pouce !). Le Mouvement modéré de Valse, ses appels aux deux mains s’entendaient registrés comme par un accouplement de registres d’orgue.  Nous étions passés aux Trois Valses romantiques d’Emmanuel Chabrier, un « prédécesseur de Gérald Darmanin puisqu’il travailla au Ministère de l’Intérieur » s’était amusé Monsieur Roth dans son exergue, en clin d’œil à l’édile tourquennois. Un Très vite et impétueusement comme à la kermesse, un Animé en liqueur trouble, comme infusé d’une amertume en soluté. On détectait même quelques ombres saturniennes, trous de rame dans l’onde remuée par Charon, au sein du Lent-sombre de l’opus debussyste En blanc et noir… en l’honneur duquel les deux pianistes avaient peut-être sciemment accordé leur couleur de chemise. Avec emportement serré au cordeau mériterait-il plus d’air qu’on impliquerait l’exiguïté du lieu qui nous la servit trop asphyxiée. Conclu avec poigne ! Le Scherzando cerné avec toute sa subtilité nous offrait vingt doigts qui ne faisaient qu’une seule tête : un des moments magiques de cette séance.

François-Xavier Roth et Les Siècles, conteurs hors-pair de Ravel

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Et si l’orchestre était à Ravel ce que le piano est à Brahms, le quatuor à cordes à Beethoven, ou le Lied à Schubert : l’instrument de l’intime ? Cet orchestre, que d’aucuns peuvent trouver luxuriant et multicolore, sonnait en ce 26 novembre, sous les doigts des musiciens des Siècles (qui jouent sur des instruments français du début du XXe siècle) et sous la direction de François-Xavier Roth, avec une remarquable unité, et surtout une réelle sensibilité collective.

Dès les premiers accords, un impressionnant climat s’installe. On ressent physiquement l’espace dans lequel va évoluer Une barque sur l’océan. L’équilibre entre les différents pupitres met superbement en valeur les subtilités de l’orchestration. Pour autant, nous ne sommes pas dans la musique descriptive mais bel et bien dans l’émotion. Avec quelques couleurs inquiétantes...

L'âge d'or de la musique française s'exprime aussi dans l'opérette

par

Louis BEYDTS
(1895 - 1953)
La S.A.D.M.P, comédie musicale
Isabelle DRUET (Elle), Jérôme BILLY (Henri Morin), Mathias VIDAL (le gros commerçant), Dominique COTE (un grand industriel), Thomas DOLIE (le comte Agénor de Machinski), Orchestre Régional Avignon-Provence, dir.: Samuel JEAN
2017 - 49' 26 '' - Notice en français - livret disponible sur www.orchestre-avignon.com ou sur www.klarthe.com - Klarthe KO40