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Festival Dans le Jardin de William Christie : musique, partage et fantaisie malgré la pluie

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La 15e édition du Festival Dans le Jardin de William Christie s’est déroulée du 22 au 29 août. Au cours du second week-end, une intempérie a entraîné l’annulation de concerts de l’après-midi dans le jardin et le déplacement du spectacle prévu sur le miroir d’eau.

Après-midi dans le Jardin

En quinze ans de festival, c’est seulement la deuxième fois qu’une annulation se produit. Après une sécheresse due aux canicules répétées, le sol n’était pas en mesure d’absorber les abondantes précipitations. Le terrain devenu trop glissant, l’organisateur a dû annuler, le samedi 29 août, une quinzaine de courts concerts répartis dans le vaste jardin.

La veille, nous avons pu assister à quelques-uns de ces traditionnels mini-concerts, interprétés par des musiciens et chanteurs des Arts Florissants, des lauréats du Jardin des Voix et des instrumentistes de la Juilliard School. Les festivaliers composent eux-mêmes leur parcours, choisissant programmes et lieux selon leurs envies. Sur des chaises pliantes qu’on amène, assis à même le sol ou adossés à un arbre, ils entourent les musiciens au plus près. Si le son se perd parfois dans la nature, c’est tout l’esprit du concert au bosquet qui règne dans une charmante convivialité.

Sous la pinède, « Amours contrarié ou… les “presque” Amours de Ragonde », condensé de l’opéra Les Amours de Ragonde de Jean-Joseph Mouret, amuse par ses situations comiques. Devant le « Pont chinois », quatre musiciens de la Juilliard School jouent Purcell et John Blow puis, le violoncelliste Cyril Poulet demande à une spectatrice de tirer au sort une suite pour violoncelle de Bach et joue ainsi la troisième en ut majeur. La soprano Sarah Fleiss, lauréate du Jardin des Voix, et la claveciniste Marie Van Rhijn, avec Thomas Dunford à l’archiluth, évoquent ensuite trois états amoureux d’une jeune femme à travers Purcell. Leurs expressions musicales et corporelles donnent au concert l’allure d’une légère mise en espace.

Airs sérieux et à boire, volume 3, par les Arts florissants et William Christie

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N’espérez plus, mes yeux… Airs sérieux et à boire, volume 3. Airs de cour et pièces instrumentales de Claude Lejeune (c. 1530-1600), Etienne Moulinié (1599-1676), Pierre Guédron (c. 1565-1620), Antoine Boesset (1587-1643), Pierre Verdier (c. 1627-c. 1706) et Anonymes. Les Arts florissants, clavecin et direction William Christie. 2019. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes des airs chantés, avec traductions anglaise et allemande. 81'40''. Harmonia Mundi HAF 8905318.

Qu’ils content fleurette à Vénus ou à Bacchus, les Arts Florissants nous enivrent encore et toujours…

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« Si vous vouliez un jour… ».  Airs sérieux et à boire de Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704), Étienne MOULINIÉ (1599-1676), Michel LAMBERT (1610-1696) et Sébastien LE CAMUS (c. 1610-1677). Les Arts Florissants, dir. William Christie. 2019-73'44"-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Textes chantés en français ou italien traduits en français, anglais et allemand-Harmonia Mundi HAF 8905306

The Beggar’s Opera : magouille, sexe et drogue dans les cartons

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Créée en avril dernier au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, la nouvelle version du Beggar’s Opera par Ian Burton (dramaturgie) et Robert Carsen (mise en scène) remporte un immense succès partout où elle pose sa valise : Paris, Italie (Spoleto, Pise, Novara), Edinbourg, Luxembourg, Genève, Clermond-Ferrand, Athène, Angers, Saint-Brieuc, Dinan, Vanne, Saint-Nazaire, Le Mans, Roche-Sur-Yon, Laval, Nantes, Caen, Versailles… Après la production à Renne à laquelle nous avons assisté, la tournée continue à Quimper, à Reims, à Massy et à La Rochelle. Raison de cette réussite ? La modernisation des propos pour situer l’intrigue au XXIe siècle. Car l’univers des bas-fonds de Londres du début du XVIIIe siècle n’a guère changé trois siècles plus tard et se reproduit aujourd’hui dans n’importe quelle ville de n’importe quel pays…

A Genève, un BEGGAR’S OPERA déjanté

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D’énormes cartons par centaines s’accumulent en fond de scène ; une sonnette d’alarme stridente retentit ; et surgit une dizaine de loubards emmenés par un punk dégingandé à lunettes noires et longue queue de cheval qui se dirige vers une épinette. Peut-on imaginer qu’il s’agit d’un …William Christie aussi insolite que son ensemble Les Arts Florissants aux tenues les plus ‘grunge’ possibles ?

Inattendu, savoureux et convaincant

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The Beggar’s Opera de John Gay et Johann Christoph Pepush revu par Ian Burton et Robert Carsen avec William Christie et Les Arts Florissants -Mais quelle est donc cette étrange proposition lyrique ? Un « Ballad Opera » !

Au début du XVIIIe siècle, à Londres, ils sont quelques-uns à en avoir assez des cérémonies de l’Opera Seria et, joyeux drilles créatifs, ils lui opposent une autre forme lyrique, aux antipodes.