Un ‘Chanteur de Mexico’ qui vous séduit ! 

par
Chanteur-Mexico

Le chanteur de Mexico -
Photo : Alan Humerose

« Mexico ! Mex-iiiii-co ! » C’est ce que je fredonnais, bambin de trois ans sur les genoux de ma grand-mère devant le poste de radio sacro-saint où l’on suivait la messe du dimanche et où, bouche bée, l’on écoutait Mado Robin chantant l’air des clochettes de ‘Lakmé’. Et le ’grito’, cette poussée jusqu’à la voix de tête, émis par Luis Mariano me donnait la sensation d’avoir autant de valeur que les contre-notes de la soprano française !

Aurais-je pu imaginer que ce ‘Chanteur de Mexico’ qui avait fait les beaux soirs du Châtelet avec sa production à grand spectacle, ses dizaines de choristes, ses deux cents figurants et ses neuf cents représentations reparaîtrait un jour sans son interprète, immortalisé par un film qui en avait fait le succès planétaire ?
Au Teatro de la Zarzuela de Madrid et actuellement à l’Opéra de Lausanne, Emilio Sagi relève le défi en concevant une mise en scène habile qui frise le kitsch ‘bollywood’ sans s’y engloutir. Les décors de Daniel Bianco jouent la carte du gigantisme avec cet envers de scène où l’on repeint d’énormes gerbes de lys blancs qui orneront ensuite le portique du marché de Mexico puis avec ce flan latéral de paquebot qui véhiculera l’équipe de tournage outre Atlantique. Sous d’éclatants éclairages conçus par Eduardo Bravo, les costumes de Renata Schussheim éblouissent par leur bigarrure, mêlant orangés, jaunes citron, verts bouteille au noir des sombreros et tenues d’apparat. Le comble de la drôlerie est l’entrée de la générale Tornada, colt au poing, succédanée d’Esther Williams entourée de ses maîtres-nageurs.
Sans vouloir imiter Luis Mariano, le Vincent de José Luis Sola a la dimension du ténor d’opérette qui use du zézaiement afin de passer pour basque mais qui recourt à la voix de tête pour iriser son phrasé, tout en sachant glisser de la plus profonde nostalgie à l’éclat du chanteur à succès. Echappée des films de Pedro Almodovar tels que ‘La fleur de mon secret’ ou ‘Femmes au bord de la crise de nerfs’, Rossy de Palma a l’impayable cocasserie d’Eva, actrice de talent sur le retour, et la diablerie de la générale Tornada. Un peu aigrelette en début de soirée, la Cricri de Béatrice Nani trouve rapidement ses marques pour camper la jeune première boudeuse qui laisse apparaître un cœur d’or, qualité que partage le Bilou bon enfant de Rodolphe Briand. Si plausible dans son tempérament soupe au lait, Frédéric Longbois a l’entregent de l’impresario Cartoni, Alfred Gnasso, la patience sans borne de Boucher, le réalisateur. Inénarrable dans ses pitreries, Shin Iglesias, personnifiant Cécile, l’assistante et la souffleuse. Tout aussi réussies s’avèrent les prestations de Carole Meyer (Lupita), Laurence Amy (Maria), Richard Lahady (Tizoc) et Jean-Philippe Clerc (le pianiste de scène). Préparés par Jacques Blanc, les choristes de l’Opéra de Lausanne s’en donnent à cœur joie, tout comme les danseurs dirigés par Nuria Castejon. Et le Sinfonietta de Lausanne rayonne sous la baguette alerte de Cyril Diederich. Un triomphe pour une fin d’année en fanfare !
Paul-André Demierre
Lausanne, Opéra, le 23 décembre 2017

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